06/08/2026
*COLLECTIF DES ORGANISATIONS ECOLOGIQUES D’HAÏTI (COE-H)*
*COMMUNIQUÉ DE PRESSE*
Pour diffusion immédiate.
*La Forêt des Pins au bord de l'effondrement : le COE-H appelle l'État haïtien et l'UNESCO à une intervention d'urgence.*
Fonds-Verrettes, le 27 juillet 2026
— Le Collectif des Organisations Écologiques d'Haïti (COE-H) lance un appel urgent aux autorités haïtiennes, au Conseil du Programme sur l'Homme et la biosphère (MAB) de l'UNESCO, ainsi qu'à l'ensemble des partenaires nationaux et internationaux afin d'empêcher la disparition de la Forêt des Pins, première Réserve de biosphère d'Haïti reconnue par l'UNESCO en 2012.
Selon les observations réalisées sur le terrain le 5 juillet 2026, la dégradation de cette aire protégée atteint un niveau critique. Des centaines de pins ont récemment été abattus puis débités en grumes destinées à la fabrication de planches, de madriers, de poutres de type 4 × 4 et d'autres produits de bois d'œuvre.
Les constats révèlent également des traces de brûlis utilisées pour convertir les espaces forestiers en terres agricoles. Cette combinaison d'exploitation illégale du bois et de défrichement accélère la destruction du couvert forestier, fragilise les sols et compromet durablement la capacité de la forêt à protéger les ressources en eau.
Classée zone réservée le 6 octobre 1937, la Forêt des Pins couvrait initialement près de 40 000 hectares. Aujourd'hui, moins de 5 000 hectares subsistent, soit une perte estimée à près de 90 % de sa superficie.
Ce massif forestier constitue pourtant l'un des principaux réservoirs de biodiversité d'Haïti. Il joue un rôle déterminant dans la protection des bassins versants, la régulation du climat, la conservation d'espèces endémiques et l'approvisionnement en eau de plusieurs communes du Sud-Est.
À ce rythme de destruction, plusieurs spécialistes estiment que la disparition quasi totale de la Forêt des Pins pourrait survenir bien avant 2050, compromettant gravement les engagements internationaux d'Haïti en matière de biodiversité et de lutte contre les changements climatiques.
*Une crise environnementale aggravée par l'insécurité.*
Par ailleurs, la crise sécuritaire qui secoue la région métropolitaine de Port-au-Prince accentue fortement la pression exercée sur les ressources naturelles.
Les déplacements massifs de populations vers les communes du Sud-Est entraînent une occupation rapide des espaces forestiers pour la construction d'habitations, le développement de nouvelles activités agricoles et l'exploitation du bois comme source de revenus.
Les communes de Fonds-Verrettes, Thiotte, Grand-Gosier, Belle-Anse, Anse-à-Pitres, Marigot, Cayes-Jacmel et Jacmel connaissent une pression démographique sans précédent.
À Fonds-Verrettes, notamment, de nouveaux établissements se développent dans les secteurs de Nan Bois Pins et aux abords du marché de la Forêt des Pins, au cœur même de la réserve.
Faute d'une planification territoriale adaptée et de dispositifs de surveillance efficaces, cette dynamique accélère la dégradation d'un écosystème déjà extrêmement fragilisé.
*De surcroît, la disparition progressive de la Forêt des Pins menace directement :*
• Les principales sources d'eau alimentant Thiotte, Grand-Gosier, Anse-à-Pitres ainsi que plusieurs rivières prenant leur source dans le massif de la Selle ;
• La stabilité des sols, avec une augmentation des risques d'érosion, d'inondations et de coulées de boue, déjà observées dans la localité de Marie-Madeleine ;
• La biodiversité exceptionnelle de cette écorégion, qui abrite plusieurs espèces végétales et animales endémiques ;
• Les moyens de subsistance des communautés qui dépendent des services écosystémiques fournis par cette forêt.
*Le Parc national La Visite également soumis à la même pression..*
Le COE-H s'inquiète également de la dégradation progressive du Parc national La Visite, autre aire protégée majeure du massif de la Selle.
Malgré son statut de protection, plusieurs secteurs du parc subissent une intensification des coupes de bois, des brûlis et de l'expansion agricole. Ces pratiques réduisent progressivement la couverture forestière, perturbent les habitats naturels et compromettent les fonctions hydrologiques essentielles de cet écosystème.
Face à l'urgence, le COE-H estime que les réponses actuelles demeurent largement insuffisantes.
« Chaque arbre abattu rapproche Haïti d'une catastrophe écologique, hydrique et climatique. Le silence et l'inaction ne sont plus des options. Sauver la Forêt des Pins, c'est protéger notre eau, notre biodiversité et l'avenir des générations futures. »
Le Collectif appelle le Gouvernement haïtien, le ministère de l’Environnement, l'UNESCO, les collectivités territoriales, les universités, les organisations environnementales et les partenaires internationaux à unir leurs efforts afin d'empêcher l'effondrement définitif de ce patrimoine naturel.
*Quatre mesures prioritaires proposées*
Le COE-H demande la mise en œuvre immédiate des actions suivantes :
1. Mettre en place un Comité national d'urgence réunissant l'État, les collectivités territoriales, les universités, la société civile et les organisations environnementales afin d'évaluer l'état réel de la réserve et de définir une nouvelle gouvernance.
2. Déployer sans délai un dispositif permanent de surveillance, comprenant des gardes forestiers et des mécanismes de contrôle sur l'ensemble de la Forêt des Pins.
3. Élaborer un plan national d'aménagement du territoire d'urgence, piloté par le CIAT, afin de proposer des solutions durables aux populations déplacées tout en limitant la pression sur les espaces protégés.
4. Mobiliser des financements nationaux et internationaux pour restaurer les écosystèmes dégradés, protéger les sources d'eau, accompagner les communautés locales et lancer un vaste programme de restauration forestière.
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À propos du COE-H*
Le Collectif des Organisations Écologiques d'Haïti (COE-H) regroupe plusieurs organisations engagées dans la protection de l'environnement, notamment la FORE, la NOEAE, Ecovert-Haïti, la FADECOV, la MADECTH, Maison Verte..
Le Collectif œuvre pour la conservation des écosystèmes, la restauration des paysages et la promotion d'une gouvernance environnementale durable en Haïti.
*Contacts presse :*
• Jean Robert Sultan : Téléphone : +509 3614-3181
• Exzequiel Massillon : Téléphone : +509 4638-5941
• Shneider Laurent Ricard ANTOINE:Téléphone : +509 4617-5364
**Pour authentification*
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Anel Dorlean /
Coordonnateur Recherche Ecovert-Haiti et Coordonnateur a.i. du COE-H