15/08/2023
𝗖𝗿𝗶 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗛𝗮ï𝘁𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲 à 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗹'𝗼𝗲𝘂𝘃𝗿𝗲 𝗱'𝗘𝘁𝘇𝗲𝗿 𝗩𝗜𝗟𝗔𝗜𝗥𝗘.
En arrachant froidement sa liberté aux griffes du loup colonial le plus puissant de l'époque; les esclaves accomplirent l'exploit social du XIXème siècle. C'est l'histoire de toute une race qui commencçait à s'écrire en faisant émerger une première nation noire indépendante. Cette révolution vint troubler l'ordre social qui fut établit à cette époque; Car, elle est à la fois anti-colonialiste et anti-esclavagiste. Ainsi, la révolution haïtienne a culbuté le paradigme dominant basé sur la suprématie de la race blanche et, au bas de l'échelle, la race noire considérée comme moyen de production. D'autre part, cette révolution vient s'approprier les concepts de liberté et d'égalité qui n'existait que dans le champ blanc. Suite à cette épopée digne d'être racontée tel un récit mythique; d'aucuns pourraient croire que la jeune nation était vouée à une déstinée heureuse. Mais, le malheur ne perda pas le temps pour venir s'accharner sur la terre de la liberté.
Deux années après le 1er Janvier 1804, qui marqua la procamation de l'indépendance haïtienne, le 17 octobre 1806 survient un événement des plus amère. C'est l'assassinat du père de la nation, JEAN-JACQUES DESSALINES, par ses propres frères d'armes pour n'avoir pas partagé sa vision socio-politique pour la prompt établissement de la jeune nation. Cet acte eu des conséquences tangibles: l'avènement du gouvernement despotique de PETION et la scission du pays en deux(PETION à l'ouest; CHRISTOPHE au nord). CHRISTOPHE se fit roi du nord et développa son royaume, tandis que PETION accorda plein pouvoir aux mulâtres et aux généraux, ce qui provoqua la pauvreté dans les rues de l'ouest. Le successeur de PETION, malgré qu'il réussit à réunifier le pays, J.P BOYER ne fut qu'aggraver la situation socio-politique et économique du pays en acceptant de payer la lourde dette de l'indépendance exigée par la France coloniale. Ces ensembles de mauvais choix politiques effectués par nos premiers dirigeants ansi qu'un État haïtien qui n'existait pas réellement, ou du moins qui était à un niveau embryonnaire plongea le pays dans une crise. Et, cette crise déboucha sur le mouvement de 1843 qui laissa une tâche indélébile dans la mémoire haïtienne. Le dernier quart du dix neuvième siècle haïtien, comme l'écrit D. Fardin «la guerre civile fait rage, tout général de province sans éducation et sans vision est un chef d'état en puissance: Antoine Simon, Nord Alexis, Davilmar Théodore etc.». Dès lors, un sentiment d'angoisse envahit la jeunesse haïtienne. Aucune lueur d'espoir ne semble pointée à l'horizon. Cette jeunesse, impuissante faces aux tares et les vicissitudes du quotidien haïtien, semble perdre tout espoir d'un avenir meilleur en Haïti. Qui p*s est, les menaces d'évasions étrangères murmuriaent déjà à l'oreille des haïtiens; ce qui causa une anomalie en plus au nationalisme qui reposait au cœur de chaque haïtien.
Et, c'est ainsi qu'au tournant du XIXème siècle, naît le mouvement littéraire La Ronde. Ce courant se revendique de réalisme, c'est-à-dire une littérature réflétant les vices, les préjugés, les vertus ainsi que les souffrances haïtiennes. Parmis les esprits éclairés de courant nous comptons: Etzer Vilaire, Georges Sylvain, Justin Lhérisson, Frédéric Marcelin etc.. Mais celui à qui ce texte est consacré c'est le natif de Jerémie, Etzer Vilaire l'auteur d'un recueil de vers majestueux "LES DIX HOMMES NOIRS" publié en 1901. Vilaire fut l'un des poètes le plus talentueux de sa génération. Comme tous ses contemporains, Vilaire s'efforçait de décrire à travers ses oeuvres les maux qui trouble la jeunesse haïtienne et essaie avec sa plume de frayer un sentier d'espoir pour toute une génération. C'est en ce sens que nous nous aventurons dans cette quête qui est celle de faire l'esquisse de cette oeuvre majestueuse qu'est LES DIX HOMMES NOIRS. Et, aussi voir quel vent d'espoir insuffle vilaire à la jeunesse haïtienne à tavers ce receuil.
𝗟𝗘𝗦 𝗗𝗜𝗫 𝗛𝗢𝗠𝗠𝗘𝗦 𝗡𝗢𝗜𝗥𝗦: 𝗘𝗦𝗤𝗨𝗜𝗦𝗦𝗘 𝗗'𝗨𝗡𝗘 𝗢𝗨𝗘𝗩𝗥𝗘 𝗠𝗔𝗚𝗡𝗜𝗙𝗜𝗤𝗨𝗘.
Vilaire, dans sa quête du réalisme, nous plonge, à travers ce poème, dans une aventure dramatique. Le génie de Jérémie, pour débuter son œuvre, s'évertue d'abord à camper le lieu où aura à se réaliser l'acte fatidique. Bien sûr, Vilaire ne fait rien à moitié. La description des lieux se fait de fort belle manière. Regardons quelques vers qui débute le poème:
" 𝘓'𝘩𝘢𝘭𝘦𝘪𝘯𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥𝘴 𝘣𝘰𝘪𝘴 𝘴'𝘦𝘹𝘩𝘢𝘭𝘦 𝘢𝘷𝘦𝘤 𝘓'𝘩𝘢𝘭𝘦𝘪𝘯𝘦
𝘋𝘦 𝘭'𝘪𝘯𝘷𝘪𝘴𝘪𝘣𝘭𝘦 𝘤𝘪𝘦𝘭 𝘦𝘵 𝘧𝘢𝘪𝘵 𝘱â𝘮𝘦𝘳 𝘭𝘢 𝘱𝘭𝘢𝘪𝘯𝘦
𝘋𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘷𝘢𝘨𝘶𝘦 𝘥𝘦 𝘭'𝘢𝘪𝘳 𝘶𝘯 𝘮𝘶𝘳𝘮𝘶𝘳𝘦 𝘧𝘭𝘰𝘵𝘵𝘢𝘯𝘵
𝘝𝘢 𝘥'𝘶𝘯 𝘣𝘳𝘢𝘯𝘤𝘩𝘢𝘯𝘨𝘦 à 𝘭'𝘢𝘶𝘵𝘳𝘦: 𝘰𝘯 𝘥𝘪𝘳𝘢𝘪𝘵 𝘶𝘯 𝘤𝘢𝘯𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦
𝘔𝘰𝘶𝘳𝘢𝘯𝘵 𝘴𝘰𝘶𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘢𝘳𝘤𝘦𝘢𝘶𝘹 𝘥'𝘶𝘯𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘱𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘢𝘯𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦."
Comme nous pouvons le remarquer, il nous campent un paysage funeste; un paysage annonciateur de mauvais présage. Au regard du poème, l'histoire se passe dans les confins éloignés d'une forêt. Dix hommes à cheval accompagnés d'un éclaireur, vêtus de noir, se rendent successivement dans une maison abandonnée au fond des bois - le dernier manoirs, nom donné par les cavaliers. Pour faire quoi précisément? Cela reste la question primordiale.
De la même manière dont il a débuté, vilaire fait la description de la vieille maison délabrée, abandonnée, soutenue par des étais. Dans cette vieille maison, comme le dit vilaire:" dont nul prolétaire n'eût voulu, sans payer, être propriétaire", y aura lieu un événement fatal.
Puis, après avoir absorber les mets bricoler par les derniers sous des dix hommes, une silence rigide circula dans la salle à l'allure antique. Nuit dormante, clair de lune, brume épaisse. La nature s'endort, comme s'il allait se passer quelque chose. La nature revêtait en cette nuit sombre un caractère annonciateur.
Avant cet événement fatal, les dix se sont rassemblés autour d'un brasier où ils partagèrent ensemble un dernier repas. Malgré que leurs argenteries étaient pauvres; cela suffisaient à preparer un banquet qui enviait bien des estomacs.
Maintenant vient le temps des lamentations, chacun devrait dire la raison pour laquelle il s'est rendu dans ces bois, cloîtré dans cette vieille maison délabrée. Chacun dira l'enfer où le destin s'isole. Le premier des dix hommes prend la parole. Il raconte ses souffrances dûes à son amour immésuré pour sa patrie. Lui qui a accepter de souffrir au lieu de servir des tyrans. Il a connu l'exil et pire encore. Il s'est livré éperduement pour qu'un jour le soleil de l'espoir puisse jaillir sur sa chère patrie. Il dit:
"𝘫'𝘢𝘪 𝘱𝘭𝘦𝘶𝘳é 𝘥𝘦 𝘥𝘰𝘶𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘴𝘶𝘳 𝘵𝘢 𝘧𝘶𝘯è𝘣𝘳𝘦 𝘪𝘮𝘢𝘨𝘦
𝘫𝘦 𝘵'𝘢𝘷𝘢𝘪𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘢𝘤𝘳é 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘶𝘯 𝘴𝘶𝘱𝘳ê𝘮𝘦 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘢𝘨𝘦."
"𝘔𝘰𝘯 𝘤œ𝘶𝘳 𝘪𝘮𝘱é𝘵𝘪𝘦𝘶𝘹, 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘮𝘰𝘯 𝘴𝘰𝘶𝘧𝘧𝘭𝘦 𝘦𝘵 𝘮𝘰𝘯 𝘴𝘢𝘯𝘨.
𝘛𝘳𝘰𝘪𝘴 𝘧𝘰𝘪𝘴 𝘢𝘳𝘮é 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘵𝘰𝘪, 𝘮𝘰𝘯 𝘣𝘳𝘢𝘴 𝘧𝘶𝘵 𝘪𝘮𝘱𝘶𝘪𝘴𝘴𝘢𝘯𝘵."
" 𝘌𝘵 𝘫'𝘢𝘪𝘮𝘦 𝘮𝘪𝘦𝘶𝘹 𝘮𝘰𝘶𝘳𝘪𝘳 𝘷𝘢𝘪𝘯𝘤𝘶, 𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘪𝘯𝘥𝘰𝘮𝘱𝘵é.
𝘗𝘢𝘶𝘷𝘳𝘦, 𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘯𝘰𝘣𝘭𝘦 𝘦𝘯𝘤𝘰𝘳𝘦 𝘦𝘵 𝘭'â𝘮𝘦 𝘦𝘯 𝘭𝘪𝘣𝘦𝘳𝘵é!"
Le discours du suivant ne fut pas différent; il fut aussi marqué de douleur et de tristesse. Orphelin,du moins, fils de misère. Malgré lui, solitaire allant ça et là dans le désert de la misère, il s'est débattu pour ne pas crever. Un jour il rencontra l'amour. C'était la découverte de l'oasis en plein désert dit-il. Cet amour partagé lui fût ravi et lui fit aimé la vie. Mais, hélas! Infortuné qu'il était n'a pas sû bien prendre soin d'elle. Il n'a pas réussi à sauvegarder sa bien-aimée. La misère, sa mère adoptive, qui lui fit souffrir, elle lui a aussi pris son amour. Pour ainsi dire, il ne lui reste rien à vivre. "Je veux la rejoindre en ma tombe'' fut ses derniers mots.
Les aveux du troisième, aussi accablants que ceux des deux premiers, fut les mots d'un artiste. Être artiste en Haïti c'est choisir une vie de solitude, de douleur et de folie. Faire de la musique en ces terres de déséspoir est un mal quotidien. Et, il prèfère, à cause de son amour pour l'harmonie, s'envoler et chanter sur l'autre bord. Il accepte la mort au lieu de vivre tel un luth en désaccord.
Un quatrième homme se leva et prit la parole. Pour lui, le fait d'être noir lui incombent un destin méprisant. Être n***e, pour lui, c'est se faire suivre par le désespoir tout au long de sa vie. Au lieu de vivre une vie de mépris et de désespoir il préfère la mort haut la main. À travers le discours de cet homme, Vilaire prend conscience des fléaux du racisme et des ségrégations au tournant du XIXème siècle haïtien.
Subséquemment, il revient au cinquième homme de parler des maux qui lui valent sa place ici. Celui là est un poète qui se plaint de son métier. Chez nous, les poètes sont traités de la même façon qu'on traite les griots mal nés chez les wolofs. Car, pour lui, le peuple haïtien est un peuple d'épicier. Ils n'accordent aucune importance aux poètes, ni aux artistes; eux qui sont les interprètes de l'amour et du ciel. Comme il le dit:
"𝘌𝘯𝘴𝘦𝘷𝘦𝘭𝘪𝘵 𝘴𝘢 𝘮𝘶𝘴𝘦 𝘦𝘵 𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦 𝘴𝘰𝘯 𝘨é𝘯𝘪𝘦
𝘈𝘪𝘯𝘴𝘪 𝘲𝘶'𝘶𝘯𝘦 𝘥é𝘱𝘰𝘶𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘰𝘶𝘵𝘳𝘢𝘨é𝘦 𝘦𝘵 𝘣𝘢𝘯𝘯𝘪𝘦.
𝘕𝘰𝘵𝘳𝘦 ê𝘵𝘳𝘦 𝘥𝘰𝘶𝘭𝘰𝘶𝘳𝘦𝘶𝘹 𝘳𝘦𝘤è𝘭𝘦 𝘦𝘯 𝘴𝘰𝘪 𝘭𝘢 𝘮𝘰𝘳𝘵.
𝘕𝘰𝘯, 𝘫𝘦 𝘯𝘦 𝘷𝘪𝘷𝘳𝘢𝘪 𝘱𝘭𝘶𝘴!" - 𝘐𝘭 𝘢𝘤𝘤𝘦𝘱𝘵𝘦 𝘭𝘢 𝘮𝘰𝘳𝘵 𝘢𝘶 𝘭𝘪𝘦𝘶 𝘥'𝘶𝘯𝘦 𝘷𝘪𝘦 𝘮é𝘭𝘢𝘯𝘤𝘰𝘭𝘪𝘲𝘶𝘦.
"𝘔𝘢𝘭𝘩𝘦𝘶𝘳𝘦𝘶𝘹 𝘲𝘶𝘦 𝘫𝘦 𝘴𝘰𝘪𝘴!" Soupire le sixième. Bien évidemment, le sixième homme vint lui aussi exposer les maux qui le dégoutent. Il aime beaucoup la femme, particulièrenent, celle avec qui il partagea ses voeux. Pour lui rien n'a plus d'importance que sa femme. De sa bouche, il en témoigne ainsi:
" 𝘛𝘰𝘶𝘵 𝘤𝘦 𝘲𝘶'𝘰𝘯 𝘷𝘰𝘪𝘵 𝘥'𝘦𝘹𝘲𝘶𝘪𝘴, 𝘥𝘦 𝘱𝘳é𝘤𝘪𝘦𝘶𝘹, 𝘥𝘦 𝘤𝘩𝘦𝘳
𝘴'𝘦𝘴𝘵 𝘮ê𝘭é, 𝘴'𝘦𝘴𝘵 𝘧𝘰𝘯𝘥𝘶 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘧𝘭𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘥𝘦 𝘴𝘢 𝘤𝘩𝘢𝘪𝘳."
𝘔𝘢𝘪𝘴, 𝘩é𝘭𝘢𝘴! 𝘐𝘭 𝘢 é𝘵é 𝘵𝘳𝘰𝘮𝘱é 𝘱𝘢𝘳 𝘭𝘢 𝘤𝘩𝘢𝘪𝘳 𝘥𝘦 𝘴𝘢 𝘤𝘩𝘢𝘪𝘳. "𝘑𝘦 𝘷𝘢𝘪𝘴 𝘮𝘰𝘶𝘳𝘪𝘳 𝘭'𝘢𝘪𝘮𝘢𝘯𝘵 𝘦𝘯𝘤𝘰𝘳𝘦" fut ces dernières paroles.
L'amour, ce sentiment pas du tout misericordieux, est aussi présent dans le discours du septième homme. L'amour revendiqué par le septième, C'est celui d'un ami. Il aima cet ami d'un amour si pur qu'il y avait de quoi envier les dieux. Il l'adorait, le servait et souriait toujours à son approche. Mais cet ami tant adulé lui fut délateur. Cet ami, avec qui il a combattu contre les tyrans qui suçait les ressources de ce pays tel un sangsue vorace. Cet ami, avec qui il connu la misère, l'exil. Cet ami là, accepta de lui dénoncer moyennant quelque sous et un job de ministre. Ce qui va coûter au septième homme un long séjour en prison. Le pire, à sa sortie de tole, il apprit que sa femme couche désormais avec un ministre. Double trahison! Seul, la mort n'est pour lui que l'unique recours.
Ce fut le tour du huitième de conter son histoire. Il a grandit avec l'amour de deux soeurs. Unique garçon de la famille, il avait la responsabilité de veiller sur les chérubins du foyer, les fleurs blanches animées. Mais étant un chômeur regulier, les tantacules de la faim et de la misère vint s'abattre sur la famille tel une pieuvre en colère. Il assiste à l'horreur de sa vie en regardant, pour lutter contre la pauvreté, ses soeurs se prostituées. Lui, qui a vu ses chérubins dansés dans les flammes de l'enfer, se sentit responsable et accepta de se donner la mort pour payer de sa oisiveté.
Et, le neuvième, est un perdu. "Il s'est trompé de planète" dit-il. Il fut de toute son existence un méconnu, un solitaire, un mal-compri. Fatigué de chagrin et de nostalgie. Il est venu, dans la nuit, mettre la fin à sa vie monotone.
Comme nous le remarquons, ce n'est plus un mystère pour quiconque, les dix hommes sont venu pour se donner la mort. Le su***de, c'est bel et bien l'acte fatidique dont nous parlons. pour beaucoup se su***der s'est s'avouer vaincu et c'est un acte de lâcheté. Mais à travers ce texte nous comprenons vite qu'il faut beaucoup de courage pour se su***der. Et, qu'advient-il du dixième homme? Ce dixième homme s'appelle Franck, et c'est lui que Vilaire va utiliser pour inspirer toute une génération.
𝗟𝗘𝗦 𝗗𝗜𝗫 𝗛𝗢𝗠𝗠𝗘𝗦 𝗡𝗢𝗜𝗥𝗦: 𝗠𝗘𝗦𝗦𝗔𝗚𝗘 𝗗'𝗘𝗦𝗣𝗢𝗜𝗥 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗧𝗢𝗨𝗧𝗘 𝗨𝗡𝗘 𝗚É𝗡É𝗥𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡.
Comme nous avons pu le souligner, l'un des dix hommes, le nommé Franck, tarde de prendre la parole afin de conter ses malheurs et il retarde l'étape la plus importante: l'étape de la mort. Franck, comme nous l'avons susmentionné, est le canal dont use Vilaire pour porter des conseils à la jeunesse. À travers lui, Vilaire plaide en faveur de la vie et tente d'insuffler l'espoir à une génération en déclin. "Je veux vous éclairer", tel était la vision de Franck. Et, eviter aussi à ses amis une mort certaine. Comment faire croire à des hommes, dépourvus de bonheur et d'or, que la vie est encore possible?
Franck, aussi meurtrie que ses amis, tente de les prêcher les bienfaits d'une vie douloureuse. Esperer, rêver, croire, sont les verbes que vilaire, à travers le jeune Franck, veut faire conjuguer à la jeunesse haïtienne en décadence. Ces dix hommes, au carrefour de la mort, répresente une génération en désespoir. Il veut que cette génération puisse, même au bord du gouffre, rêver et
croire en ses rêves.
En ses vers, il écrit ceci:
"plus on est éprouvé, plus on devrait poursuivre les suprêmes espoirs, le rêve, le rayon qui flatte et nous console autour du tourbillon des misères, des maux, des choses éffarées qui sont la vie et font nos âmes égarées..." . Et, il ajoute: "Il suffit de rester ce que l'on est au fond". Dans ses vers, Vialire nous enseigne la noble leçon de ne pas fléchir face aux situations difficiles et de garder l'âme ferme face aux vagues terrifiantes de la vie et, bien évidement rester soi-même.
Mais, le plus important des propos conseillants de Vilaire fut son chantre en faveur de l'altruisme, de l'amour et de la charité. Nous pouvons remarqué cela en ces vers:
" 𝘓'𝘰𝘶𝘣𝘭𝘪 𝘥𝘦 𝘴𝘰𝘪, 𝘭'𝘢𝘮𝘰𝘶𝘳, 𝘭𝘢 𝘤𝘩𝘢𝘳𝘪𝘵é 𝘤'𝘦𝘴𝘵 𝘭'𝘰𝘤é𝘢𝘯 𝘭𝘪𝘮𝘱𝘪𝘥𝘦, 𝘪𝘯𝘴𝘰𝘯𝘥𝘢𝘣𝘭𝘦, 𝘰ù 𝘭'â𝘮𝘦,𝘪𝘷𝘳𝘦,
𝘱𝘶𝘪𝘴𝘦 𝘭𝘢 𝘧𝘰𝘳𝘤𝘦 𝘶𝘯𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘦𝘵 𝘭𝘢 𝘳𝘢𝘪𝘴𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘷𝘪𝘷𝘳𝘦.
𝘚𝘰𝘯𝘨𝘦𝘻, 𝘦𝘯 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘥𝘰𝘯𝘯𝘢𝘯𝘵, 𝘢𝘶 𝘣𝘪𝘦𝘯 𝘲𝘶𝘦 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘧𝘢𝘪𝘵𝘦𝘴
𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘢 𝘥𝘦𝘴 𝘣𝘢𝘴-𝘧𝘰𝘯𝘥𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘴𝘶𝘣𝘣𝘭𝘪𝘮𝘦𝘴 𝘧𝘢î𝘵𝘦𝘴."
Pour ainsi dire, vivre en ses temps de grands défis, il faut à tout prix éradiquer l'égoïsme qui sommeil en nous. Pour aimer la vie, l'oubli de soi même s'avère plus qu'important. L'amour, n'est-il pas le sentiment suprême? Dès fois, nous parvenons à nous demander qu'est-ce qui nous reste pour ne pas aimer? Pourtant dans ce coin de terre, beaucoup attendent que leur soleil se lève un jour. Et, le coeur en aimant peut ratraicir ses douleurs. Il faut en aimant devenir un soleil qui se lève pour ceux qui sont désesperés. Et, comme il le dit:
"𝘓'𝘢𝘮𝘰𝘶𝘳 𝘱𝘦𝘶𝘵 𝘤𝘳é𝘦𝘳 𝘥'𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘶𝘯 𝘱𝘳𝘪𝘯𝘵𝘦𝘮𝘱𝘴
𝘌𝘵, 𝘥'𝘶𝘯𝘦 𝘨𝘰𝘶𝘵𝘵𝘦 𝘥'𝘦𝘢𝘶, 𝘥𝘦𝘴 𝘮𝘰𝘯𝘥𝘦𝘴 é𝘤𝘭𝘢𝘵𝘢𝘯𝘵𝘴"
En effet, l'amour, dans toute sa splendeur, l'oubli de soi, l'altruisme, la charité sont les antidotes que préscrit Vilaire tant à la douleur qu'à la déraison de toute une génération.
En somme, le discours somptueux de Franck, son chantre en faveur de l'amour et de l'altruisme n'a pas su raisonner ses amis qui sans doute s'étaient déjà décidés. Mais, il faut souligner que son discours est conforme à la raison. Depuis le départ, le destin de tout un peuple n'était basé que sur des alliances poussiéreuses vides d'amour. Jamais! Après notre indépendance, jamais! nous n'avons acceptés de nous sacrifiés, d'aliénés nos propres intérêts. L'individualisme a toujours primé sur le collectif. "Chak koukouj klere pou jew", comme le dit ce proverbe créole. Tantôt lutte pour le pouvoir, tantôt lutte pour de l'avoir. Une classe danse et une autre meurt. Hélas! Tel est notre histoire; haine et misère. Nous, jadis, étions frères. Nous nous sommes trompés; notre pact était vide d'amour. D'où notre échec. C'est bien malheureux que les maux des siècles passés persistent encore dans le siècle présent. Nous sommes un peuple d'épicier; nous n'avons rien appris. Il faut repenser les clauses du contrat. Il faut que l'haïtien puisse être traversé par l'altruisme, l'amour, la charité. Il faut s'oublier soi-même pour qu'un jour le soleil puisse luir pour tous sur ce coin de terre. Il faut, pour guérir nos maux, l'amour: la meilleure antidote.
𝗪𝗼𝗼𝗱 𝗞𝗲𝗿𝘃𝗲𝗻𝘀 𝗙𝗶𝗴𝗮𝗿𝗼
𝗦𝗧𝗔𝗙𝗙 𝗖𝗢𝗠 𝗕𝗗𝗡