14/08/2026
RAPPORT TECHNIQUE DE LA DEUXIÈME JOURNÉE DU FORUM SOUS-RÉGIONAL OUEST-AFRICAIN SUR LA PAIX, LA SÉCURITÉ ET LES DROITS DE L’HOMME
I. Introduction
La deuxième journée du Forum sous-régional ouest-africain sur la paix, la sécurité et les droits de l’homme a été consacrée à des échanges de haut niveau autour des enjeux actuels de paix, de sécurité, de participation citoyenne et de résilience des communautés en Afrique de l’Ouest.
Les différentes sessions ont particulièrement mis l’accent sur la place de la jeunesse et des femmes dans la prévention et la gestion des conflits, la nécessité d’une coopération renforcée entre les États ouest-africains, les liens entre changement climatique et conflits dans le Sahel, ainsi que le rôle des réseaux sociaux dans la promotion de la paix.
La journée a également été marquée par la participation active du Président de la CONAJUP, qui a pris part aux échanges et a contribué aux réflexions sur le rôle de la jeunesse dans la consolidation de la paix et de la sécurité dans la sous-région.
II. Objectifs de la journée
Les travaux de cette deuxième journée visaient notamment à :
renforcer la réflexion sur l’inclusion des jeunes, particulièrement des jeunes femmes, dans les mécanismes de paix et de sécurité ;
analyser les défis sécuritaires auxquels l’Afrique de l’Ouest est confrontée et l’importance de la coopération entre les États ;
examiner les effets du changement climatique sur les conflits et la sécurité dans la région du Sahel ;
identifier les moyens permettant aux jeunes de contribuer à la prévention des conflits et à la résilience des communautés ;
encourager une utilisation responsable et constructive des médias sociaux comme instruments de sensibilisation, de dialogue et de prévention des violences.
III. Déroulement des travaux et principales thématiques abordées
1. L’inclusion des jeunes femmes dans les initiatives de paix et de sécurité
Le premier panel a porté sur la participation des jeunes femmes aux initiatives de paix et de sécurité.
Les échanges ont souligné que les jeunes femmes constituent des actrices essentielles de la prévention des conflits, de la médiation communautaire et de la consolidation de la paix. Malgré leur contribution significative au sein des communautés, leur participation aux espaces de décision et aux mécanismes formels de paix demeure encore insuffisante.
Les participants ont recommandé :
une meilleure représentation des jeunes femmes dans les instances de décision ;
le renforcement de leurs capacités en matière de médiation, de leadership et de prévention des conflits ;
la création de mécanismes permettant leur participation effective aux processus de paix ;
la prise en compte des besoins spécifiques des jeunes femmes dans les politiques de sécurité et de développement ;
le soutien aux organisations de jeunes femmes engagées dans la cohésion sociale.
Les discussions ont également insisté sur la nécessité de passer d’une participation symbolique à une participation réelle, permettant aux jeunes femmes d’influencer les décisions qui concernent directement la paix et la sécurité.
2. Sécurité régionale et coopération entre les États d’Afrique de l’Ouest
Le deuxième panel a été consacré aux enjeux de sécurité régionale et à la coopération entre les États de l’Afrique de l’Ouest.
Les participants ont relevé que les menaces sécuritaires actuelles dépassent largement les frontières nationales. Le terrorisme, l’extrémisme violent, la criminalité transfrontalière, les trafics illicites, les déplacements de populations et les conflits communautaires nécessitent des réponses coordonnées.
Les échanges ont donc mis en évidence l’importance :
du partage d’informations et de renseignements entre les États ;
du renforcement de la coopération transfrontalière ;
de la coordination des politiques de prévention et de lutte contre l’insécurité ;
du développement d’approches régionales fondées sur le dialogue et la prévention ;
de l’implication accrue des organisations de jeunesse dans les stratégies de paix et de sécurité.
Il ressort des discussions que la sécurité durable ne peut être assurée uniquement par les dispositifs militaires. Elle doit également intégrer les dimensions sociales, économiques, environnementales et citoyennes, avec une implication plus forte des populations et particulièrement de la jeunesse.
3. Jeunesse, climat et conflits : rôle des jeunes face aux crises environnementales au Sahel
Le troisième panel a examiné les relations entre les changements climatiques, les crises environnementales et les conflits dans l’espace sahélien.
Les participants ont constaté que la dégradation des terres, la raréfaction des ressources naturelles, les sécheresses, les inondations et les déplacements de populations peuvent accentuer les tensions autour de l’accès à l’eau, aux terres et aux moyens de subsistance.
Dans ce contexte, la jeunesse a été présentée comme une force majeure de résilience et d’innovation.
Les jeunes peuvent notamment contribuer à :
sensibiliser les communautés aux effets du changement climatique ;
promouvoir la protection de l’environnement ;
développer des initiatives locales de gestion durable des ressources naturelles ;
favoriser le dialogue entre communautés affectées par les conflits liés aux ressources ;
utiliser les nouvelles technologies pour sensibiliser et mobiliser les populations ;
développer des initiatives entrepreneuriales liées à l’économie verte et à la résilience climatique.
Les échanges ont ainsi établi un lien étroit entre paix, sécurité, environnement et développement, en soulignant que la prévention des conflits liés aux ressources naturelles doit constituer une priorité dans les politiques publiques au Sahel.
4. Utilisation des médias sociaux par les jeunes pour promouvoir la paix et prévenir les conflits
Le quatrième panel a porté sur le rôle des médias sociaux dans la promotion de la paix et la prévention des conflits.
Les participants ont reconnu que les réseaux sociaux constituent aujourd’hui des outils puissants de communication et de mobilisation des jeunes. Ils peuvent contribuer à diffuser des messages de paix, sensibiliser les populations, lutter contre les préjugés et favoriser le dialogue entre différentes communautés.
Toutefois, leur utilisation comporte également des risques, notamment la propagation de fausses informations, les discours de haine, la manipulation de l’opinion publique et l’incitation à la violence.
Les participants ont donc appelé à :
renforcer l’éducation numérique des jeunes ;
promouvoir la vérification des informations avant leur diffusion ;
développer des campagnes numériques en faveur de la paix ;
lutter contre les discours de haine et les contenus incitant à la violence ;
encourager les jeunes influenceurs et créateurs de contenus à devenir des ambassadeurs de paix ;
utiliser les plateformes numériques pour favoriser le dialogue interculturel et intercommunautaire.
IV. Participation active du Président de la CONAJUP
La participation du Président de la CONAJUP a constitué un élément important de cette deuxième journée.
À travers sa présence et son implication dans les échanges, il a contribué à porter la voix de la jeunesse au sein des réflexions consacrées à la paix, à la sécurité et aux droits de l’homme dans l’espace ouest-africain.
Son engagement s’est inscrit dans une vision faisant de la jeunesse non pas une simple bénéficiaire des politiques de paix et de sécurité, mais une véritable actrice et partenaire de la prévention des conflits, de la cohésion sociale et du développement durable.
Sa participation aux discussions a permis de mettre en avant plusieurs préoccupations relatives à la jeunesse, notamment :
la nécessité d’accroître la représentation des jeunes dans les mécanismes de décision ;
l’importance de renforcer les capacités des organisations de jeunesse ;
la promotion du leadership et de la citoyenneté active des jeunes ;
l’implication des jeunes dans les initiatives de prévention et de résolution des conflits ;
la nécessité de créer davantage d’opportunités pour permettre à la jeunesse de contribuer aux politiques publiques de paix et de sécurité ;
l’utilisation responsable des outils numériques pour mobiliser les jeunes autour des valeurs de paix, de tolérance et de vivre-ensemble.
Cette participation a également permis de rappeler que les réponses aux défis sécuritaires de la sous-région doivent être pensées avec les jeunes et non uniquement en leur nom.
V. Principaux enseignements
Les travaux de la deuxième journée ont permis de dégager plusieurs enseignements majeurs :
La jeunesse doit être considérée comme un acteur stratégique de la paix et de la sécurité.
La participation des jeunes femmes doit être renforcée dans les mécanismes de prévention, de médiation et de résolution des conflits.
La coopération régionale demeure indispensable face aux menaces sécuritaires transfrontalières.
Les changements climatiques constituent un facteur aggravant des tensions et des conflits, particulièrement dans les zones fragiles du Sahel.
Les jeunes doivent être davantage associés aux réponses aux crises environnementales et aux initiatives de résilience communautaire.
Les médias sociaux représentent à la fois une opportunité et un risque : ils peuvent être des instruments de paix, mais également amplifier les tensions lorsqu’ils sont mal utilisés.
Le renforcement des capacités et du leadership des jeunes doit être au cœur des politiques et programmes de paix et de sécurité.
La participation des organisations de jeunesse, à l’image de la CONAJUP, doit être davantage institutionnalisée dans les processus de dialogue et de décision.
VI. Recommandations
À l’issue des différents panels, les recommandations suivantes peuvent être formulées :
Aux États et institutions régionales
renforcer les mécanismes de participation des jeunes et des jeunes femmes dans les politiques de paix et de sécurité ;
favoriser la coopération régionale et le partage d’informations entre les États ;
intégrer davantage les dimensions climatiques et environnementales dans les politiques de sécurité ;
soutenir les initiatives de jeunesse contribuant à la cohésion sociale et à la prévention des conflits.
Aux organisations de jeunesse
renforcer leur engagement dans les mécanismes de dialogue et de prévention des conflits ;
développer des programmes de sensibilisation sur la paix, la citoyenneté et la protection de l’environnement ;
promouvoir l’utilisation responsable des médias sociaux ;
renforcer les capacités des jeunes en matière de leadership, médiation et résolution pacifique des conflits.
À la CONAJUP
La CONAJUP est appelée à poursuivre et à renforcer son rôle de plateforme de mobilisation et de représentation de la jeunesse, en développant notamment des initiatives régionales autour de la paix, de la sécurité, de la protection de l’environnement et de l’éducation numérique.
La participation active de son Président à ce forum doit être considérée comme une contribution importante au positionnement de la jeunesse comme partenaire incontournable des efforts de paix et de sécurité en Afrique de l’Ouest.
VII. Conclusion
La deuxième journée du Forum sous-régional ouest-africain sur la paix, la sécurité et les droits de l’homme a permis de mettre en évidence les liens étroits entre participation de la jeunesse, inclusion des jeunes femmes, sécurité régionale, changement climatique, prévention des conflits et transformation numérique.
Les différents panels ont démontré que la construction d’une paix durable en Afrique de l’Ouest nécessite une approche inclusive, participative et régionale.
La participation active du Président de la CONAJUP a contribué à renforcer la visibilité et la voix de la jeunesse dans les débats. Elle traduit l’engagement de la CONAJUP à accompagner les efforts visant à faire de la jeunesse un acteur central de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale et du développement durable dans la sous-région.
Au terme de cette deuxième journée, un appel a été lancé en faveur d’une implication accrue des jeunes et des jeunes femmes dans les processus décisionnels et les initiatives de paix, ainsi que d’une coopération renforcée entre les acteurs étatiques, institutionnels et de la société civile pour relever collectivement les défis auxquels l’Afrique de l’Ouest est confrontée.