24/05/2026
Les mères célibataires : Un danger pour la société
Une mère célibataire est une femme qui a eu un enfant ou des enfants sans être mariée ou en couple, souvent avec plusieurs pères, on dit : " chaque enfant son père. En général, ces femmes sont le reflet de la dépravation des mœurs, symbole d'échec matrimonial et de précarité sociale. Les familles dont elles sont les cheffes, ne produisent que la délinquance juvénile, le décrochage scolaire, la prostitution, les enfants de la rue, d'ailleurs des études sont menées pour démontrer que la majorité des mineurs incarcérés sont issus de familles monoparentales.
Oui, la monoparentalité avec des femmes comme cheffes de famille est un fléau contre lequel la religion, la tradition et même la morale se battent pour l'intérêt des femmes qui semblent en être les seules victimes. Oui, les mères célibataires et les familles monoparentales avec pour femmes cheffes de famille sont un danger et font peur à la société. Mais, oui parce qu'il y a un mais, un mais implicite, un mais que l'on tait depuis toujours.
Pendant longtemps, la société a associé la monoparentalité à l’échec, à la précarité ou encore à des problèmes sociaux. Les mères célibataires sont pointées du doigt, souvent jugées, rarement comprises et servent de mauvais exemple pour faire peur à d’autres femmes.
Mais regardons la réalité avec honnêteté, car ce n'est pas la mère célibataire et la monoparentalité décrite plus haut qui sont un danger ou encore qui font peur à la société et pas n'importe laquelle mais à la société patriarcale ! Non, celle qui sont un danger pour la société patriciale, sont cette mère célibataire et sa famille monoparentale : psychologiquement, intellectuellement, financièrement et socialement stables. Celle-là qui assume son rôle et ses charges avec aisance et confiance, pourvoit aux besoins sans crier à l’aide, élève dignement ses enfants sans renoncer ni à ses rêves, ni à sa dignité. Celle-là qui marche la tête haute au milieu des hommes et d'autres femmes, qui s'élève dans la société malgré les peaux de bananes jetés sur son parcours. Celle-là qui ne s’agenouille devant son Dieu que pour rendre grâce pour ses biens faits dans sa vie et non pour implorer le don d'un mari pourvoyeur qui lui donnera de la valeur.
Oui, c'est cette mère célibataire cheffe de famille monoparentale qui fait peur à la société parce qu'elle démonte un dogme, une aliénation entretenue contre les femmes depuis des siècles sur leurs capacité à être de bonnes femmes et des bonnes mères sans la présence d'un homme à leur côté, car généralement, il ne s'agit que de la simple présence, même lorsque celle-ci fait mal, offense, brise et tue à petit feu. Ces mères célibataires cheffes de famille envoient un message à d'autres femmes, un message capable de faire s’effondrer les murs du patriarcat et des inégalités et subordination qu’il engendre.
Ce n'est pas la situation matrimoniale de la mère qui est à l'origine des maux énoncés plus haut, mais la situation socio-économique de ces femmes, que la société feint d'ignorer et refuse de combattre. Ce qui fragilise une famille, ce n’est pas l’absence d’un statut matrimonial. Ce sont les inégalités sociales, le manque d’opportunités, le déficit d’accompagnement et d’autonomisation.
Changer de paradigme, c’est reconnaître que :
Ce qui doit aujourd’hui interpeller, ce n’est pas la monoparentalité; C’est la persistance des inégalités et des systèmes qui limitent les capacités des femmes. Une femme autonome, capable de subvenir aux besoins de sa famille, de faire entendre sa voix et de s’affirmer dans la société, remet en question des modèles traditionnels qui ont longtemps conditionné la place des femmes. Et c’est précisément là que réside le véritable enjeu. La stabilité d’une famille dépend de ses conditions de vie, le bien-être des enfants dépend de l’environnement socio-économique, l’égalité des chances passe par l’autonomisation des femmes, le renforcement de leur accès aux ressources économiques, promouvoir leur leadership, soutenir les familles vulnérables sans discrimination.
Autonomiser les femmes n’est pas une option : c’est une condition essentielle pour lutter durablement contre les inégalités, la pauvreté et les vulnérabilités sociales.
Investir dans les femmes, c’est investir dans l’avenir.
Genre Action en Milieu Interculturel
Sveltana Adah Mendome