28/05/2026
🇫🇷 𝟐𝟐 𝐦𝐚𝐢 𝟏𝟗𝟒𝟎: 𝐀𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐧 𝐬𝐮𝐫 𝐋𝐮𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬💥
( 📖Temps de lecture 2min10')
Depuis la veille au soir, la 21e Division d’infanterie, dont son PC est installé à Saint-Omer depuis son retour de Belgique, reçoit l’ordre de se regrouper dans le secteur de Boulogne en empruntant la ligne de chemin de fer reliant Saint-Omer à Boulogne.
Mais les événements évoluent d'heure en heure. Après Hesdin, c’est au tour de Montreuil et Etaples d’être occupées dès le début de la matinée. De très puissantes colonnes allemandes remontent vers le Nord.
Le 22 au matin, la marche des Panzers reprend, atteignant la ligne Boulogne- Desvres-Lumbres- Wizernes-Thérouanne.
La 6e Panzerdivision progresse toujours en deux colonnes précédées par une avant-garde motorisée (I'A.A.57).
En début d’après-midi, en provenance de Saint-Omer, 𝐥𝐞 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐚𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐇𝐀𝐘𝐄 du 35e Régiment d’artillerie, fait mouvement par train en direction de Boulogne avec son Etat-major du premier groupe ainsi qu’une batterie antichar. Stationné au pied du bois de « la Montage » ⛰de Lumbres vers 14h, les vigies observent un avion de reconnaissance allemand 🛩qui survole le secteur lorsque des automitrailleuses de l'avant-garde motorisée allemande, débouchent à 100m sur la droite de la voie.
Arrivée depuis peu par le village d’Elnes, la Pz A.A 57 avait réduit un poste de mitrailleuse français au niveau du passage à niveau et attendaient l’arrivée des blindés du groupe Eselbeck.
Un officier allemand, avec un mouchoir blanc, invite les Français à se rendre, mais les artilleurs Français sous les ordres du Commandant HAYE, répondent par le feu de leurs armes, espérant le secours rapide d’éléments du 48e Régiment d’Infanterie qui doivent suivre.
La réplique est brutale et le train, en son entier, est pris sous le tir des mitrailleuses et des canons de petits calibres.💥💥💥
L’ennemi se rapproche et encercle le train, le lieutenant Le Menac’h, qui a tenté de couvrir, en dépit de ses blessures, le repli de ses hommes, est atteint par une gr***de qui lui fait perdre connaissance. Le lieutenant Bezault tente de remettre en route la locomotive, pour faire reculer le train, mais il est tué par un autre jet de gr***de.
Le commandant Haye qui n’a pas arrêté de tirer est finalement tué près de la maison du garde-barrière.
Les cartouches s’épuisent et au bout de trois quarts d’heure, le combat cesse et les survivants se rendent.
Le bilan est lourd : outre le commandant Haye, le lieutenant Bezault a été tué, les lieutenants Le Menac’h, Dufraine et Bertheuil sont blessés. Trois hommes sont également tués et on compte une dizaine de blessés.
Le lieutenant Bertheuil organise le ramassage des blessés qui sont transportés chez le garde-barrière.
Les survivants, qui ont été faits prisonniers, obtiennent de l’ennemi l’autorisation de rendre une dernière fois les honneurs à leurs chefs et à leurs camarades tombés en héros pour la défense désespérée d’une petite parcelle du sol français.
Leur courage permet aux deux autres convois qui transportaient la 16e batterie du 235e RAL et la 4e batterie et l’état-major du groupe II du 35e RA de faire marche arrière face aux bruits des combats et d'échapper ainsi au même sort.
Vers 16 h, la commune de Lumbres est occupée par une puissante colonne motorisée, dont une partie se dirige vers Boulogne, l'autre cherche à déboucher en direction de Wisques, progressant en direction de Saint-Omer.
Photo 1: le Commandant HAYE du 35e Régiment d’artillerie
Photo 2: Carte du trajet du train en provenance de Saint-Omer / Arques. (Livre " La défense de Dunkerque 1940")
Photo 3 et 4 : Vues de la destruction du convoi après combats au pied du bois de la montagne de Lumbres (Coll G Sagot et S Dumanoir)
Photo 5: Tombes du commandant Haye à côté de la maison du garde-barrière (Coll G Sagot)
Photo 6: Carte progression des Troupes allemandes dans la journée du 22 et 23 mai (Réalisation G Sagot)