SI CELA VOUS ARRIVE REMERCIEZ LE CREATEUR DE VOUS AVOIR OFFERT CE MERVEILLEUX CADEAU QU’EST UN ENFANT « DIT DIFFERENT ».
Voilà le parcours de notre vie pour cet enfant et pour tous les autres enfants.
Dès les premières semaines nous avons constaté chez notre fils des anomalies que nous ne pouvions ni identifier formellement ni diagnostiquer.
De ce constat, deux alternatives ce présentaient à nous : COMBATTRE ou ABDIQUER !!!
Dans le 1er cas nous n’avions qu’un seul objectif, permettre à notre fils de pouvoir espérer vivre dans cette société de solitude de la façon la plus digne et autonome possible.
La seconde option ne se posait certainement pas car si nous avions abdiqué toute notre famille aurait été anéantie et les conséquences collatérales auraient été terribles.
Notre quête de solutions passait par l’identification de méthodes sur la planète pouvant nous l’espérions répondre à nos questionnements et à la pathologie de notre fils.
Notre parcours nous a naturellement orienté, étant de confession juive, vers Israël. Et là, une rencontre merveilleuse avec un homme empli d’humanisme, de connaissances de ce qu’est un enfant « dit différent » et de compassion pour les parents concernés par cette situation.
« Il vous faut vous battre, rien n’est jamais acquis mais également rien n’est totalement définitif » Cet homme s’appelait Reouven FEUERSTEIN.
Entre le professeur et nous s’installe une complicité feutrée mais sans concession sur l’approche que nous devions avoir sur la situation. Il nous somme de venir en Israël pendant un an pour espérer diagnostiquer convenablement les pathologies de notre fils. QUEL DÉRACINEMENT ! Des questions me submergent :
Comment je vais faire avec mon travail ?
Comment ses frères vont réagir ?
Comment faire pour leur scolarité ? Ils sont jeunes et à une période charnière pour leurs études !
Après discussion avec mon épouse nous décidons qu’elle viendrait avec nos trois enfants s’installer le temps nécessaire à Jérusalem, chose faite. Pendant toute cette période nous avons pris des professeurs pour nos enfants en Israël et mon épouse faisait tous les matins les séances à l’institut avec notre fils, quant à moi, les hôtesses de la compagnie aérienne avaient pris l’habitude de me voir toutes les fins de semaine, le vendredi matin de voyager et le dimanche revenir. Une année difficile pour la fratrie mais en même temps notre fils faisait des progrès inespérés et la réponse familiale était unanime, ça valait la peine !!!
Mais quelque part au fond de nous-mêmes nous étions déchirés et le soir de notre retour à la maison, avec mon épouse, nous nous interrogions comment pourrait faire les familles qui n’avaient pas les moyens ? Comment pour une matinée pouvoir payer une telle somme ? comment se loger, comment communiquer alors que l’on ne parle pas la langue ? Toutes ces questions restaient dans l’état sans réponse, une chose était sûre c’est que cette période passée à l’institut, le contact avec le professeur, la détresse palpable des familles nous obligent à réfléchir à l’après demain.
Dès notre retour en France, nous n’avions plus le même regard, nous étions vigilants à l’attitude des autres et nous identifions des enfants « dits différents » laissés en jachère, c’était insupportable !!
Rentrant un soir à la maison, je vois mon épouse la mine grave, me dire : « on ne peut pas laisser ces enfants sur le trottoir de la République, il faut agir » mais comment ? On créé une classe, je suis abasourdi par l’aplomb de ma femme, comment on va faire ? Elle répond : « confiance, persévérance et fraternité ». Nous approchons les écoles juives de notre agglomération qui au départ, et cela est normal, nous expriment leurs craintes : « avec quel argent, et si vous ne pouvez pas tenir, que ferons-nous de ces enfants ! Nous avons réussi à persuader une des deux écoles (à qui nous avons promis qu’elle n’aurait aucune charge économique à assumer) à nous permettre d’installer un bungalow dans leur cour. Le droit à l’autonomie et l’espérance de pouvoir vivre presque comme les autres est en marche.
Débuts difficiles, des parents n’admettant pas que leur enfant ait une pathologie … mais 1 – 2 – 3 – 5 – 6 élèves, fantastique !!! Mon épouse rentre le soir exténuée, autour d’elle une équipe composée d’une maitresse, d’une psychologue, une assistante, 3 personnes pour 6 enfants.
Les résultats ne se font pas attendre !
Des progrès constants que ces enfants font nous encouragent mais surtout la désespérance des parents fait place à une espérance : ne plus être seul à se battre, ne plus avoir honte de ce que l’on a pas choisi et espérer enfin un avenir meilleur pour leur enfant, parce que ne vous y trompez pas : nous parents d’enfants différents ne dormons ni le jour ni la nuit avec cette seule hantise de l’après nous.
Les années ont passé, voilà bientôt 15 ans que l’on existe dans le silence, l’oubli des institutions et des administrations. Mais il faut passer à la vitesse supérieure alors voilà le projet de vie que nous avons décidé de mener avec ma famille.
- Une école qui accueillera potentiellement 70 enfants, pour l’instant répartis de la maternelle au collège.
- Un internat pour permettre à ceux qui sont le plus éloignés d’avoir également la chance d’espérer.
- Un accueil de jour, pour permettre à nos adolescents d’entrevoir un avenir sociétal.
- Un pôle de la médiation et je m’explique : en préambule je vous ai dit qu’il fallait soit combattre soit abdiquer et bien pour les parents qui combattent il leur faut des armes et la meilleure arme c’est de comprendre ce que leur enfant comprend ou même plus ce que leur enfant ne comprend pas. Cela s’appelle la médiation.
On va leur apprendre à devenir médiateur de leur enfant car ces derniers ont tous un point d’excellence et il faut impérativement le découvrir. Et à cet effet, nous avons à notre disposition la méthode du Professeur Réouven FEUERSTEIN accouplée à d’autres méthodes.
Nous sommes une école privée israélite mais en même temps la souffrance est universelle et avons décidé après consultation pour avis de nos instances religieuses qu’au même titre que le pôle de la médiation est ouvert à tous, la maternelle (3 à 6 ans inclus) pourra accueillir les enfants de toutes confessions.
Pour remplir cette mission que le créateur nous offre, ma famille est engagée. Nous allons avec son aide et l’aide de tous permettre à ces enfants « dits différents », à ces familles dans la souffrance par crainte notamment de l’après eux, de trouver un peu de sérénité, de partage, d’espérance et de fraternité. On a besoin de vous collectivement et individuellement pour être accompagné dans ce noble combat où la chaine de solidarité émerge pour un avenir meilleur pour ces enfants qui deviendront demain des adolescents et plus t**d des adultes.
Ne soyons pas indifférents à la différence
C’est maintenant qu’il faut les aider !!
Merci à mon épouse et à mes enfants
Alain Partouche