10/06/2026
Entre 1914 et 1918, une ambulance désigne une formation sanitaire que l'on pourrait définir par "petit hôpital de campagne", destinée à opérer les blessés ou soigner les malades les plus graves. Il ne s'agit pas ici de transporter des patients mais bien uniquement de les soigner dans des tentes ou baraquements adaptés à la chirurgie/médecine de guerre.
Alors pourquoi parle-t-on d'ambulance en évoquant les véhicules de transport ?
Les premières voitures automobiles destinées au transport de blessés dans l'Armée française n'apparaissent qu'en 1907 au nombre de...trois voitures, de la marque Panhard & Levasseur ! En 1914, le parc automobile du Service de Santé est donc intégralement composé de véhicules civils réquisitionnés selon l'instruction du 17 avril 1913. Toutefois, le SSA s'adapte très rapidement : dès la fin 1914, de nombreuses commandes sont passés chez nos voisins italiens, britanniques ou américains ; et en 1915, les premiers véhicules militaires étudiés pour le transport des blessés sortent d'usine avec un caisson en bois adapté.
Le terme officiel pour citer ces véhicules de transport devient "Voiture sanitaire" ou tout simplement "sanitaire" comme le raconte Pierre-Alexis Muenier dans son rare témoignage de conducteur d'auto-sanitaire : "Nous, chauffeurs de sanitaires, qui devons marcher seuls presque toujours, reconnaitre seuls nos itinéraires, à nos risques et périls, aux risques et périls de nos blessés, nous nous sentons terriblement responsables".
Selon leur taille et leur capacité d'emport, ces véhicules se distinguent très vite en sanitaires légères, à l'instar des petites Ford-T américaines, et sanitaires lourdes telles que les Fiat 2F italiennes ou les véhicules français Berliet, Panhard, Renault, Unic, Vermorel, etc.
Mais entre la théorie et la pratique...Ces véhicules étant destinés à décharger les blessés vers les ambulances en premier lieu, les Poilus prendront vite l'habitude de renommer ces véhicules en "ambulances" et leur chauffeurs en "ambulanciers" comme on peut le retrouver dans le titre du témoignage de Charles Leleux : "Feuilles de route d'un ambulancier".