07/10/2026
[ 🏥𝗟𝗲𝘀 𝗵𝗼̂𝗽𝗶𝘁𝗮𝘂𝘅 𝗺𝗶𝗹𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 ]
5. L'Hôpital Sanitaire (HS)
L'Hôpital Sanitaire est une création de la Première Guerre mondiale pour soigner les soldats atteints de tuberculose.
En effet, la tuberculose, maladie infectieuse contagieuse touchant les poumons, s'étend partout en Europe à la fin du XIXème siècle. Entre 1906 et 1918 la France passe ainsi de la cinquième place à la deuxième place parmi les pays européens les plus touchés par cette maladie. En l'absence de traitement antituberculeux, les patients étaient isolés dans les sanatoriums, suivaient des régimes alimentaires et bénéficiaient d'un air dit « frais » et « pur », considéré comme thérapeutique.
Avec les conditions de vie inhumaines dans les tranchées combinant le froid, la boue, la vermine et la nourriture de mauvaise qualité, la Première Guerre mondiale fait exploser le nombre de tuberculeux au sein des armées françaises : Au total, entre 1914 et 1918, près de 150 000 cas avérés sur 400 000 cas suspects furent diagnostiqués dans les armées françaises, causant près de 40 000 morts.
Pour soigner ces "blessés de la tuberculose" selon les termes du Dr Landouzy, le ministère des armées réagit et publie, le 18 octobre 1915, une loi pour la création d'hôpitaux sanitaires spécialisés dans les soins aux tuberculeux. En tout, plus d'une quarantaine d'hôpitaux sanitaires ouvriront entre 1916 et 1918. Vingt-cinq de ces hôpitaux furent financés par la Croix-Rouge américaine et la fondation ROCKEFELLER.
Les soins restent sensiblement proches des traitements réservés aux civils : un régiment alimentaire particulier, de nombreuses promenades au grand air et une mise en quarantaine permanente. Certains médecins s'essayèrent à de nouvelles techniques de soins pour ces contagieux via la réalisation de pneumothorax ou l'étude des crachats mais une guérison totale reste encore impossible en 1918.
Pour l'immense majorité de ces malades, la solution proposée par l'Etat reste le retour au foyer, avec les conséquences que l'on peut imaginer. Entre le 2 août 1914 et le 31 octobre 1917, 81 500 soldats sont réformés pour tuberculose sans pension et 6 579 seulement avec pension payée par l'Etat.