28/06/2026
Frédéric, 64 ans.
Je suis né avec un handicap. À ma naissance, j'ai connu des difficultés importantes, car j'ai gardé le cordon ombilical autour du cou pendant une heure et demie. Heureusement, mon cerveau est resté intact.
À l'âge de 4 ans, j'ai dû quitter mes parents qui habitaient à Cheny, dans l'Yonne, pour partir à l'école de Bailly, dans les Yvelines. Cette séparation a été très difficile, mais elle a marqué le début de mon parcours.
Je suis resté 14 ans à Bailly, où j'ai appris à lire, à écrire et à compter. À cette époque, il n'y avait pas d'ordinateurs. Pour faire mes devoirs, j'utilisais une machine à écrire. Ces années m'ont appris la patience, la persévérance et l'importance du travail.
Après Bailly, je suis allé à l'École nationale de Garches, où j'ai suivi trois ans de formation en dactylographie. Là-bas, nous étions des élèves externes. Malgré mon handicap, j'ai acquis des compétences précieuses qui m'ont permis de gagner en autonomie.
En mars 1981, j'ai quitté Garches pour intégrer le foyer de Savigny-sur-Orge. J'y suis resté cinq ans, période durant laquelle j'ai continué à gagner en autonomie et à construire ma vie.
Le 4 septembre 1986, j'ai déménagé à Troyes pour entrer à la résidence André-Roche. Cette arrivée à Troyes a été un nouveau départ. J'y ai construit de nombreux repères, développé mon autonomie et participé à la vie du quartier.
Je me suis impliqué à la délégation de l'Aube, où je suis souvent présent et où je suis suppléant. J'y ai aussi mené des actions de sensibilisation, notamment dans les écoles, pour parler du handicap, briser les préjugés et montrer que chacun a sa place dans la société. J'ai également fait des interventions à Chanteloup, où j'ai partagé mon parcours avec le public.
J'ai fait la connaissance de Léo et Loïc lors de ces actions. Ils sont devenus mes meilleurs amis. Nous partageons des moments forts, comme les repas, les discussions et notre passion commune pour le foot, avec notre soutien indéfectible à l'ESTAC.
J’ai également eu l’opportunité de participer à un concours d’éloquence le 25 avril 2025. J’ai bénéficié de dix séances de préparation avec un slameur expérimenté, qui a d’ailleurs travaillé avec Grand Corps Malade, une expérience qui a grandement enrichi ma pratique et ma confiance en moi.
J'ai aussi tenté de m'engager plus largement en me présentant sur une liste électorale aux élections municipales. Même si je n'ai pas été élu, cette candidature était un acte fort, qui m’a permis de prendre la parole, de m’impliquer davantage dans la vie de la cité et de représenter les personnes, comme moi, qui vivent avec un handicap.
Enfin, je me suis aussi engagé au conseil de quartier des Marots, où je suis membre afin de représenter les personnes en situation de handicap. Chaque jour, je fais de mon mieux pour défendre leurs droits, améliorer l’inclusion et faire entendre leurs besoins dans le quartier.
Mon parcours a été jalonné d’épreuves, mais aussi de victoires. Chaque étape m’a appris la persévérance, l'autonomie et l’importance du soutien et de l’engagement. Aujourd’hui, je suis fier de mon parcours, de mes amitiés et de tout ce que j’ai pu accomplir avec courage et détermination.