20/06/2026
🌞" C’est le solstice d’été: il faut se bouger les minots, il y a un énorme brasier à monter!
Il fut un temps, pas si lointain où les quartiers se mobilisaient pour le construire ce feu. Quinze jours avant, on s’affairait à trouver tout le bois qu’on pouvait pour ériger l’édifice. Il fallait qu’il soit le plus haut possible ce feu de joie et en haut on mettait une croix de fleurs.
A cette époque il y avait un marché de gros derrière le port où l’on trouvait des cagettes. De la Rode, la distance n’était pas énorme et après l’école on se charriait des tonnes de cagettes et autres morceaux de bois et de carton ou toute matière propre à bien brûler. On montait alors un édifice d’une circonférence et d’une hauteur impressionnantes. Il fallait imbriquer tout ça de façon dense et haute pour que cela tienne le plus longtemps possible et embrase la nuit.
Et où monter cet édifice à la Rode? Je vous le donne en mille: au beau milieu de la rivière des amoureux qui, à cette époque de l’année, est à son plus bas niveau.
Alors le 23 au soir, on descendait dans la rivière à sec et on attendait que le soleil se couche, que la nuit envahisse les lieux. C’était alors la magie de l’embrasement. Les flammes montaient à l’assaut du bûcher et tous les quartiers s’illuminaient et retentissaient de chants, de cris, de rires et de joie.
On attendait que l’édifice s’écroule en milliers d’étincelles. Si on pouvait trouver un tison, on l’emportait car il protégeait la maison du feu pour toute l’année. Il fut un temps, pas si lointain, où la Rode et ses minots célébraient la Saint-Jean.”
🙏Merci mille fois à Mme Martinez qui, comme souvent, partage ses souvenirs d’enfance avec nous.
🔥Et vous, avez-vous connu cette époque des feux de la St Jean?