18/04/2026
Quand le Moyen Orient s'embrase, l'énergie flambe.
Les opérations conjointes américaines et israéliennes en Iran ont mis le feu à la poudrière orientale. Si peu sont ceux qui s'émeuvent aujourd'hui du sort de dignitaires Mollahs, il est clair que ce conflit - dont la pertinence stratégique reste à démontrer - a des conséquences sensibles sur l'économie européenne. C'est un euphémisme.
La fermeture du détroit d'Ormuz et les frappes sur les infrastructures pétrolières de la région menacent l'approvisionnement en hydrocarbures de l'Europe. En résulte une spirale des prix dont nous ne sommes ni à l’origine, ni maîtres — mais dont nous assumerons, une fois encore, pleinement les conséquences.
Pendant ce temps, l’Iran consent des rabais à ses partenaires « non alignés » - label accordé par l’Ayatollah comme seul arbitre - pour financer son effort de guerre. La Russie profite de cette aubaine financière qu'elle n'attendait plus. Et les Etats-Unis, bien que tous les jours plus enlisés dans un conflit qu'ils n'arrivent pas à conclure, pourront sans problème rembourser leurs bombes sur le dos de leurs partenaires commerciaux en vendant leur gaz et leur pétrole à prix d'or noir. En d'autres termes, la France et l'Europe sont encore les dindons de la farce.
Notre dépendance existentielle à des ressources que nous ne maitrisons pas est aujourd'hui un terrible levier de vassalisation. L'expérience nous prouve douloureusement que la transition énergétique n'est pas qu’une question de climat : c'est avant tout le seul chemin vers la liberté.
Si l’argument écologique peine encore à convaincre certains, celui de la souveraineté française est l’un des rares qui fasse encore consensus. Dès lors, une nécessité axiomatique s’impose : nous devons décarboner et électrifier notre économie. Massivement. Rapidement. Sans faux-semblants.
A cet égard, les sempiternels débats budgétaires auxquels l'Assemblée Nationale se livre à coup d’invectives et d’insultes depuis des mois ne sont pas à la hauteur des enjeux. Ceux qui réclament aujourd’hui une baisse des taxes sur les carburants oublient commodément qu’ils ont contribué à priver l’État de toute marge de manœuvre. Subventionner les énergies fossiles pour contenir temporairement les prix, c’est encore acheter un répit à credit.
L’argent public est rare. Il doit être investi là où il prépare l’avenir : dans l’électrification des usages, dans l’efficacité énergétique, dans les infrastructures qui nous rendront durablement moins dépendants. Cette crise n’est pas une anomalie, c’est un avertissement. Le cours du pétrole restera tributaire des tensions géopolitiques croissantes et de l’épuisement progressif des stocks, soit deux variables que nous ne maitrisons pas.
Tandis que certains s'acharnent à vouloir remplir le tonneau des Danaïdes, les gens sérieux s'affairent eux à en colmater la fuite.
AR.