08/09/2026
🌳 Les prés sont jaunes, mais les haies restent vertes
Après un été battant tous les records que l’on veut lui donner, l’agriculture est évidemment fortement impactée, et ce dans quasi tout le pays : canicule, sécheresse, cultures estivales et automnales condamnées et, surtout, grave crise fourragère et souffrance du bétail.
Et l’arbre dans tout ça ? 🌳
Si, selon les régions et les terroirs, une partie des feuilles jaunissent et tombent aussi, globalement, sans surprise, il résiste relativement bien. On aura vu tout au long de cet été des troupeaux qui râpaient la terre, en marge des houppiers verdoyants.
On présente souvent l’arbre comme une réponse de long terme au changement climatique. La situation actuelle nous rappelle qu’un système agroforestier déjà en place constitue aussi une ressource mobilisable immédiatement.
👉 C’est une force de l’agroforesterie : cette capacité à agir aussi bien sur le très court terme que sur le long terme.
🌿 Les arbres fourragers nous offrent en ce moment même leur stock sur pied, disponible pour compenser ou limiter les effets du manque d’herbe lorsque celui-ci conduit à puiser prématurément dans les réserves de fourrages.
Noisetiers, châtaigniers, charmes, saules, frênes, peupliers, ormes… lorsque les essences et les conditions s’y prêtent, ces ressources peuvent être mises à disposition de nos herbivores. Avec les pratiques adaptées et les précautions nécessaires, elles peuvent contribuer à préserver une partie des stocks de foin, d’enrubannage ou d’ensilage pour les mois à venir.
🪚 Cette mobilisation demande certes du travail : rame au sol, élagage, voire étêtage selon les situations… quelques heures parfois physiques, mais qui peuvent fournir un complément plus qu’utile lorsque l’assurance prairie et la solidarité agricole ne suffisent pas.
Cette crise rappelle surtout une évidence : on ne crée pas une infrastructure agroforestière dans l’urgence.
Les arbres que l’on peut mobiliser aujourd’hui sont ceux qui ont été conservés, entretenus, régénérés ou plantés hier. Et ceux que nous protégeons et installons aujourd’hui seront une partie de l’assurance des fermes face aux aléas de demain.
🌱 Alors n’attendons pas la prochaine sécheresse pour agir. Conservons les arbres qui sont déjà là, accompagnons leur régénération, plantons lorsque c’est nécessaire et, surtout, apprenons à mieux mobiliser cette ressource.
L’agroforesterie se prépare sur le temps long, mais c’est bien dans les moments difficiles qu’elle révèle toute son utilité.