04/06/2026
Surveillance renforcée des arboviroses : une vigilance indispensable face aux moustiques vecteurs
Depuis le 1er mai 2026, la Direction générale de la santé a activé la surveillance renforcée des arboviroses sur l'ensemble du territoire métropolitain. Cette vigilance concerne principalement la dengue, le chikungunya, le virus Zika et le virus du Nil occidental (West Nile virus), dont la transmission est assurée par différentes espèces de moustiques présentes en France.
Cette surveillance intervient dans un contexte particulier. L'année 2025 a été marquée par une situation inédite avec plus de 800 cas autochtones de chikungunya recensés en France métropolitaine, un niveau jamais observé depuis la mise en place de la surveillance nationale. Cette évolution confirme que les arboviroses constituent désormais un enjeu majeur de santé publique sur notre territoire.
Une menace désormais bien installée
Le moustique tigre (Aedes albopictus), principal vecteur de la dengue, du chikungunya et du virus Zika, est aujourd'hui implanté dans 83 départements métropolitains. Son activité s'étend généralement du 1er mai au 30 novembre, période durant laquelle les conditions climatiques favorisent son développement.
Le virus du Nil occidental est quant à lui transmis principalement par des moustiques du genre Culex, actifs surtout en soirée et pendant la nuit.
Les maladies transmises par les moustiques ne sont plus uniquement associées aux voyages en zones tropicales. Une personne infectée à l'étranger peut être piquée à son retour par un moustique local qui transmet ensuite le virus à d'autres personnes, provoquant ainsi des cas autochtones.
Une surveillance renforcée en 2026
Selon le dernier bulletin de Santé publique France publié le 3 juin 2026, aucun cas autochtone de dengue, de chikungunya, de Zika ou de West Nile n'a encore été identifié cette année en métropole. Toutefois, les autorités sanitaires observent déjà une circulation importante des virus importés. Depuis le début de la surveillance renforcée, 117 cas importés de dengue, 20 cas importés de chikungunya et un cas importé de Zika ont été recensés.
Cette situation justifie une vigilance accrue des professionnels de santé et de l'ensemble de la population afin d'éviter l'installation de chaînes de transmission locales.
Des symptômes à reconnaître rapidement
Les arboviroses peuvent se manifester par :
• une fièvre brutale ;
• des douleurs musculaires et articulaires ;
• des maux de tête importants ;
• une fatigue intense ;
• des éruptions cutanées ;
• des douleurs derrière les yeux ;
• des nausées ou des vomissements.
Le chikungunya se caractérise souvent par des douleurs articulaires particulièrement intenses pouvant persister plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
La dengue peut évoluer vers des formes sévères nécessitant une hospitalisation.
Le virus Zika est généralement peu symptomatique mais représente un risque important chez la femme enceinte.
Le virus du Nil occidental peut, dans de rares situations, entraîner des complications neurologiques graves.
Les autorités sanitaires rappellent qu'il convient d'évoquer ces diagnostics même en l'absence de voyage récent.
Diagnostic précoce et signalement rapide
Les professionnels de santé sont invités à prescrire rapidement les examens biologiques adaptés, notamment les tests PCR en phase précoce de la maladie.
Depuis avril 2026, le signalement des cas de dengue, chikungunya, Zika et West Nile est entièrement dématérialisé. Cette déclaration rapide permet aux Agences Régionales de Santé de mettre en œuvre sans délai les opérations de lutte antivectorielle autour des cas identifiés afin de limiter toute propagation.
La prévention reste notre meilleure protection
Chaque citoyen peut contribuer efficacement à la lutte contre la prolifération des moustiques en supprimant les eaux stagnantes autour de son domicile :
• dessous de pots de fleurs ;
• gouttières encombrées ;
• récipients abandonnés ;
• récupérateurs d'eau non protégés ;
• objets et déchets pouvant retenir l'eau de pluie.
Il est également recommandé de se protéger contre les piqûres grâce aux vêtements couvrants, aux moustiquaires et aux produits répulsifs adaptés.
Une simple coupelle contenant de l'eau peut suffire au développement de plusieurs centaines de larves de moustiques.
Une responsabilité collective
Face à l'expansion du moustique tigre et à l'augmentation du risque de transmission locale des arboviroses, la mobilisation de tous demeure essentielle. Collectivités, professionnels de santé, associations et citoyens ont un rôle déterminant à jouer.
La prévention, l'identification rapide des symptômes et le signalement précoce des cas constituent aujourd'hui nos outils les plus efficaces pour protéger la population.
La santé publique est une responsabilité partagée. Restons vigilants et mobilisés.
Walter Paterna
Délégué à la Santé publique, à la Prévention sanitaire et au Handicap / Co-gérant MSP-SCRL la vie est belle