28/05/2026
Intervention du comité ANACR LE 27 mai 2026
Le 27 mai 1943, réunis à Paris 48 rue du Four, sous la présidence de Jean Moulin, seul représentant du Général de Gaulle en France occupée, missionné par lui pour ce faire, les représentants de huit importants mouvements de Résistance – cinq de zone Nord, le Front National, Libération-Nord, Ceux de la Résistance, Ceux de la Libération, et l’Organisation civile et militaire, trois de zone Sud, Combat, Franc-Tireur et Libération-Sud - ainsi que de six partis Résistants, les partis Communiste, Socialiste, Radical, Démocrate-chrétien, Alliance démocratique et Fédération républicaine, de même que des deux centrales syndicales clandestines, la CGT et la CFTC, tenaient la première réunion du «Conseil National de la Résistance», le C.N.R.
Cette unité des forces de la Résistance antin**ie ainsi réalisée était le fruit des efforts couronnés de succès de Jean Moulin pour surmonter différences de nature, de formes d’organisation et d’action, d’objectifs à plus ou moins long terme pouvant exister entre elles, a été d’une grande importance historique.
Reconnaissant d’emblée, dès sa première réunion, l’autorité du général de Gaulle, le CNR donna au président du « Comité National Français » la légitimité pour parler au nom de l’ensemble de la Résistance, celle qui se rassembla ce 27 mai 1943. Ce qui lui permettra de s’affirmer face au néo-pétainisme du général Giraud, qui eut la faveur des Alliés anglo-américains débarqués en Afrique du Nord le 8 novembre 1942.
Le rassemblement de la Résistance au sein du CNR, qui va surmonter le drame que fut l’arrestation de Jean Moulin le 21 juin 1943 à Caluire, et sa mort le 8 juillet suivant des suites des tortures qui lui avaient été infligées, va connaitre à l’automne et l’hiver 1943, ainsi qu’au premier trimestre 1944, d’importants développements.
L’unification des structures militaires de la Résistance va se concrétiser dans la formation des « Forces Françaises de l’Intérieur ». Les F.F.I., qui ont joué un rôle important, majeur dans certaines régions, dans la libération de la France entamée le 6 juin 1944 par le débarquement allié en Normandie, que prolongea le 15 août suivant celui sur les côtes de Provence.
A l’été 1944, l’insurrection nationale des maquis, des groupes de combat urbain de la Résistance, contraignirent les occupants n***s et leurs complices du régime pétainiste à une retraite prenant des allures de fuite. Une retraite hélas émaillée de crimes de masse contre les populations civiles, comme à Oradour, Tulle, Ascq ou Maillé.
Dans les villes et les régions libérées, les Français vont retrouver la liberté ; et la France, à la mesure de la progression de sa libération, des institutions démocratiques. Notamment par la mise en œuvre de celles prévues par « l’Assemblée Consultative » d’Alger et par le « Programme du Conseil National de la Résistance », dont l’élaboration, entamée en octobre 1943, s’est achevée, au terme d’échanges approfondis, par l’approbation unanime de tous les membres du CNR ; et par sa publication le 15 mars 1944.
Ainsi, des « Comités locaux de la Libération », des « Comités départementaux de la Libération », des « Comités régionaux de la Libération », regroupant des représentants des mouvements de Résistance, nationaux comme ceux représentés au sein du CNR mais aussi plus régionaux et locaux, reprennent partout à travers la France la place des conseils municipaux et départementaux qui avaient été dissous par le régime pétainiste. Ils vont coopérer avec les Préfets et sous-préfets issus de la Résistance, avec les Commissaires de la République nommés par le « Gouvernement Provisoire de la République Française » (GPRF) présidé par le général de Gaulle, rentré depuis Alger à Paris le 31 août 1944.
Paris est libéré le 25 août par son soulèvement insurrectionnel appuyé par la 2ème DB et l’armée du général Patton.
Plusieurs régions de France, dans l’Est, dans les Poches de l’Atlantique, sur le Front des Alpes, resteront encore un temps occupé. Elles vont être aussi libérées, avec la participation au sein des forces alliées de l’Armée Française de la Libération qui intégra des centaines de milliers de combattants des unités F.F.I.
De septembre 1944 à la fin de l’année, le Gouvernement Provisoire de la République Française, va devoir conduire la participation de la France au combat des Alliés qui continuera jusqu’à la capitulation du Reich n**i, le 8 mai 1945. Une Victoire à laquelle notre pays aura apporté sa contribution aux côtés des grands alliés américains, soviétiques, britanniques, et dont nous avons célébré l’année dernière le 80ème anniversaire.
Pour l’heure, cette année 2026 est celle du 82ème anniversaire de la Libération de la France, qui est et sera célébrée par de multiples manifestations et cérémonies partout à travers le Pays, rappelant les combats qui l’accompagnèrent, tels ceux des Glières, du Vercors, du Mont-Gargan, du Mont-Mouchet, des maquis de l’Ain, rappelant celles et ceux qui hélas tombèrent lors de ces combats.
Et aussi du fait de la répression, qui frappa hommes, femmes et enfants, Français et Immigrés, comme le rappela le 21 février 2024 la Panthéonisation de Missak Manouchian, accompagné de son épouse et par les portraits de ses 23 compagnons de lutte. Nécessaire évocation en ces temps de xénophobie préoccupante.
Cette année 2026 est aussi celle du 82ème anniversaire de la mise en place par le Gouvernement, des toutes premières mesures démocratiques, économiques et sociales préconisées par l’Assemblée Consultative Provisoire (A.C.P.) et le Programme du CNR. Telles l’Ordonnance du 5 octobre 1944, instituant le droit de vote et l’éligibilité des femmes, l’Ordonnance du 14 décembre nationalisant les Charbonnages du Nord-Pas-de Calais, et celles du 30 décembre amorçant la réforme de la Sécurité sociale.
Dans les mois et années qui suivirent furent prises d’autres mesures inspirées du Programme du CNR, imprégnées des valeurs humanistes, démocratiques, et sociales de la Résistance, plaçant les entreprises et services essentiels à la vie des Français sous le contrôle de la Nation, privilégiant ainsi l’intérêt général par rapport aux intérêts particuliers. Pour une large part, elles restent des références pour nos débats citoyens contemporains, des acquis qu’il faut défendre.
Mais célébrer les acteurs de la Résistance seulement un jour par an, ne suffit pas pour témoigner et honorer le courage de ces femmes et ces hommes, qui au péril de leur vie, ont combattu l’ennemi jusqu’à le chasser hors du pays.
Pour mémoire, il faut se souvenir que c’est en 1988, que le comité départemental de l’ANACR Drôme s’est adressé à l’ensemble des parlementaires, afin que le 27 mai soit reconnu journée nationale de la Résistance. Ce n’est que 25 ans plus t**d, en 2013, que cette loi fût enfin votée.
L’ANACR n’a pas attendu l’officialisation du 27 mai comme journée nationale pour honorer la Résistance. Chaque 27 mai, des cérémonies avaient lieu avec la participation d’élus et personnalités.
Notre comité commémore également chaque année, les événements qui ont marqué notre région pendant cette période tragique.
Il organise tous les ans, à une date proche du 27 mai, une journée sportive et mémorielle. Des parcours cyclo ainsi que des randonnées sont proposés au départ de St Nazaire en Royans sur les traces des résistants. Les bénéfices de cette manifestation, qui aura lieu cette année, samedi prochain, permettront à des collégiens et lycéens de découvrir ces hauts lieux de la Résistance.
Mais certains discours qui encensent la Résistance sonnent faux.
Ils ne suffisent pas à masquer autant d’hypocrisie.
On ne peut pas faire l’éloge de la Résistance et dans le même temps fermer leur maison.
La présence aujourd’hui à cette cérémonie de toute personne qui cautionne, et à fortiori est à l’origine de la fermeture du musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation de notre belle ville, est inopportune.
Le souvenir des résistantes et des résistants doit être entretenu tout au long de l’année.
Et quoi de mieux qu’un lieu de mémoire et de recueillement, tel un musée, pour rappeler leur combat.
Il faudra encore et toujours des résistants pour que la mémoire de nos valeureux ainés ne tombe pas dans l’oubli.
Je vous remercie.