19/06/2026
🔴 Imaginons...
Devant vous se trouvent deux personnes :
• une personne âgée qui marche avec une canne ;
• un enfant de 10 ans.
À votre avis, qui est prioritaire ?
Beaucoup d'entre nous répondront spontanément : la personne âgée.
Et pourtant...
Cet enfant est titulaire d'une Carte Mobilité Inclusion (CMI), qui lui ouvre un droit de priorité en raison de sa situation de handicap.
Juridiquement, c'est donc lui qui est prioritaire.
Cette réponse peut surprendre.
Elle ne retire rien aux difficultés liées à l'âge. Elle ne dit pas qu'une personne âgée ne mérite ni aide, ni respect, ni considération.
Elle rappelle simplement une chose essentielle : les droits liés au handicap ne reposent pas sur ce qui nous semble juste à l'œil nu.
Parce que les handicaps invisibles existent.
Parce qu'une personne en situation de handicap ne porte pas forcément ses difficultés sur son visage ou sur son corps. D'ailleurs, près de 80 % des handicaps sont invisibles.
Parce que lorsque les règles ne sont plus appliquées et que chacun décide selon son ressenti, ce sont souvent les personnes dont le handicap ne se voit pas qui sont oubliées.
Les droits liés au handicap ne sont pas des privilèges.
Un privilège accorde un avantage.
Un aménagement compense un obstacle.
Ce n'est pas la même chose.
Un droit ne repose pas sur une impression, une supposition ou une situation supposée.
Il repose sur une reconnaissance officielle ouvrant droit à des mesures de compensation précises.
La CMI n'est pas une appréciation personnelle.
Elle est attribuée selon des critères définis par la loi.
On en est titulaire ou on ne l'est pas.
Et lorsqu'on en est titulaire, les droits qui y sont attachés doivent être respectés.
C'est cette reconnaissance qui ouvre des droits, et c'est elle qui permet leur application de manière équitable pour tous.
📌 Pour rappel
La loi du 11 février 2005 n'a pas été adoptée pour afficher de bonnes intentions.
Elle a reconnu le droit à l'accessibilité, à la compensation du handicap et à la participation pleine et entière des personnes handicapées à la vie de la cité.
Les textes qui l'ont complétée, notamment l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité des établissements recevant du public, n'ont pas été rédigés pour faire joli ou pour servir de simples recommandations.
Ils existent pour rendre ces droits effectifs sur le terrain et imposent la mise en place d'aménagements adaptés.
Faire respecter un droit n'est pas faire de la discrimination.
Faire respecter un droit n'est pas être vindicatif.
Faire respecter un droit, c'est garantir que les personnes pour lesquelles ce droit a été créé puissent réellement en bénéficier.
La solidarité est indispensable.
Mais la solidarité ne remplace pas les droits.
Et la bienveillance ne peut pas remplacer la loi.