20/05/2026
Dossier l'l'Humanité
Edito de Julia Hamlaoui
Ils sont des milliers. Des milliers de Palestiniens dont les proches n’ont aucune nouvelle. Dans la bande de Gaza, où 72 000 personnes au moins ont été tuées par l’armée israélienne depuis 2023, environ 7 000 habitants sont toujours portés manquants, selon le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée (PCMFD). L’ONG israélienne de défense des droits humains, HaMoked a, elle, recensé près de 2000 cas pour lesquels les autorités israéliennes affirment n’avoir « aucune indication », malgré des arrestations dont attestent des témoins dans nombre d’entre eux.
Derrière les chiffres, ce sont des visages, des proches qui manquent à leur famille. Et une insupportable incertitude. Le frère, le cousin, le fils concerné est-il détenu ? A-t-il été tué dans un territoire ravagé par les bombardements et les offensives de l’armée israélienne ? Notre correspondante à Gaza, Maha Hussaini, vous livre ce matin les témoignages de ces femmes et ces hommes, déjà en proie au calvaire d’un quotidien dévasté par une guerre génocidaire, et soumis à cette torture.
Un supplice qui s’ajoute à celui vécu par les Palestiniens emprisonnés par Israël, encore dénoncé hier par une rapporteure de l’ONU. « Des passages à tabac violents, des positions de stress, des moyens de contention excessifs, des électrocutions, la privation de sommeil, la malnutrition et la famine, une détention prolongée au secret », liste Alice Jill Edwards qui a recensé des dizaines et des dizaines de cas. Disparitions forcées et tortures figurent en bonne place dans la liste des crimes et violations du droit international commis par l’État israélien. Et toujours cette insupportable impunité, qui jour après jour coûte des vies.
Julia Hamlaoui
Cheffe du service L'Humatinale