02/01/2026
Le chercheur de vérité est mort !
L’Association des travailleurs algériens en France (ATAF) rend hommage, avec une profonde émotion, à Mohamed Harbi, historien majeur, militant nationaliste et intellectuel engagé.
Figure essentielle du mouvement de libération nationale, Mohamed Harbi incarne cette génération de combattants qui ont toujours refusé de dissocier la lutte pour l’indépendance de l’Algérie du combat quotidien des travailleurs pour leurs droits, leur dignité et leur émancipation. Son parcours reflète une vision exigeante, lucide et profondément humaniste de l’engagement politique, dans laquelle la classe ouvrière, les immigrés et l’ensemble des opprimés occupaient une place centrale dans le projet de transformation sociale.
Dès ses débuts au sein de l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord (AEMNA), il s’attacha à faire du mouvement étudiant un acteur conscient, solidaire et pleinement engagé aux côtés des luttes ouvrières et anticoloniales. Son action au sein de la Fédération de France du FLN fut décisive. Il contribua activement à l’organisation politique et sociale des travailleurs algériens en France, participant à la construction d’un mouvement capable de défendre leurs droits, de consolider leur unité et de nourrir une conscience collective. En prenant part, en 1957, à la création de l’Amicale générale des travailleurs algériens en France (AGTA), il œuvra à l’émergence d’une organisation autonome, porteuse d’une conscience à la fois ouvrière et nationale, et étroitement liée au mouvement syndical français.
Après l’indépendance, fidèle à ses convictions socialistes et à son engagement en faveur du monde du travail, Mohamed Harbi fut l’un des intellectuels et militants qui soutinrent l’expérience de l’autogestion en Algérie. Il voyait dans cette démarche une tentative concrète de donner aux travailleurs un véritable pouvoir sur l’économie et sur les outils de production. Malgré les résistances bureaucratiques et autoritaires qui finirent par en limiter la portée, il demeura convaincu que l’émancipation sociale était indissociable de la souveraineté populaire.
Mohamed Harbi laisse une œuvre et un exemple qui continueront d’éclairer celles et ceux qui poursuivent la quête d’une société plus juste, plus libre et plus fraternelle. Son héritage, fait de courage, de lucidité et de fidélité aux idéaux populaires, demeure une source d’inspiration pour les combats actuels contre l’exploitation, le racisme, les inégalités et toutes les formes de domination.
Paris, le 2 Janvier 2026
P/Le Bureau exécutif
Le Président : Saïd OURABAH