21/03/2025
Le Bilan environnemental 2024 de la France est sorti.
Et il pose une question qui dérange :
Mettons-nous vraiment les moyens là où il faut ?
Ou sommes-nous en train de colmater un système qui fuit de partout ?
Voici ce que vous devez retenir.
Et pourquoi c’est clé pour les responsables RSE, les directions stratégiques et les consultants.
👉 La facture grimpe. Et vite.
En 2022, la France a investi 64 milliards d’euros pour prévenir, réduire ou réparer les atteintes à l’environnement.
C’est +6,3 % en un an.
Mieux : depuis 2000, ces dépenses progressent plus vite que le PIB.
Mais…
Plus de la moitié va à deux postes : la gestion des déchets (21,6 Md€) et des eaux usées (14,1 Md€).
Pas à la biodiversité.
Pas à la dépollution des sols.
Pas à la prévention systémique.
On ne finance pas une transition. On finance les conséquences de l’absence de transition.
👉Courant contre capital : 65 % des dépenses partent en fonctionnement.
Ce qu’on investit dans les infrastructures ? 22 Md€.
Ce qu’on dépense pour maintenir ce qu’on a ? 41,5 Md€.
Traduction : on entretient plus qu’on transforme.
Le vrai signal d’alerte, c’est là.
Parce qu’on ne réglera pas la crise environnementale avec des budgets d’entretien.
👉 Qui paie ?
Les administrations publiques : 35 % (surtout les collectivités locales)
Les entreprises : 35 %
Les ménages : 28 %
Autrement dit : tout le monde met la main à la poche, mais personne ne pilote la transformation.
La coordination est faible, les logiques sont silotées, et les effets restent diffus.
👉 Où sont les vrais enjeux ?
La recherche et développement explose : +18,5 % en un an.
Bonne nouvelle.
Les investissements en protection de l’air sont portés par les achats de véhicules propres.
Très bien, mais à quand une logique systémique ?
La biodiversité reste marginale, alors que c’est notre principal actif écologique.
👉 En Europe, la France est à la traîne.
2 % du PIB en dépenses environnementales selon Eurostat, contre 2,2 % en moyenne dans l’UE.
On est au niveau de la Bulgarie, de la Croatie.
Pas franchement ce à quoi on aspire pour une puissance environnementale.
Ce que ça veut dire ?
👉 Vous ne pouvez plus vous contenter de suivre les flux. Il faut les rediriger vers les vrais leviers de transformation.
👉 Vos plans d’action doivent démontrer un retour d’impact, pas juste un effort budgétaire.
👉 La lecture macro est claire : on est encore dans la réparation. Il est temps de passer à la refonte.
Les budgets sont là.
Les outils existent.
Ce qui manque, c’est une stratégie claire sur où, comment et pourquoi investir.