18/10/2026
Lundi 12 octobre, nous étions une trentaine de participants lors du débat sur les violences commises envers les enfants. Les intervenantes, Martine Brousse, présidente d'honneur de la Voix de l'Enfant, Mona Coquart, avocate au Barreau de Paris, et Clara Jones, stagiaire élève-avocate au sein de l'association La Voix de l'Enfant, ont su mobiliser toute notre attention pendant près de 2h30 pour comprendre et agir en cas de situation de violence.
Il a été rappelé que 73% des violences se*****es se produisent au sein de la famille, et que 81% des agresseurs sont des proches de l'enfant. Un enfant meurt tous les 5 jours en France sous les coups de ses parents. Les différentes sortes de violences sont indiquées dans l'article L119-1 du Code de l'action sociale et des familles: violence éducative ordinaire, violence se****le, physique, psychologique, numérique, harcèlement.
Comment agir? Il faut cibler le type de violence; écouter l'enfant, le rassurer et l'assurer de notre protection; voir un professionnel de santé, envisager un dépôt de plainte et faire une information préoccupante (CRIP). Ne pas oublier de prendre en photo les traces de la violence, conserver tous les vêtements du jour de l'agression et les remettre à la police.
L'enquête conduira à un contrôle judiciaire ou à un placement en détention provisoire. Le fait sera qualifié soit de crime, soit de délit, ce qui sera déterminant pour la suite (cour d'assises ou correctionnelle).
Si l'infraction est commise par les parents, on peut saisir le JAF (juge aux affaires familiales) pour faire modifier l'exercice de l'autorité parentale; dans ce cas, s'il y a une saisine, l'enfant est placé provisoirement.
La difficulté réside dans la capacité des adultes à détecter le mal être de l'enfant. Questionner peut suffire, mais il faut éviter de trop insister de crainte que l'enfant ne se braque et ne se replie. Observer les changements de comportements est utile: les refus soudains de voir telle ou telle personne, d'aller à tel ou tel endroit, l'énurésie, les silences, le repli sur soi... Si l'enfant se confie, il faut le disculper, ne pas lui faire porter une honte qui ne devrait pas être la sienne.
En terme de prévention, les parents et l'école ont un rôle à jouer (EVARS). Mais il ne faut pas oublier les conservatoires, les camps, les voyages pour enfants qui n'échappent pas à cette tendance à considérer l'enfant comme un objet se**el ou un défouloir. Des témoignages ont permis d'étayer cette triste réalité. Il faut oser dénoncer ces situations, malgré l'omerta de l'institution.
Les villes de Montreuil ou de Noisy-le-Sec ont mis en place un programme de prévention, à diffuser au-delà de la sphère institutionnelle.
Un grand merci à nos formidables intervenantes, pour la clarté et la précision de leurs propos, et à Rétro, le chien de compagnie qui rassure les enfants lorsqu'ils sont engagés dans des procédures judiciaires.
Un grand merci aussi à nos participants, pour leur présence, leur écoute, leurs témoignages et la qualité de leurs interventions, sur ce sujet aussi grave et douloureux que révoltant.