07/05/2026
📯📜 Magnifique lettre, écrite depuis Peïra-Cava par M.DARBOUSSE Raoul Antoine Franklin, étudiant en médecine incorporé au 6e B.A.C.P. le 14 novembre 1898 :
"Cher ami, j'ai reçu, ou plutôt Orillon a reçu car nous ne pouvons pas encore sortir, la valise que tu m'as envoyé.
Je te remercie bien de ton obligeance, j'avais l'intention de t'envoyer 1 franc, ce que t'a couté le port de ma valise, mais Orillon m'a fait remarquer qu'il valait mieux que je te remette une si petite somme lorsque je viendrai à Nice en permission, c'est ce que je ferai si tu n'y vois pas d'inconvénient.
Je ne sais si je pourrai venir avant le 1er de l'an, mais je tâcherai d'avoir une permission de 24 heures dans le courant du mois prochain. Je demanderai en outre une permission au 1er de l'an.
Mon ami et moi, nous rentrons à Peïra-Cava. L'un de nous deux serait monté à Plan Caval, mais il y a un 3 ème étudiant à médecine qui n'a pas pu obtenir son doctorat à 27 ans et qui est par suite obligé de faire les deux ans de service qui lui manquent, c'est lui qui grimpera là-haut.
Il arrivera ici d'un jour à l'autre et sera dirigé sur Plan-Caval.
Quant à mon collègue d'ici et à moi, le major nous a promis de nous prendre tous les matins à partir du premier janvier, ce qui ne nous empechera pas de faire l'exercice le soir. Nous serons nommés définitivement auxiliaires une fois nos classes faites.
Hier nous avons aidé au major à vacciner, pour mon compte j'ai inoculé une trentaine de jeunes soldats.
Je vois à l'instant même de parler un armurier qui s'était brûlé à la main. Ici il fait un froid de loup et la neige n'est pas loin. Hier elle est tombée pendant une heure environ, aujourd'hui il tombe du grésil mêlé de pluie, ce qui fait que l'on ne peut pas faire l'exercice dehors et que l'on nous fait manoeuvrer dans les chambres.
Nous évitons de faire ainsi le pas gymnastique avec lequel j'ai déjà fait connaissance.
Je suis dans l'escouade du caporal Pieri, le neveu de mon capitaine, j'ajoute que l'oncle et le neveu sont aussi embêtants l'un que l'autre.
Dans deux ou trois jours nous pourrons sortir, ce qui je l'espère ne sera pas malheureux, quoique les distractions manquent aussi bien dehors que dans la caserne.
Au revoir cher ami, je te serre cordialement la main.
Ton ami dévoué,
Raoul Darbousse.
N.B Je t'écrirai lorsque je viendrai à Nice."
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Le caporal Pieri, que M.DARBOUSSE évoque dans sa lettre, est ici en photo en 1901, avec les sergents de la 1ère Cie et l'adjudant Baylon - © Archives Départementales des Alpes-Maritimes.
Un très beau document que nous avons eu la chance d'acquérir et que nous allons conserver très précieusement! Petit à petit, les pièces du puzzle se rassemblent...
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