04/05/2023
En attendant la conférence sur les moulins. ..
Moulins à sang
Le recours à l’énergie animale pour la mouture est attesté dans le monde romain depuis le IIe siècle av. J.-C.
Des esclaves ou des animaux (chevaux, ânes, vaches) étaient attelés, pour faire tourner des meules plus volumineuses.
Trois types principaux de moulins ont été mis en évidence : le moulin biconique, le moulin délien et le moulin à meule verticale.
Le moulin à meule verticale semble avoir traversé les siècles et les frontières, puisqu’elle est utilisée encore de nos jours dans le bassin méditerranéen, mais, fait surprenant, ce système de mouture est arrivé dans notre région.
En effet, descendant de l’antique mola olearia, on en retrouve des exemplaires ayant fonctionné, pour les derniers, jusqu’en 1955. Une meule verticale a été retrouvée dans la forteresse de Sail-sous-Couzan, deux spécimens fonctionnaient dans le canton de Saint-Jean-Soleymieux (Chenereilles et Boisset-Saint-Priest) et un dans la commune de Violay.
Il y a quelques années, celui de Boisset-Saint-Priest avait été restauré et fonctionnait le temps des Journées Européennes du Patrimoine.
L'animal, en tournant autour de la cuve, entraîne la meule par un système de couple conique. Celle-ci broie les graines de colza, préalablement éclatées avec l'aplatisseur.
Cette mouture de colza est ensuite grillée dans un chaudron, la poêle, chauffée au feu de bois, surveillée et remuée par le graissou.
Lorsque le colza est correctement grillé, il est déposé dans la presse, pour en extraire l'huile : la serrée, lo sora. L’énergie utilisée est toujours animale puisque l’Humain actionne la presse grâce à une cage d’écureuil entraînant un couple conique.
L’huile sera ensuite décantée dans une cantine, lo canteyno, avant d'être mise en bouteille. La galette de résidu le maton ou motu est utilisée comme nourriture pour les animaux.