23/06/2026
Alors que la musique électronique vient tout juste d’entrer au patrimoine culturel immatériel, elle n’a jamais été autant réprimée.
Lors de la Fête de la Musique 2026 à Metz, les sound systems présents sur l’île du saulcy, comme chaque année depuis de nombreuses années, ont cette fois-ci été contraints de remballer leur matériel de sonorisation et de scénographie sous peine de saisie et de poursuites judiciaires.
Le jour même où la musique est censée être célébrée et mise à l’honneur, celle-ci se voit réprimée de manière brutale et arbitraire. L’île du Saulcy, qui a toujours été un lieu de fête, de rencontre et d’expression culturelle, a connu aujourd’hui ce qui ressemble à sa plus importante censure.
La raison invoquée ? Un prétendu arrêté préfectoral interdisant les rassemblements musicaux de type « teknival », « free party » ou « rave party ». Or, la définition donnée par l’État lui-même ne correspond pas à la manière dont les organisateurs de la Fête de la Musique au Saulcy avaient conçu cet événement.
Le propriétaire du terrain était informé, comme c’est le cas depuis des années. L’installation s’est déroulée dans la matinée et le démontage devait être effectué le jour même. Pourtant, une trentaine de policiers municipaux et nationaux sont intervenus pour exiger notre départ. La commissaire elle-même s’est rendue sur place.
Durant la Fête de la Musique, chacun peut pourtant faire de la musique dans la ville de Metz, à condition de ne pas entraver la circulation.
Les organisateurs avaient tout prévu : de grandes quantités d’eau, des extincteurs, des sacs-poubelle, des trousses de premiers secours, bref, tout le nécessaire pour que l’événement se déroule dans les meilleures conditions possibles. Rien n’y a fait. Nous avons été contraints de quitter les lieux. Nous avons vu des semaines d’organisation partir en fumée à cause d’un arrêté qui ne concernait même pas notre événement.
Ce n’est un secret pour personne : la musique tekno dérange. Mais cette fois-ci, la situation est différente. Le jour même de la Fête de la Musique, alors que d’autres organisateurs, éloignés de la scène tekno, ont eux aussi été contraints de quitter les lieux, nous assistons à une atteinte préoccupante à la culture et aux libertés.
Le projet de loi RIPOSTE empiète sur les libertés individuelles de chacune et chacun.
Nous estimons avoir eu le droit d’être présents ici. Même lorsque les démarches sont faites dans un cadre légal, nous faisons face à des formes d’oppression et d’entraves. Une telle politique ne fait qu’augmenter les risques de voir se multiplier des événements non déclarés.
La censure et la répression ne sont pas des solutions. Nous souhaitons dialoguer, communiquer et coopérer. Pourtant, chaque tentative de démarche ou de concertation semble se solder par un refus.
C’est avec regret que nous écrivons cette lettre. La culture s’envole peu à peu, et ce qui se passe aujourd’hui constitue, à nos yeux, un présage inquiétant pour l’ensemble des formes d’expression culturelle.
Bien à vous,
Écris par Alkaloïd Sound 6tem avec Malentendu Sound System / Enfants Sauvage / Bon'Zond