Le camp a été créé par décret datant du 21 janvier 1939. Il est installé dans le verdoyant vallon du Rieucros, à proximité de la ville de Mende. C’est la préfecture qui installe ce camp sur un terrain qui est la propriété de l'hôpital hospice de Mende. Son but est d'interner les "indésirables", c'est-à-dire les étrangers suspects de trouble à l’ordre public. Au départ ce sont des hommes (environ 7
0) qui sont arrêtés sur décision préfectorale et internés à Rieucros sans procès. On trouve parmi eux une majorité de membres des Brigades internationales. Au début d’octobre 1939, tous ces hommes sont transférés au camp d'internement du Vernet en Ariège. Le 18 octobre 1939 arrive au camp de Rieucros des femmes étrangères considérées comme « suspectes de trouble à l’ordre public » : des antinazies allemandes, des antifascistes italiennes, des communistes polonaises, etc… Elles sont rapidement rejointes par des républicaines espagnoles. A parti de novembre 1939, il est possible d’arrêter des Françaises sur décision préfectorale. Elles sont les plus nombreuses (92) lorsque le camp ferme en février 1942. Le camp contient environ 350 à 400 personnes (nombre assez fluctuant, jusqu’à 600 en juin et juillet 1940), 27 nationalités, tous les âges (des bébés à quelques femmes de 70 ans) avec des motifs d’internement variés : politiques ou bien moraux (prostitution, « mauvaise » conduite, etc…). Etre juive n’est pas un motif d’internement mais certaines l’étaient également. Ces femmes ont souffert de la faim, du froid et surtout de l’incertitude de leur sort (l’internement administratif ne spécifie pas la durée de l’emprisonnement). Leurs enfants ont été enfermés avec elles. Le 13 février 1942, 320 prisonnières sont transférées au camp d'internement de Brens, à proximité de Gaillac, dans le département du Tarn. Lorsque le Gouvernement de Vichy accepte de livrer les juifs aux Allemands, les juives présentes dans le camp de Brens deviennent une proie facile. On connaît 33 femmes juives déportées et assassinées à Auschwitz qui au départ étaient enfermées au camp de Rieucros à Mende. Ce lieu d’internement a donc été un maillon de la chaîne de l’extermination.