09/06/2026
Au-delà de l’émotion suscitée par l’atrocité de ce crime, au-delà de l’indignation de constater l’impuissance des pouvoirs publics à assurer la protection due aux enfants face à ces violences, notre rôle doit consister à rappeler que le sujet des violences sexuelles faites aux enfants n’est ni marginal, ni exceptionnel, ni réservé à des faits monstrueux.
Il concerne toutes les familles, tous les milieux, tous les territoires. Il traverse les institutions, les associations, les lieux scolaires, périscolaires, sportifs, culturels, cultuels, les espaces de confiance où les enfants devraient être protégés et où, trop souvent, leur parole, leurs signaux faibles comme les alertes des adultes ne sont ni suffisamment entendus, ni transmis, ni traités à temps.
Avoir été là lundi ce n’est donc pas seulement venir exprimer une colère légitime ou rendre hommage. C’est dire collectivement que la protection des enfants ne peut plus dépendre du hasard, du courage isolé d’un professionnel, de la ténacité d’une famille ou de la mobilisation après un drame.
Comme la CIIVISE l’a écrit, nous devons construire une véritable culture commune de protection : croire les enfants, entendre les alertes, former les adultes, mieux partager les informations, traiter les signalements sans délai, appliquer le principe de précaution dès qu’un enfant peut être exposé à un danger. Cette exigence n’est pas une réaction d’émotion : elle relève des droits fondamentaux de l’enfant et de la responsabilité démocratique des institutions. Donc de nous toutes et tous.
Ce rassemblement digne doit rappeler une chose simple : une société qui croit avoir toujours plus important à faire que protéger les enfants échoue dans ce qu’elle a de plus fondamental : la protection de celles et ceux qui en constituent l’avenir.