23/12/2017
INFO CONTRAT GEL SUDPTR
C’est presque par hasard (une
fois n’est pas coutume) que
SUD PTT a appris que cer-
tains établissements faisaient
signer un nouveau type de contrat à
des agents en CDD, un contrat GEL.
Késako ?
Rien moins que la création d’un nou-
veau statut à La Poste ! C’est que nos
dirigeant-es ont un problème de taille,
les pauvres : continuer à tailler à la
hache dans les emplois, tout en ayant
à leur disposition des agents qui sont à
même de faire le boulot (car contraire-
ment à ce qu’on essaie de nous fourrer
dans le crâne, il y en a !). L’utilisation
des CDD et intérimaires est une ré-
ponse à ce besoin, mais a priori insuf-
fisante pour nos patrons qui n’en ont
jamais assez.
Pour lutter contre la précarité, La Poste
a décidé d’adhérer à un Groupement
Economique Logistique (d’où le nom
de GEL, nous ne pouvions décemment
pas faire durer le suspens plus long-
temps), faisant ainsi équipe avec des
entreprises du secteur logistique. Ce
groupement est une entreprise à part
entière. La Poste propose à des salarié-
es qui ont déjà été en CDD à la Poste
de signer un CDI dans ce “GEL”, tout
en travaillant à 100% pour… La Poste.
Il y a très longtemps dans
une Poste très lointaine
Fut une époque, pas si lointaine, où La
Poste multipliait les contrats (cela al-
lait jusqu’à plusieurs centaines de
CDD pour certains agents). Plusieurs
claques prises devant les tribunaux
(souvent à l’initiative de SUD) et
quelques centaines de millions d’euros
perdus plus t**d ont obligé les direc-
tions à plus de raison (ou de vicelar-
dise) en ce domaine.
Ne pouvant plus utiliser les salarié-es
en CDD comme bon leur semble
(nombre de contrats, délai de carence)
nos directions croient donc avoir
trouvé la solution magique avec ses
contrats GEL.
Pourtant, la plus évidente aurait été
d’embaucher des CDI (la preuve de
l’évidence est que même nous nous y
avons pensé !), surtout que du boulot,
il y en a en permanence. Mais ça irait
contre le sacro-saint dogme postal :
surtout pas de création d’emploi !
C’est donc la quadrature du cercle. Et
là, La Poste vient de trouver la pierre
philosophale : l’emploi précaire per-
manent !
Le plus cynique dans tout ça c'est
que cela est présenté comme un
moyen de « déprécariser » !
La flexisécurité, l’appeau
à précaires
La proposition de ces contrats
“GEL”est peut-être tentante à pre-
mière vue, mais...
D’une part elle permet à la boîte
d’avoir des salarié-es qui ne sont pas
comptés dans les effectifs (autant
d’emplois en moins dans les bilans
comptables). D’autre part La Poste ne
s’engage pas à les conserver. En clair,
après une réorganisation, ces collègues
ne sont pas à l’abri de se retrouver en
surnombre.
Dans ce cas, le GEL en tant qu’entre-
prise s’engage à leur garantir un em-
ploi… dans un rayon de 50 km, à
comparer avec les 30 km pour les pos-
tier-es. Et si La Poste s’est engagée à
ne pas procéder à des licenciements
collectifs avant 2020, les agents sous
contrat GEL ne sont pas concernés
puisque ce groupement d’entreprises
est une entité économique à part en-
tière, qui peut donc licencier en cas de
difficultés économiques !
La Poste organise non seulement sa
propre sous-traitance avec une sorte
d’agence intérim permanente dont elle
est partie prenante, mais elle crée, de
surcroît, un statut au rabais pour une
partie du personnel.
La direction de la Branche Courrier-
Colis est d'ailleurs étrangement peu
bavarde sur ce dossier. Nous avons no-
tamment demandé la liste des entre-
prises adhérentes au GEL, hormis La
Poste (ça nous intéresse de savoir dans
quelle boîte nos collègues sont suscep-
tibles de bo**er!). Les dirigeant-es qui
nous faisaient face avaient l'air de dé-
couvrir la lune ! Quand nous faisons la
même demande dans une DSCC
concernée, on nous refuse de nous la
répondre. On nous rétorque même
qu'en tant que syndicalistes, nous
n'avons pas à y fourrer notre nez.
Quand on parle d'entourloupe !
Il est fort à parier que nous n’en
sommes qu’au début, et que les
contrats GEL se multiplieront dans les
années qui viennent. Pour Sud il est
hors de question de laisser La Poste
créer une nouvelle forme de précarité
en catimini.
Nous demandons d'ores et
déjà le passage de l'en- semble des salarié-es
sous GEL en CDI convention commune.