20/07/2026
🔴 𝗔𝗣𝗥𝗘̀𝗦 𝗟𝗔 « 𝗗𝗜𝗔𝗚𝗢𝗡𝗔𝗟𝗘 𝗗𝗨 𝗩𝗜𝗗𝗘 », 𝗩𝗢𝗜𝗖𝗜 𝗟𝗔 « 𝗗𝗜𝗔𝗚𝗢𝗡𝗔𝗟𝗘 𝗗𝗨 𝗥𝗢𝗨𝗚𝗘 »
La nouvelle carte publiée par Enedis et RTE mérite d’être regardée attentivement.
Elle fait apparaître une vaste succession de zones rouges traversant une partie de la France rurale, du nord-est vers le centre et le sud-ouest. Une géographie qui rappelle étrangement la fameuse « diagonale du vide », cette France des territoires peu peuplés, éloignés des grandes métropoles et souvent fragilisés par la disparition progressive des services publics.
Mais cette fois, le rouge ne traduit pas un manque d’habitants : il signale des secteurs où le réseau électrique rencontre désormais des contraintes pour accueillir de nouveaux projets éoliens ou photovoltaïques. Plus de 10 % du territoire national serait concerné par ces limitations.
Une « diagonale du rouge » qui interroge
Comment ne pas remarquer que les territoires aujourd’hui contraints sont souvent ceux qui ont déjà accueilli une forte concentration d’installations renouvelables ?
Pendant des années, de nombreux projets ont été développés séparément, commune par commune, sans toujours disposer d’une vision suffisamment globale :
accumulation des parcs ;
saturation des paysages ;
multiplication des files d’attente ;
capacités de raccordement progressivement réservées ;
renforcement tardif des réseaux ;
et coûts supplémentaires supportés par la collectivité.
Dans certaines zones, la saturation peut d’ailleurs être en partie contractuelle : des projets encore incertains réservent de la capacité très en amont et empêchent d’autres installations d’accéder au réseau. RTE relève ainsi qu’en Centre-Val de Loire, 52 postes sources ne pouvaient plus accueillir de nouveaux projets fin 2025, alors que le taux de concrétisation restait inférieur à 70 % sur environ deux tiers des postes dits saturés.
Le réseau finit par rappeler une réalité physique
On ne peut pas multiplier indéfiniment les moyens de production intermittents dans des secteurs ruraux où :
la consommation locale est limitée ;
les réseaux n’ont pas été conçus pour évacuer de telles puissances ;
et la production survient parfois au même moment sur de vastes zones.
La carte rouge ne signifie pas nécessairement que tout nouveau projet est définitivement interdit. Elle montre cependant que les capacités disponibles sont localement insuffisantes et que de nouveaux raccordements peuvent nécessiter des travaux, des délais, des transferts de capacité ou des limitations de production. Enedis précise que la carte concerne les contraintes d’accueil de nouveaux projets de production raccordés aux réseaux HTA et basse tension.
RTE annonce parallèlement une évolution de la gestion des files d’attente, avec le passage progressif du principe « premier arrivé, premier servi » à celui du « premier prêt, premier servi », afin d’éviter que des projets insuffisamment avancés ne bloquent durablement des capacités de raccordement.
Nos territoires ne doivent pas devenir de simples zones de production
Cette « diagonale du rouge » devrait conduire à revoir profondément la méthode :
➡️ évaluer les effets cumulés avant d’autoriser de nouveaux parcs ;
➡️ tenir compte des capacités réelles du réseau ;
➡️ privilégier les projets réellement utiles et suffisamment avancés ;
➡️ rapprocher autant que possible la production des lieux de consommation ;
➡️ ne plus considérer les territoires ruraux comme des espaces disponibles à saturer.
La transition énergétique ne peut pas être une succession de projets indépendants, sans cohérence territoriale ni planification technique d’ensemble.
𝗔𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗮𝗴𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝘃𝗶𝗱𝗲, 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗮𝗴𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝗿𝗼𝘂𝗴𝗲 𝗿𝗲́𝘃𝗲̀𝗹𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁-𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲 𝗳𝗿𝗮𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲 : 𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗿𝘂𝗿𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗼𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗼𝗹𝗹𝗶𝗰𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗿𝗶𝗰𝗶𝘁𝗲́, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝘁𝗿𝗼𝗽 𝗿𝗮𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘀𝘀𝗼𝗰𝗶𝗲́𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗽𝗮𝘆𝘀𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿.
Source: https://www.lefigaro.fr/societes/plus-de-10-de-la-france-en-zone-saturee-rte-et-enedis-limitent-le-developpement-des-eoliennes-et-des-panneaux-solaires-20260715