L’idée de ce programme est de penser la ruralité comme un lieu d’ouverture et de possibles pour des demandeurs d’asile et réfugiés qui le souhaitent, de les mettre en lien avec des familles, des associations, des professionnels du milieu rural et d’accompagner ces propositions.
Le pari est d’inventer de nouvelles pratiques d’hospitalité (à court terme ou long terme, ou en allers-retours avec la ville) et de s’appuyer sur certaines spécificités du monde rural qui peuvent devenir de vrais atouts pour des parcours d’intégration : cadre de vie plus calme après un parcours difficile, ouverture à d’autres types de métier et d’activités professionnelles, dynamisme associatif, liens avec l’économie sociale et solidaire, facilité d’accès aux élus et services administratifs, dynamisation possible des centres-bourgs avec de nouveaux projets !
N’hésitez pas à me contacter pour échanger et réfléchir ensemble aux possibilités d’action, sur toute la France pour les antennes JRS France et en Limousin (Haute Vienne - Creuse - Corrèze) pour le projet pilote en partenariat avec d’autres associations et institutions. Je suis basée pour ma part dans les Monts d’Ambazac, aux Billanges entre Ambazac et Saint Léonard de Noblat (87).
---------------------------------
1. Aujourd’hui, des propositions concrètes autour de 3 axes :
→ Les courts séjours (séjours découvertes et accueils vacances) en Limousin
AIl s’agit de proposer à des demandeurs d’asile ou des réfugiés des villes ou des CAO et CADA ruraux de passer du temps chez des familles ou personnes installées en milieu rural pour des courtes durées.
Un réseau de familles d’accueil rurales se constituent en Haute-Vienne, en lien avec Welcome Limoges et d’autres associations.
PLUS DE DÉTAILS ICI
→ JRS Jeunes Campagne en Limousin
Il s’agit de proposer des activités sur un pied d’égalité à des demandeurs d’asile - réfugiés - déboutés et à des français - locaux (stages d’activités, ateliers, journées thématiques)
PLUS DE DÉTAILS ICI
→ Antennes JRS France et Coups de pouce Ruralité (toute la France)
Il s’agit d’accompagner les antennes JRS France à ouvrir leurs activités au milieu rural (hébergement temporaire via le programme Welcome / Accueils vacances pour faire un relai avec les familles urbaines / Accompagnement à la mobilité pour les réfugiés qui souhaitent s’installer en région).
PLUS DE DÉTAILS ICI
2. Introduction et éléments de contexte
En bref, JRS Ruralité est né grâce à la mise en regard deux composantes :
d’une part, les appels nombreux de familles et structures du milieu rural désireuses d’accueillir
d’autre part, l’observation de parcours de demandeurs d’asile dans des villes plus proches du milieu rural et l’épanouissement notoire ressentis lors d’activités « à la campagne ».
Plusieurs faits récents rendent le sujet très actuel : la création des Centres d'Accueil et d’Orientation (CAO) et des Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) en milieu rural, suite au démantèlement des camps de Calais et Paris ; le questionnement de plus en plus marqué des réseaux associatifs et notamment des réseaux paysans, par rapport à la thématique de la migration ; la multiplication des programmes de mobilité géographique au sein des organismes institutionnels (DIHAL, Un toit un emploi, Clefs de France).
Nous avons rencontré de nombreuses personnes ou structures ayant manifesté le désir d’accueillir ou accueillants déjà via des programmes non spécifiquement adaptés au milieu rural comme le programme « JRS Welcome ».
Nous avons pu nous rendre compte que la ruralité imposait de fait certaines contraintes qui rendent les accueils plus difficiles (problème de mobilité, dépendance de la personne accueillie, manque d’autonomie, moins de propositions d’activités, isolement …).
En revanche, ces accueils peuvent être un succès s’ils sont pensés spécifiquement pour le milieu, avec un accompagnement particulier.
Des potentialités d’accueil ont été élaborées et accompagnées, comme par exemple des installations long terme dans des villages via la mise à disposition de logements et la mobilisation de villages autour d’un nombre restreints d’accueillis (en lien avec la FEP et le protocole de Couloirs Humanitaires).
De plus, de nombreux liens ont été construits avec des associations et/ou des partenaires institutionnels et les rencontres ont été très riches marquant le début d’une dynamique. La principale difficulté fut celle que rencontre la majorité des structures qui tentent ce type de propositions : comment recruter des candidats à la mobilité ?
En effet, que ce soit dans le cadre des programmes de mobilité géographique de la DIHAL (Délégation Interministérielle à l’Hébergement et l’Accès au Logement,) ou des propositions innovantes du milieu de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire), il est toujours difficile de trouver qui pourra intégrer un tel projet et de « convaincre » des demandeurs d’asile ayant passés des années à Paris, qu’une installation en milieu rurale est possible.
Afin de mieux comprendre la manière d’aborder ce projet, tout en restant dans l’esprit du programme JRS Jeunes (permettre aux demandeurs d’asile et réfugiés d’être mis en capacité et sur un pied d’égalité avec d’autres), des ateliers sur ces thématiques ont été construits. 📷
Il a par exemple été proposé :
Un café débat sur le thème de la ville et de la campagne, préparé par deux demandeurs d’asile (un sénégalais représentant du monde rural et un bengali représentant du monde urbain), une française et une italienne.
Une soirée thématique sur la campagne dans les différents pays a été organisé par des réfugiés et des français, toujours dans l’objectif de se confronter aux imaginaires et aux représentations que l’on peut avoir d’un côté et de l’autre, de la vie à la campagne ou à la ville, des modes de vie différents etc …
Des discussions ont été proposées lors de visite dans des CAO ruraux avec les demandeurs d’asile accueillis ainsi qu’avec les familles autour des CAO pour recueillir leur avis.
Un travail d’élaboration avec des chercheurs sur cette thématique a été (et continue d’être) mené, pour bien cerner les enjeux du programme JRS Ruralité.
Suite à cette phase, le projet a été adapté, afin de le rendre plus accessible et plus rapidement réalisable.
1er enseignement : notre objectif n’est pas uniquement de proposer des installations long-terme pour une mobilité en région, compte-tenu du fait que tous les acteurs butent sur la même difficulté : trouver des candidats à la mobilité en milieu rural. Il nous a semblé important de proposer une étape ouvrant les possibilités : faire découvrir aux demandeurs d’asile et aux réfugiés d’autres manières de vivre, via des séjours court-terme, pour que chacun se rende compte de ce que peut être une vie en milieu rural, afin d’éventuellement (et non nécessairement) envisager une installation adaptée à leur projet.
2ème enseignement : outre les installations long-terme, il est important de préciser que la ruralité offre tout un panel de possibilités aux demandeurs d’asile et réfugiés, comme pour les français/locaux : pause, vacances, week-end détente, expériences professionnelles saisonnières (cueillette, vendange, chantier …), formations, tremplins à l’arrivée …📷
L’éventail des potentialités est beaucoup plus ouvert et permet de nous concentrer non pas sur la nécessité qu’un accueil fonctionne (c’est à dire débouche sur une insertion en milieu rural) mais sur différents objectifs moins ambitieux dans la forme, mais porteurs de potentialités plus grandes.
Juste avant l’été 2018, trois courts séjours tests ont été proposés afin de démontrer cette thèse.
Taj, jeune cavalier afghan, a pu confirmer son goût pour la campagne et remonter à cheval lors de son séjour découverte dans l’Yonne en famille d’accueil.
Mamadou, jeune guinéen, a pu se reposer durant les deux mois d’été dans un petit village de l’Oise et être entouré de tout un village, tout en retrouvant le programme JRS Welcome Paris en septembre.
Ahmednur, jeune majeur originaire d’Ethiopie, a choisi, suite à son séjour découverte à Forges au Campus de la Transition Écologique et Sociale, de rester en Seine et Marne afin de commencer une formation de mécanicien et de vivre dans ce petit village en dehors de Paris.
Le programme a plusieurs objectifs, à court, moyen et long-terme. Avant de penser l’insertion durable en milieu rural, il est important de prendre en compte d’autres objectifs, qui peuvent également se suffire à eux-mêmes.
Comme tous les autres programmes de JRS et selon les valeurs de l’association, le programme JRS Ruralité se veut un moyen de rencontres entre des personnes de toutes origines, par le biais d’activités qui faciliteront les moyens d’être en action (accueil, accompagnement, activités en commun …)
En créant des liens de qualité entre des personnes ayant le désir de se rencontrer.
En accompagnant les différents acteurs selon les demandes diverses (information, accompagnement, services et solutions concrètes, orientation …) et en étant force de proposition pour des accueils adaptés à chacun.
En créant des formules concrètes et simples, cadrées et accompagnées, pour que la mobilité vers la ruralité ne soit pas une décision définitive ou trop lourde pour chacun des acteurs.
En accompagnant les antennes régionales de JRS France à réfléchir sur cette thématique pour innover dans les manières d’accueillir.
En donnant les moyens à des demandeurs d’asile de découvrir d’autres modes de vie et d’autres régions de France ; de pouvoir prendre le temps de se projeter dans des projets différents ; de se reposer, souffler, prendre un temps de pause dans des parcours difficiles, via le programme « Courts Séjours ».
En donnant les moyens à des réfugiés de se construire et de s’insérer durablement sur un territoire en veillant à proposer des solutions globales (logement + formation ou emploi + réseau social) via le « Coup de pouce Ruralité ».
En permettant aux demandeurs d’asile et réfugiés de rencontrer d’autres personnes sur un pied d’égalité, d’être mis en capacité et valorisé dans leurs compétences et leurs savoirs faire, via le programme « JRS Jeunes Campagne”
Les témoignages de l’impact positif de la présence de réfugiés dans d’autres territoires sont nombreux (enrichissement culturel, ré-ouverture des écoles, hausse de la consommation, vie associative, nouveaux projets entre des habitants qui se mobilisent …