12/04/2025
Pourquoi j’ai décidé de créer mon association
Aujourd’hui, j’ai décidé de vous raconter mon histoire. Moi, qui suis d’habitude si pudique, j’ai enfin trouvé la force de m’ouvrir, de vous parler de mon combat.
Un combat qui a commencé très jeune, avec l’arrivée de mes premières règles. J’étais encore une enfant, mais déjà les douleurs étaient insupportables. Je vomissais de douleur, je finissais aux urgences, recroquevillée pendant des jours, incapable de bouger. Et chaque fois, on me disait : “C’est normal d’avoir mal quand on a ses règles.”
Mais ce n’était pas normal.
Les années ont passé, et la douleur est devenue permanente, même en dehors des règles. Mes intestins ont commencé à lâcher. J’ai vu des dizaines de médecins. J’ai entendu tout et n’importe quoi. On a banalisé, on m’a fait culpabiliser, on m’a même dit que c’était “dans ma tête”.
Un jour, en pleurant dans le cabinet d’un gastro-entérologue, je me suis encore retrouvée face à un mur d’indifférence. Il m’a envoyé balader avec mépris, en me disant de voir un psy. Ce jour-là, j’étais perdue. Mais malgré ça, j’ai refusé d’abandonner. J’ai insisté pour voir un gynécologue. Lui aussi a douté, mais il a fini par me prescrire une IRM, presque à contrecœur.
Je n’oublierai jamais le visage de la radiologue. En voyant les images, son regard a changé. Elle m’a dit :
“Vous devez énormément souffrir, madame.”
Je lui ai demandé si ce n’était pas “dans ma tête”. Elle m’a répondu, avec force :
“Non. Ce n’est absolument pas dans votre tête.”
J’étais soulagée, mais le combat n’était pas terminé. Le gynécologue a banalisé les résultats. J’ai vu d’autres médecins, encore et encore, sans vraies réponses. Jusqu’au jour où, grâce à un groupe de femmes atteintes d’endométriose, j’ai enfin trouvé un vrai spécialiste.
Lui aussi était sceptique au début. Mais quand il a vu les images, son visage a changé. Il était choqué. Enfin quelqu’un qui me croyait, qui m’écoutait, qui allait m’aider. Ce médecin a changé ma vie. Il m’a opérée et m’a même sauvé d’un potentiel cancer du col de l’utérus.
Aujourd’hui, j’ai encore des douleurs, des séquelles au niveau de mes intestins, une anxiété que je continue de gérer. Mais je me relève. Je ne veux plus subir.
J’ai décidé de créer cette association pour que plus aucune femme, aucune sœur, aucune maman, aucune amie ne traverse ce que j’ai traversé. Pour qu’on s’entraide, pour qu’on se soutienne, pour qu’on soit enfin écoutées et respectées.
Aujourd’hui, c’est notre tour.
Ensemble, on est plus fortes.