A2PL - Société d'Art & d'Histoire des Pays Médocains

A2PL - Société d'Art & d'Histoire des Pays Médocains Informations de contact, plan et itinéraire, formulaire de contact, heures d'ouverture, services, évaluations, photos, vidéos et annonces de A2PL - Société d'Art & d'Histoire des Pays Médocains, Organisation à but non lucratif, Pôle de l'Aiguillonne, Lacanau-Océan.

L'accueil aussi spontané que sympathique dont nous avons bénéficié à Laujac de la part de Vanessa Cruse-Duboscq, qui ent...
17/06/2026

L'accueil aussi spontané que sympathique dont nous avons bénéficié à Laujac de la part de Vanessa Cruse-Duboscq, qui entretient avec détermination un patrimoine présent dans sa famille depuis bientôt 175 ans, nous aurait presque fait oublier les ardeurs du soleil en ce début d'après-midi du 13 juin : mais notre promenade était heureusement ponctuée de haltes sous les arbres et de la traversée d'espaces plus frais !

Le parcours nous a permis de découvrir l'architecture du château, d'un néoclassicisme t**dif, et l'itinéraire atypique de celui qui le fit sortir de terre : le jeune Paul Villeminot, qui acquiert Laujac à 21 ans seulement et dont toute la famille est intimement liée aux Bonaparte. Sans parvenir pourtant à achever le projet, poursuivi après lui par les familles Cabarrus et Cruse. Un passage par les pièces d'apparat pour admirer les portraits des époux Villeminot et les toiles peintes à thème mythologique, de l'Enlèvement d'Europe à la Mort d'Astyanax en passant par Achille plongé dans le Styx ; une promenade dans le parc à l'anglaise et un coup d'œil sur la plus ancienne façade préservée du château, récemment restaurée ; une halte à la sellerie pour se remémorer l'importance du cheval dans l'histoire de Laujac depuis 4 siècles ; une balade dans le village créé au XIXe siècle pour les nombreux ouvriers du domaine ; et bien sûr, l'imposant cuvier inspiré à ses employeurs par Théophile Skawinski. Les explications à la fois simples et détaillées de Vanessa Cruse et de Marc Vignau ont offert pendant cette balade une vision précise de l'histoire du domaine au cours des 200 dernières années.

Une conférence dense nous attendait ensuite, puisqu'il s'agissait à la fois de présenter l'histoire de l'abbaye de Vertheuil au XVIIe siècle, de reconstituer la vie et l'action de Lancelot de Mullet placé à sa tête pendant près de 48 ans, et de le relier au domaine par sa puissante famille. Si nos dernières recherches ont permis d'établir que ses ancêtres maternels jouissaient de droits à Laujac depuis 1483, la part belle revient au couple formé par ses parents, avec un 450e anniversaire inattendu : le rachat du fief par Arnaud de Mullet, en 1476, à la famille de son épouse, l'un des nombreux actes exhumés au fil des investigations.

Beaucoup de surprises pour les auditeurs : le récit des guerres de religion, très méconnues, qui secouèrent le Médoc à partir de 1622, auxquelles Lancelot et son frère Bertrand prirent une part directe et qui nous sont relatées par de précieux témoins ; le système qui régissait la nomination des abbés à la tête de Vertheuil, encourageant le népotisme des grandes familles ; l'extraordinaire ascension enfin de cette dynastie de parlementaires, issue d'un marchand du quartier Saint-Pierre à Bordeaux, dont le nom s'éteint au début du XVIIIe siècle au cours d'une querelle de succession ponctuée de crimes et de mystifications. Avec quelques anecdotes troublantes, comme le pardon teinté de reconnaissance dont bénéficia l'abbé à Rome pour meurtres d'hérétiques.

Fait le plus marquant : l'énergie déployée par Lancelot de Mullet pour restaurer les droits de son abbaye, puisant dans les archives de la période médiévale et combattant les prétentions des seigneurs locaux, restaurant les jardins et relevant de ses ruines la chapelle de Sagondignac, organisant la vie quotidienne des derniers religieux et défiant jusqu'aux autorités du diocèse. Une figure qui ne fit pas l'unanimité en son temps et s'épuisa à poursuivre des ambitions avortées, telle que la conquête de l'évêché de Sarlat, mais qui nourrit l'histoire de Vertheuil et incarne la fin d'une époque. La découverte de sa date de décès, restée longtemps inconnue des chercheurs, a également permis d'apprendre qu'il est l'unique abbé de Vertheuil de l'époque moderne à reposer dans le sanctuaire de l'église abbatiale.

Le propos s'est achevé par la présentation de son successeur Michel Girard, véritable agent secret des ducs d'Epernon, et sur le retour à la vie claustrale dans le monastère, dû à l'introduction de la réforme de Chancelade à partir de 1665. Le fruit de l'inventaire campanaire que nous avons mené pendant de longues années en Médoc a également été mis en lumière, avec la refonte de la grosse cloche de l'abbaye sous l'impulsion de Lancelot, l'incendie des églises de la Pointe de Grave pendant le conflit, mais aussi parce que sa mère était la dernière descendante directe du parrain de la cloche fondue en 1492 pour l'église de Saint-Laurent, que nous avons fait fait classer Monument Historique en 2017.

L'Epée pour la guerre, la Balance pour la justice, la Pourpre pour l'ambition : le titre de la conférence exprimait bien les différentes facettes de cette personnalité aussi forte que déroutante, membre d'une fratrie où les 5 garçons rivalisèrent de gloire tout en se soutenant de manière indéfectible, agissant toujours dans un esprit de clan.

Merci encore une fois à Vanessa Cruse-Duboscq d'avoir accueilli ces rencontres, à Dominique Bouhier (la Marquisette à Lesparre) pour le buffet accompagné de bouteilles de Château Laujac 2020, 2021 et 2023, et bien sûr au conférencier pour cette plongée extrêmement documentée dans le XVIIe siècle médocain, soutenue par son double regard d'historien et d'archiviste. Cela prépare de nouveaux articles à paraître en 2027 dans Terre & Mer !

Les dernières rencontres du printemps s'annoncent pour le samedi 13 juin. Rendez-vous ce jour-là à Bégadan, au château L...
21/05/2026

Les dernières rencontres du printemps s'annoncent pour le samedi 13 juin. Rendez-vous ce jour-là à Bégadan, au château Laujac, pour la conférence "L'Epée, la Balance et la Pourpre : Lancelot, abbé de Vertheuil", 3e et dernier volet des présentations que nous consacrons depuis 2022 à l'histoire de l'abbaye Saint-Pierre de Vertheuil entre le 16e et le 18e siècle.

Pourquoi Laujac ? Parce que cette propriété, dès le 16e, appartient à la famille de Lancelot de Mullet, placé à la tête de l'abbaye pendant près de 50 ans. Une figure, puisqu'il prend les rênes juste après l'apaisement suscité par la promulgation de l'édit de Nantes et entreprend de restaurer l'influence de Vertheuil, dont il défend âprement les droits contre tous les seigneurs voisins. Il relance son économie, engrange les revenus de ses dépendances - en particulier les prieurés de Margaux et de Cantenac - et fait régner une autorité sans partage qui lui vaut quelques relations conflictuelles.

Mais Lancelot est également un guerrier, qui n'hésite pas à combattre physiquement, pour refouler hors du Médoc les armées protestantes, et un homme ambitieux, à l'instar de ses quatre frères, se mettant non sans difficultés en quête d'un évêché, ce qui le plongera dans une querelle portée jusqu'au conseil privé du roi.

La conférence permettra donc de découvrir à la fois l'histoire de Vertheuil du règne d'Henri IV à celui de Louis XIV, jusqu'à l'introduction de la réforme de Chancelade, mais aussi de dévoiler la saga mouvementée de la famille de Mullet, devenue en très peu de temps surpuissante en Médoc, où elle détient les châteaux de Laujac, de Bessan, de Tartuguière (aujourd'hui Tour Prignac), et bien d'autres terres encore, conservées par leurs descendants jusqu'à l'époque napoléonienne.

Une promenade commentée permettra au préalable de découvrir Laujac, qui conserve toutes les caractéristiques des domaines d'antan voués à la polyculture et maintient la tradition de l'élevage (celui des chevaux, en particulier, s'y est maintenu pendant des siècles) ; mais aussi d'apprécier l'architecture du château, édifié en plusieurs étapes à partir du Premier Empire dans un style pour ainsi dire unique en Médoc, enserré dans l'écrin d'un parc romantique. Nous découvrirons l'histoire des familles qui l'ont possédé au 19e siècle : les Villeminot, les Cabarrus et les Cruse, qui en sont toujours les actuels propriétaires.

Une propriété privée de plusieurs centaines d'hectares isolée en pleine nature qui nous offre un cadre unique, et une très belle journée en perspective pour approcher à titre exceptionnel un pan du patrimoine médocain, et enrichir ses connaissances au sujet de l'abbaye de Vertheuil sur laquelle nous ne cessons de découvrir de nouveaux documents.

Nous remercions la famille Cruse d'ouvrir avec une grande amabilité les portes du domaine, ce qui est rare, à la Société d'Art et d'Histoire.

Inscription obligatoire, avec priorité aux adhérents (y compris tout nouvel adhérent) : sur HelloAsso au moyen du lien ci-dessous, ou en s'adressant directement à l'association pour recevoir le bulletin de participation. ATTENTION, la journée est limitée à 50 places, que nous atteignons toujours rapidement. Manifestez-vous au plus tôt pour ne pas avoir de regrets ! La clôture des inscriptions est prévue pour le 8 juin, mais nous sommes souvent amenés à les suspendre plusieurs jours avant la date butoir.

https://www.helloasso.com/associations/a2pl-societe-d-art-et-d-histoire-des-pays-medocains/evenements/inscription-journee-laujac-13-06-2026-1

A quelques jours d'annoncer la prochaine visite-conférence de l'année 2026, nouvelle incursion dans les rubriques de Ter...
16/05/2026

A quelques jours d'annoncer la prochaine visite-conférence de l'année 2026, nouvelle incursion dans les rubriques de Terre & Mer pour présenter celle que nous avons baptisée "Itinéraire", consacrée à la découverte approfondie d'un lieu qui se distingue par ses origines, sa situation géographique, ses particularismes : la photographie historique d'une portion de territoire médocain.

Au sommaire du premier numéro, l'avènement de Naujac (renommé Naujac-sur-Mer en 1884), l'une des dernières communes, avec celle du Verdon, à avoir été créées en Médoc au XIXe siècle. Contrairement à la plupart des autres érigées en 1790, elle n'a pas directement succédé à une paroisse, circonscription administrative de base dans l'Ancien Régime : son territoire, presque intégralement constitué de landes ("les plus sauvages de la contrée", dit-on encore en 1871), était inclus dans celui de Gaillan, dont le bourg est éloigné de 10 km. Cette distance est l'une des raisons majeures qui conduisirent les populations locales, sociologiquement distinctes et particulièrement irritées de ne bénéficier d'aucune retombée de leurs impôts, à conquérir leur indépendance. Un long processus, qui mit une quinzaine d'année à aboutir, jusqu'à la création d'une nouvelle commune par voie législative en 1865.

L'article s'attache à restituer la physionomie de Naujac avant sa fondation proprement dite, et fait ainsi découvrir un minuscule village typiquement "landescot", où l'apiculture joue un grand rôle, largement accaparé par de grands propriétaires lesparrains qui y possèdent déjà au XVIIIe siècle de vastes métairies. L'endroit ne se démarque que par la présence d'une chapelle à dire vrai particulièrement misérable, dédiée à saint Martial, ne servant qu'aux dévotions locales et dont le service facultatif est délégué avec indifférence par les curés de Gaillan successifs à leur vicaire. Mais il est particulièrement intéressant à ce sujet de découvrir de quelle façon les pétitionnaires surent jouer de la reconquête spirituelle menée en ce XIXe siècle par le clergé du diocèse pour soutenir leur projet : la création d'une nouvelle paroisse distincte de celle de Gaillan, dès 1852, puis la construction d'une église en partie financée par souscription, confiée à l'architecte médocain Edouard Bonnore et bénie en 1862, est à la fois le prélude et le support à l'érection de la commune de Naujac. Ces circonstances seules expliquent qu'un si maigre hameau occupé par une poignée de familles ait été préféré comme chef-lieu à son voisin Magagnan, plus peuplé, plus riche, et mieux situé sur un axe de circulation reliant le secteur des lacs à Lesparre. Elles font encore aujourd'hui de Naujac l'un des rares bourgs "cachés" du Médoc, à l'écart des grandes voies de passage.

Une naissance marquée par de fortes tensions, car comme le démontre l'article et la cartographie qu'il propose, l'émergence de Naujac n'a rien de commun avec celle du Verdon qui s'émancipera de Soulac 9 ans après elle : il ne s'agit pas d'une partition, mais d'une création ex nihilo, par démembrement de quatre communes voisines (Gaillan, Hourtin, Lesparre et Vendays). Et le fait de se voir arracher des hectares d'espace utile aux activités pastorales déclenche de féroces oppositions, en particulier de la part du voisin hourtinais, déjà meurtri par un conflit similaire avec Carcans et son long procès avec les héritiers des ducs de Gramont, anciens seigneurs de la terre de Lesparre. Si les décideurs, dans les premiers temps, ne se montrent pas favorables au projet, arguant du manque de ressources de la future commune pour se doter de bâtiments publics et dénonçant une ingérence des autorités religieuses dans le dossier, tout bascule avec la nouvelle enquête administrative de 1864, dont les conclusions lui sont chaudement favorables.

En rassemblant de nombreuses habitations isolées, en enlevant Magagnan à Lesparre, Vignolles ou Lizan à Hourtin, Gloyac ou Taste Corneille à Gaillan, ou encore la Bresquette à Vendays, est donc formée une commune nouvelle dont le petit bourg appelé à se densifier autour de l'église à peine bâtie et vouée désormais à sainte Philomène (qui attendra 30 ans son clocher et ses vitraux) devient le centre. L'année suivante, le 17 septembre 1865, est installé le premier conseil municipal de Naujac, et l'article relate les circonstances assez agitées dans lesquelles la vie politique et publique se met en place, avec un premier maire atypique, Augustin Déchelle : un bonapartiste non-résident, qui y mène l'expérience de la création d'un domaine viticole, et qu'impose la préfecture en vertu d'une loi électorale alors très antidémocratique. Il faut attendre la chute du Second Empire pour voir un habitant de souche, Jean Plantieu, prendre les rênes.

"Naujac avant Naujac : naissance d'une commune", dans la rubrique "Itinéraire" du premier numéro de Terre & Mer, pp. 102 à 111 : une redécouverte complète de l'histoire d'un village de la lande médocaine différent des autres, à lire pour explorer le Médoc d'autrefois tout en s'expliquant sa physionomie d'aujourd'hui.

Alors que le n° 2 de Terre & Mer se prépare, revenons sur la rubrique "Grand Angle" du numéro d'octobre, consacrée à la ...
28/04/2026

Alors que le n° 2 de Terre & Mer se prépare, revenons sur la rubrique "Grand Angle" du numéro d'octobre, consacrée à la venue de Jean Jaurès à Lesparre en mars 1904, qui fait également la couverture. Rubrique qui met en lumière événements et grands projets fondateurs ou structurants dans l'histoire médocaine, du point de vue institutionnel, économique, sociétal, explorant les racines du territoire.

Cet article était l'occasion de dresser un tableau de la situation politique du Médoc au début des années 1900, alors que bon nombre de communes ont basculé dans le camp républicain depuis moins de vingt ans. Un recul progressif des monarchistes et des bonapartistes, mais une persistance de l'ancrage à droite : les circonstances agitées qui entourent la venue du célèbre député du Tarn, ainsi que le résultat des élections municipales, cantonales et législatives de la période, suffisent à le démontrer, et c'est absolument à tort que l'on qualifie le Médoc de terre "historiquement à gauche". Il s'est au contraire imposé longtemps comme un bastion réactionnaire.

L'article s'attache donc à montrer comment, dans ce contexte, s'est dressée l'une des premières figures progressistes : celle du pharmacien Louis Villot, successivement installé à Lesparre et à Soulac, jusqu'à tenter sa chance aux élections cantonales de 1928 pour Saint-Vivien. Personnalité incontournable dès son installation en 1890, pilier de la vie sportive et associative, cet homme de convictions, aux origines modestes, est avant tout un militant "comme on n'en fait plus", selon la formule consacrée : ardent soutien de Dreyfus, engagé en faveur des droits de l'homme dans la mouvance de Ludovic Trarieux, porte-drapeau des revendications cheminotes, fondateur à Bordeaux d'une pharmacie coopérative dans les quartiers défavorisés, investi dans la question scolaire. Energique et doté de remarquables capacités d'organisation, il est, à la veille des municipales de 1904, l'artisan de la venue de Jaurès.

Le récit des entraves apportées à ce "meeting" avant la lettre est un véritable roman, entre une municipalité lesparraine des plus tièdes refusant de se compromettre, les menaces faites aux hôteliers qui accepteraient d'accueillir le banquet, et un député - l'aristocrate rallié à la République Henri du Périer de Larsan - accusé d'inciter les autorités locales à recourir à la force armée pour contenir d'hypothétiques débordements : c'est finalement une grange aux portes de la ville qui accueille la réunion publique et les agapes. Un succès de fréquentation, qui permet à Jaurès, déjà ovationné la veille au Cirque de la Grave à Bordeaux, de développer les grands thèmes qui lui sont chers (nationalisation des industries, justice fiscale, pacifisme) tout en cherchant à rassurer une population médocaine encore largement dominée par une paysannerie méfiante, convaincue que ces "rouges", s'ils prenaient le pouvoir, redistribueraient les terres.

La violence de la presse à cette occasion suffit à traduire le climat de tension, mais le combat reste axé sur les idées, loin des dérives de l'actuelle politique spectacle et du dénigrement des personnes. On reste également frappé par l'ampleur des foules qui, en 1900, se déplacent pour assister au débat public et s'exprimer dans les urnes, conscientes de leurs droits, disposées à apprendre, et surtout, épargnées par la surmédiatisation : à l'heure où l'on parle couramment de crise de régime, de records d'abstention et de recul citoyen, le parallèle n'est pas en faveur du XXIe siècle.

Si le discours de Lesparre fut, dans l'immédiat, un coup d'épée dans l'eau (le résultat des élections de 1904, peu après l'événement, s'avérant localement des plus décevants pour la gauche), il n'en reste pas moins que Louis Villot, en invitant régulièrement de grands noms dans le Nord-Médoc (Jaurès, mais aussi Calixte Camelle, Amédée Saint-Germain, ou Lucien Victor-Meunier), a participé à quelque chose d'essentiel : le pluralisme, faisant germer des idées qui contribueront à dessiner, dans un territoire encore largement figé, une carte politique moins uniforme, gage de démocratie.

"Quand Villot rencontre Jaurès : les débuts du socialisme autour de Lesparre " : à lire dans la rubrique "Grand Angle" du n° 1 de la r***e Terre & Mer, Archives et Patrimoines du Médoc.

L'association affine en ce moment sa réflexion sur le sujet de son 7e cycle thématique de visites-conférences, qui succé...
18/04/2026

L'association affine en ce moment sa réflexion sur le sujet de son 7e cycle thématique de visites-conférences, qui succédera fin 2026 et tout au long de 2027 au dernier en date, "Le Temps du Voyage et de l'Aventure", dédié aux grands voyageurs médocains et clôturé à Margaux en juin dernier.

Dans l'attente, plusieurs journées indépendantes sont organisées, et nous avons vécu, le 3 avril, notre conférence annuelle dédiée aux femmes dans l'histoire du Médoc. Nous étions reçus par le château Loudenne pour une fresque historique du XIVe au XVIIIe siècle basée sur les parcours de vie des dames de la vicomté de Castillon, cette forteresse détruite au XVIIe qui régnait autrefois sur Saint-Christoly et Saint-Yzans-de-Médoc.

Nos remerciements vont d'abord à Sophie et Christophe Gouache, nouveaux propriétaires de Loudenne depuis 2022, qui sont immédiatement entrés dans notre dynamique et ont accueilli avec autant d'intérêt que de naturel le projet que nous formions. C'est un plaisir d'organiser de telles rencontres lorsque les portes d'un domaine viticole riche d'histoire s'ouvrent aussi spontanément, avec une volonté de soutenir les initiatives culturelles.

Les gouttes de pluie se sont invitées en début d'après-midi, ce qui n'a sans doute pas permis de profiter pleinement de la découverte du parc et du port de Loudenne, mais nous étions heureusement très loin de la tempête qui avait gâché en 2018 notre excursion en attelage au château Lanessan ! Et tous ceux qui souhaiteront revenir à Loudenne un jour de grand soleil savent désormais qu'ils seront reçus avec une amabilité qui contraste agréablement avec les grilles fermées ou la froideur commerciale auxquelles nous nous heurtons encore trop souvent.

La conférence nous a beaucoup éclairé sur la répartition et l'utilisation des sources de l'histoire médiévale du Médoc, pour restituer les étapes de la vie de Marguerite de Gironde, de son enfance à La Réole à son mariage avec Pons de Castillon en 1310, et de son veuvage précoce à la défense acharnée des droits de son fils unique. Et cela jusqu'à la confiscation de Castillon, dont la bru de Marguerite, Jeanne de Cazeneuve, s'ingénia à obtenir la restitution. Les déchirements familiaux causés par les prises de position des uns et des autres au cours de la Guerre de Cent Ans, et le véritable "turn-over" à la tête des fiefs médocains dont les seigneurs étaient tantôt dépossédés tantôt nantis, ont fortement marqué ce XIVe siècle. Nous avons également découvert l'étroite union personnelle de Castillon et du château de Lamarque, dont les destins ne se séparent définitivement qu'à la fin du XVIe.

Jeanne de Lescun, un peu plus t**d au XVe siècle, puis Marthe de Verteuil, dans la première moitié du XVIIe, nous ont permis d'appréhender d'autres périodes troublées et d'autres itinéraires féminins : la lutte menée par Jeanne et sa jeune sœur, après la Guerre F***e, contre la famille de Foix-Candale qui tente de leur ravir leurs biens par l'entremise d'un mariage forcé, et le sort de Marthe, contrainte, en pleine recrudescence des guerres de religion et à moins de 18 ans, d'épouser un veuf à la réputation de Barbe bleue, nous ont fait avancer dans le temps jusqu'au démantèlement de Castillon. A noter, la redécouverte d'un document prouvant que la démolition complète du château avait été exigée beaucoup plus t**d qu'on ne le croit, par Louis XIV.

L'intervention s'est terminée par le parcours sans doute le plus touchant, humainement parlant, mais aussi le mieux connu dans le détail par les recherches du conférencier, déjà présentées en 2015 : celui de Madeleine de Vignial, "l'âme de Loudenne", prise entre la forte personnalité d'un père remarquable totalement dévoué aux ducs d'Epernon, et celle d'un époux avec lequel son union tourne au drame conjugal. La force de caractère et la résilience de cette femme, qui parvient à échapper à l'emprise après 18 ans d'humiliations, reconquiert l'héritage paternel et revendique son titre de vicomtesse de Castillon, puis met tout en œuvre pour racheter Loudenne dont la beauté du site la subjugue et qu'elle transmettra à Jean-Baptiste, son fils préféré, présentaient des accents résolument modernes et ont parfois rendu les yeux quelque peu humides. L'émotion, dans les murs où elle vécut, était présente, jusqu'au récit de son enterrement dans le tombeau de son père.

C'était également l'occasion de dévoiler le fruit de nombreuses recherches novatrices sur l'histoire des lieux dans des temps plus anciens, en faisant émerger des personnages tels qu'Arnaud Dufau ou encore Josué de Labat, sieurs de Loudenne et vassaux de Castillon, et d'insister sur le poids du protestantisme dans cette région du Médoc.

Nous avons une fois encore atteint en peu de temps le numerus clausus de 50 personnes, preuve que le succès des visites-conférences de la Société d'Art et d'Histoire (il s'agissait de la 53e) ne se dément pas. Encore une fois merci à toutes les personnes présentes et à la famille Gouache, ainsi qu'au traiteur, Dominique Bouhier (la Marquisette à Lesparre), dont la fougasse au grenier médocain a accompagné la dégustation des vins de Loudenne.

Prochain rendez-vous le 13 juin, avec ouverture des inscriptions vers le 20 mai : le site, ses paysages et le thème nous promettent là encore une très belle journée, portée par un nouvel accueil chaleureux.

25/03/2026

Nous devons stopper plusieurs jours avant la date prévue les inscriptions pour la visite-conférence au château Loudenne le 3 avril prochain. Le programme a rencontré un franc succès, et nous atteignons déjà la limite de 50 personnes fixée par nos hôtes en termes de capacité d'accueil.

Tous ceux qui ont déjà fait parvenir leur inscription ou se sont manifestés par mail depuis lundi pour signaler un envoi postal ont bien été pris en compte : pas d'inquiétude.

Nous pouvons toujours enregistrer de nouvelles demandes, mais uniquement sur liste d'attente et donc sous réserve de confirmation (des désistements étant toujours possibles).

Ces circonstances surviennent de plus en plus souvent, ce qui confirme qu'il est toujours préférable de réagir très vite pour s'inscrire, dès la diffusion de l'information !

Merci à tous les participants de leur présence et de leur fidélité.

Les inscriptions sont ouvertes pour les premières rencontres de l'année 2026, qui auront lieu à Saint-Yzans-de-Médoc au ...
13/03/2026

Les inscriptions sont ouvertes pour les premières rencontres de l'année 2026, qui auront lieu à Saint-Yzans-de-Médoc au château Loudenne.

Comme chaque année, dans le prolongement de la Journée internationale des droits des femmes, nous consacrons une conférence à une ou plusieurs figures féminines de l'histoire du Médoc. Après Catherine Binaud en 2025 au château d'Agassac, nous prenons cette fois la direction du nord avec l'intervention "Trois siècles de luttes et de pouvoir : les Dames de la vicomté de Castillon" qui proposera une grande fresque depuis le Moyen Age.

Cette seigneurie, qui englobe le territoire des communes de Saint-Christoly et de Saint-Yzans, a été marquée jusqu'au XVIIe siècle par la présence d'une forteresse d'une certaine importance stratégique sur le fleuve. Après son démantèlement et par le jeu de mutations sous le règne de Louis XIV, Loudenne, fief vassal du château de Castillon, en devient de fait le siège : les deux sites, distants de quelques kilomètres à peine, sont étroitement liés.

Nous partirons du XIVe siècle avec Marguerite de Gironde, mariée en 1310 à Pons de Castillon, pour décliner quatre parcours féminins jusqu'à Madeleine de Vignial, l'âme de Loudenne, au début du XVIIIe. Nous avions déjà, en 2015, présenté le parcours de cette épouse bafouée, qui se battit pour reconquérir l'héritage paternel.

Cette fois-ci, nos rencontres seront axées sur le rôle de dame de fief exercé par ces femmes dans des modèles de société dominés par l'élément masculin et dans un contexte souvent guerrier, depuis la guerre de Cent Ans aux dernières guerres de Religion qui secouèrent le Médoc à l'époque de Louis XIII en passant par la "Guerre F***e" à l'aube de la Renaissance. Comme toujours, l'histoire régionale et locale vient se connecter aux grands événements et enjeux nationaux.

Une belle occasion de découvrir pour le Médoc les sources de l'histoire médiévale et moderne conservées en France ou à l'étranger.

L'inscription à cette journée se fait sur le site HelloAsso au moyen du lien suivant :

https://www.helloasso.com/associations/a2pl-societe-d-art-et-d-histoire-des-pays-medocains/evenements/inscription-journee-loudenne-03-04-2026

La participation étant limitée à 50 personnes, une priorité est observée en faveur des membres de la Société d'Art et d'Histoire (y compris pour toute nouvelle adhésion). Les non adhérents peuvent s'inscrire également dès à présent, mais une confirmation ne pourra leur être apportée qu'à la clôture des inscriptions le 28 mars, dans la limite des places disponibles et dans l'ordre des enregistrements.

Présentation aujourd’hui d'une nouvelle rubrique de Terre & Mer : Archéo.L’intitulé pourrait se passer de commentaire, m...
05/03/2026

Présentation aujourd’hui d'une nouvelle rubrique de Terre & Mer : Archéo.

L’intitulé pourrait se passer de commentaire, mais une précision s’impose : il ne s'agit pas d’aborder des questions d’archéologie pure (à chacun sa spécialité), mais davantage l’histoire de la démarche archéologique en Médoc. Comment le passé de la presqu’île a-t-il été envisagé à partir des XVIIIe et XIXe siècles ? Quel regard a-t-on porté sur les temps les plus lointains, en particulier les périodes antique et médiévale ? Edifices et vestiges ont-ils été protégés et étudiés, ou bien au contraire négligés ou détruits, et dans quel contexte ?

Dans ce premier numéro, coup de projecteur sur le site disparu de Sagondignac à Saint-Germain-d’Esteuil, redécouvert et rapidement anéanti dans la seconde moitié du XIXe. Son histoire a donné lieu à de nombreuses interprétations erronées qui persistent localement, bien que plusieurs sommités, dès cette époque, aient déconstruit les fantasmes suscités par des écrits hasardeux. D’un côté, Jacques Baurein, Anatole Pépin d’Escurac, l’abbé Raby ; de l’autre, Charles Desmoulins, Ernest Berchon ou Abel Hovelacque. En jeu : le mythe des « Mérovingiens du Médoc » et l’affaire des crânes prélevés dans les sépultures, aujourd’hui conservés dans les collections du Musée de l’Homme à Paris.

Une enquête que l’on suit pas à pas, et qui permet de saisir la manière dont se crée et s’enracine une fable historique difficile à extirper ensuite. Elle invite à développer son esprit critique face aux sources secondaires que constituent les textes des érudits d’autrefois, dont la valeur est très inégale et l’intention parfois faussée. En effectuant la synthèse des investigations menées à partir de 1859, mais aussi en dévoilant de nouveaux documents relatifs au site à l’époque révolutionnaire ou à l’historique du domaine de la Tour voisin de Sagondignac et de ses propriétaires, dont la famille de Mauriac fort mal connue, l’article recadre un certain nombre de faits et s’efforce de restituer une chronologie.

De l’ancienne église mentionnée au XVe siècle à la chapelle entretenue et desservie jusqu’en 1789 par les abbés et chanoines de l’abbaye de Vertheuil, l’endroit, longtemps marqué par la présence d’un tertre énigmatique, a subi bien des avatars avant de disparaître. Il témoigne aussi de la force de l’oubli, puisqu’en à peine quelques générations, il s’était suffisamment effacé des mémoires pour autoriser les délires que suscita sa résurgence sous le Second Empire.

Le patrimoine n’est pas seulement ce qui reste visible, mais aussi tout ce qui s’est perdu après avoir imprégné le paysage durant des siècles. C’est à ces explorations que nous convie cette section de la r***e.

« L’épopée des crânes de Sagondignac » : à découvrir dans la rubrique Archéo de Terre & Mer, pages 66 à 75.

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Lacanau-Océan
33680

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