04/05/2026
Voilà, c’est son dernier voyage.
Il n’avait pas de nom… ou peut-être que si.
Pour l’accompagner lors de son dernier voyage, je l’ai appelé « petit bonhomme ».
Je lui ai chuchoté de ne pas avoir peur, combien il était beau, combien il avait été courageux et combien il comptait pour moi.
Petit bonhomme nous avait été signalé.
Il était gravement blessé à l’une de ses pattes, et cela depuis plusieurs semaines… mais impossible de le capturer.
Hier, ça a été la course de trop. La douleur était trop grande.
Petit bonhomme n’a pas fui, ou alors un tout petit peu.
Trop faible pour lutter.
Son corps est squelettique, sa bouche dévastée et sa blessure envahie par la vermine.
Il a poussé un petit miaulement de douleur et d’épuisement, puis s’est laissé faire.
Aujourd’hui, je vois dans son regard qu’il ne veut pas lutter.
Moi, je m’accroche, mais je sais que nous sommes arrivées trop t**d pour lui.
Alors, je lui parle et lui dis encore et encore que c’est le plus beau, que je vais rester près de lui.
Sa tête au creux de ma main, son petit corps enveloppé dans une couverture…
Lui, moi et le silence… il est parti sans un bruit.
« Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles… »
Adieu, petit bonhomme.
Adieu, petit prince.