02/08/2026
✨ Romy Alizée et Angélin Girard en résidence aux Refuges de l'Olan et de Chabournéou juillet 2026
Romy Alizée : " Tout d'abord il m'a fallu trouver mon rythme ; comprendre à quels moments j'allais pouvoir écrire pour ne pas me retrouver au milieu des randonneurs. J'ai voulu m'intégrer au plus près de la vie du refuge en aidant à certaines tâches et en choisissant d'aller arpenter le cirque à des horaires plus calmes. J'avais besoin d'être de ce côté-là de l'immersion. Ma journée-type a fini par ressembler à ça : petit-déjeuner, écrire une heure, yoga, déjeuner, photos, goûter, écriture, soirée avec l'équipe (= shift en plonge !). Je savais qu'Angélin vivait sa propre expérience de son côté, qu'il n'y avait rien d'autre à chercher qu'être là, présente, et de constater ce qui imprégnait mon écriture. Pour la partie photographique, j'ai immédiatement voulu jouer avec les torrents et les névés, en pleine fonte et chaque matin différents. J'ai pensé que mon état mental allait lui aussi évoluer au gré des journées. Mes images les plus risquées ont donc toutes été prises la veille de mon départ ; lorsque je me sentais appartenir au cirque de l'Olan."
Angélin Girard : "Chaque jour, je découpais ma journée en différents moments clés.
Le matin, après un petit-déjeuner collectif avec les randonneurs et randonneuses, je partais marcher quelques heures. Je voulais éprouver dans mon corps les alentours du refuge. Parfois, je suis parti même avant l’aube, pour profiter du réveil de la montagne. Les lumières de l’aube et du crépuscule ont le pouvoir de m’émerveiller à chaque fois. Pendant mes randonnées, j’ai pris beaucoup de notes vocales.
Après le déjeuner avec l’équipe du refuge, je m’installais sur un gros rocher près du torrent de Chabournéou où, durant une bonne partie du reste de la journée, j’écrivais à Romy ou je lisais. Écrire depuis le plateau du Roux, à 10 minutes du refuge, m’a donné l’impression de pouvoir ralentir le temps. Ce temps suspendu, passé en altitude a fait émerger des réflexions et des épiphanies que je n'aurais sans doute pas pu me formuler autrement. J'y ai écrit plusieurs lettres qui dessinent progressivement les contours d'un récit personnel sur ma relation avec la randonnée en montagne.
En fin d’après-midi, je retournais souvent me promener au départ du plateau, suivant le torrent et essayant de m’approcher au plus près du glacier de Chabournéou. J’ai alors pris plusieurs photos de mon corps, fondu dans le paysage.
Romy était constamment dans un coin de ma tête : c’est à elle que je destinais mes pensées. Le soir, je regardais le soleil se coucher derrière l’Olan, au pied duquel elle se situait."