10/06/2026
Nous sommes le seul pays au monde qui massacre les loups avec des armes de guerre. Oui car une carabine de chasse avec une lunette à visée thermique est une arme quasi militaire.
Alors que pour les vrais éleveurs qui gardent et qui protegent leurs moutons avec les Patous, le loup n' est absolument pas un problème.
Alors à quoi rime cette tuerie de la honte de notre biodiversité, où le loup occupe une place de première importance pour l' équilibre de l' écosystème qui est gravement menacé.
Le 27 mai, l'Assemblée nationale a adopté un amendement autorisant, sous certaines conditions, des chasseurs formés à utiliser des lunettes thermiques pour le tir du loup de nuit.
Jusqu'à présent, cet équipement était réservé aux agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) et aux lieutenants de louveterie. Il faut désormais respecter ces trois conditions :
- Être titulaire d'un permis de chasser valide ;
- Avoir suivi une formation dispensée par l'Office français de la biodiversité (OFB) ;
- Avoir déjà participé à une ou plusieurs opérations de louveterie, c'est-à-dire des opérations officielles de régulation encadrées par l'État.
Ajoutons aussi celles-ci : ce permis à une durée de trente jours et est valable uniquement dans les communes où les opérations concernées ont lieu.
Le gouvernement s'est opposé à cette mesure, invoquant des enjeux de sécurité publique liés à l'utilisation de dispositifs thermiques de nuit.
De leur côté, plusieurs associations de protection de l'environnement et certains partis politiques dénoncent un risque de banalisation des tirs sur une espèce dont la protection reste encadrée par le droit européen.
Et puis, on ne laisse strictement plus aucune chance à l'animal dans ce cadre, il faut le dire.
Les lunettes thermiques offrent une capacité de détection considérablement accrue dans l'obscurité. Leur utilisation répond à une logique d'efficacité, mais elle soulève aussi une question de principe, concernant l'usage d'équipements issus du monde militaire ou de la surveillance spécialisée pour la destruction d'une espèce, qui plus est protégée.
Depuis plusieurs années, les plafonds de prélèvements ont été relevés, les conditions de tirs ont été progressivement assouplies et, au niveau européen, la Commission a engagé une réflexion visant à abaisser le niveau de protection du loup au regard de l'augmentation de ses populations.
Pris isolément, chacun de ces ajustements peut sembler limité. Mis bout à bout, ils dessinent une évolution plus profonde : le loup passe progressivement du statut d'espèce strictement protégée à celui d'espèce dont l'éradication devient de plus en plus acceptée, voire incitée, politiquement.
Cette proposition doit encore être examinée au Sénat.
(source en commentaire)
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