31/05/2026
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui, ce qui est grave, c'est que beaucoup de personnes n'osent plus parler. On a envie de dénoncer certaines situations, d'alerter sur ce qui ne va pas, mais on sait que cela peut se retourner contre nous.
Quand des professionnels dénoncent des dysfonctionnements dans une institution, ils parlent souvent de surcharge de travail, de manque de moyens, de manque de personnel et d'injonctions contradictoires. Ils expliquent que les belles valeurs affichées sur le papier sont parfois bien éloignées de la réalité du terrain.
La vérité, c'est que dans de nombreuses structures, les équipes font ce qu'elles peuvent avec les moyens qu'elles ont. Les professionnels manquent souvent de formation, d'accompagnement, de supervision et de soutien pour exercer correctement leur métier.
Alors non, il ne faut pas systématiquement pointer du doigt les salariés. La responsabilité est aussi celle des directions et des décideurs qui ne donnent pas toujours les moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour assurer un accompagnement de qualité.
Quand les conditions de travail se dégradent, ce sont les professionnels qui souffrent, mais aussi les personnes les plus vulnérables qui en subissent les conséquences.
Il est temps d'écouter ceux qui sont sur le terrain et de donner aux structures les moyens de remplir réellement leurs missions.
Mais soyons lucides, cela ressemble aujourd'hui davantage à un vœu qu'à une réalité. Tout laisse penser que les moyens supplémentaires tant attendus ne viendront pas. Pire encore, de nombreux acteurs du secteur craignent de nouvelles restrictions budgétaires dans les années à venir.
Si rien ne change, les difficultés actuelles risquent de s'aggraver, davantage de fatigue pour les professionnels, davantage de tensions dans les établissements et, au bout de la chaîne, un accompagnement toujours plus difficile pour les personnes qui en ont le plus besoin.
Fermer les yeux sur cette réalité ne la fera pas disparaître. Il est temps d'ouvrir le débat et de regarder la situation telle qu'elle est.
Aicha Ghembaza présidente de l'association AutisMeGuider
https://autismeguider.fr/