10/04/2026
À Montjoie, le jour de Pâques ne ressemblait jamais à aucun autre. Cette année-là promettait d’être particulièrement… mémorable.
Dès l’aube, les petits Gaulois couraient dans tous les sens, les doigts encore tachés de peinture.
Les œufs qu’ils avaient décorés étaient exposés fièrement sur la place du village: rayures colorées, pois approximatifs, dessins mystérieux (dont un censé représenter un sanglier mais ressemblant davantage à une chaussette).
"C’est moi qui ai fait le plus beau!" criait l’un.
"Même pas, le mien brille!" rétorquait une autre en secouant un œuf couvert de miel collant.
Mais très vite, l’attention générale fut détournée par un sujet bien plus sérieux: la cloche de Pâques en chocolat.
Posée sur une table, brillante et imposante, elle attirait tous les regards.
"C’est clairement celle que les enfants ont vue!" affirma un adulte.
"Pas du tout! Ils ont dit qu’elle était PLUS GROSSE!" répliqua un autre.
"Et plus brillante!"
"Et plus… clochée!"
En quelques secondes, le débat prit une tournure dramatique.
Les voix montèrent.
Les bras s’agitèrent.
Et comme souvent à Montjoie…
…on installa un ring, juste devant l’église.
Les adultes commencèrent à se chamailler, gentiment au début, puis avec un peu trop d’enthousiasme.
Les enfants, eux, regardaient le spectacle avec de grands yeux.
"C’est normal ça?" demanda une petite.
"Oui oui, c’est la tradition", répondit un garçon en croquant un œuf.
À chaque coup un peu appuyé, le sol vibrait légèrement… et, sans que personne n’y prête vraiment attention, quelques ardoises commencèrent à glisser du toit de l’église.
Tac.
Puis une autre.
Tac.
"Oh !"
"…C’est rien, ça doit être le vent." dit un gaulois, cervoise à la main.
La tension montait.
La cloche en chocolat était désormais au centre de toutes les convoitises.
C’est alors qu’un silence soudain s’abattit sur la place.
Une silhouette imposante venait d’apparaître.
Le chef de la tribu.
Bras croisés. Regard sérieux. Présence indiscutable.
Il s’avança lentement jusqu’au centre du ring.
Le chef observa la cloche en chocolat, puis les enfants, puis les adultes un peu essoufflés.
"Les enfants ont décoré les œufs. Les enfants ont vu la cloche. Donc…"
Suspense total.
Silence.
Puis un enfant leva la main:
"Mais… on peut la manger?"
Le chef esquissa un sourire.
"Voilà une excellente décision collective."
Derrière eux, une dernière ardoise tomba discrètement du toit.
"Bon… quelqu’un s’occupe de ça demain?" lança une voix.
Mais déjà, plus personne n’écoutait.
Le lendemain, afin de "garder une trace officielle des événements", un gaulois particulièrement sérieux alla déposer une main courante auprès de la gendarmerie du coin.
Il y décrivit avec précision: un différend majeur autour d’une cloche en chocolat, une altercation collective dans un ring improvisé et quelques ardoises "légèrement descendues toutes seules".
Le gendarme, après avoir relu deux fois, dit simplement: "situation typiquement gauloise. À surveiller..."
À Montjoie, après tout, les priorités étaient claires:
Pâques... le chocolat… les disputes… et le reste, on verra plus t**d. 🍫
Toute ressemblance avec des situations gauloises existantes ne saurait être que purement fortuite… ou dû à un léger excès de chocolat. 🍫