19/10/2026
Depuis plusieurs jours, des centaines de milliers de personnes de tous âges se mobilisent partout dans le pays. Cette mobilisation est massive, joyeuse, solidaire et pleine d’espoir. Elle porte des demandes réelles et justifiées : de meilleures conditions de vie et de meilleures conditions pour étudier.
Nous condamnons clairement les saccages, les pillages et les dégradations survenus en marge des manifestations pacifiques. Les casseurs fragilisent et détournent le débat des véritables difficultés rencontrées par la population.
Mais condamner ces actes ne doit pas conduire à occulter, d’une part, la formidable mobilisation de ces centaines de milliers de personnes, ni, d’autre part, ce qui alimente cette violence, qui ne naît pas dans le vide : les injustices ressenties, la précarité, le sentiment d’abandon et l’absence persistante de réponses peuvent nourrir la colère sociale. Comprendre ces mécanismes ne signifie ni excuser les violences ni renoncer à les condamner.
Et n’oublions pas non plus les autres violences : celles subies par de nombreux manifestants pacifiques, enfants, jeunes, journalistes, secouristes. La violence de certains n’en justifie pas d’autres : le maintien de l’ordre doit rester ciblé et proportionné.
Derrière les images de casse diffusées en boucle, qui ne servent qu’à discréditer le mouvement et à éteindre ses revendications, il y a une réalité quotidienne que trop de responsables politiques oublient : le pouvoir d’achat qui recule, le manque d’enseignants, les établissements scolaires dégradés ou inadaptés, l’angoisse de Parcoursup et les inquiétudes grandissantes des familles pour l’avenir de leurs enfants. Se joignent à eux tous les précaires qui n’en peuvent plus de leurs conditions de vie ou de survie.
Face à ces difficultés, nos concitoyens attendent des actes, pas des discours. Ils attendent d’être compris, pas d’être condamnés. Ils attendent des solutions, pas une politique de communication qui consiste à désigner les casseurs sans interroger les responsabilités de ceux qui, au gouvernement, restent sourds aux attentes du plus grand nombre.
Condamner les violences est indispensable. Répondre aux revendications légitimes l’est tout autant. L’un ne peut servir de prétexte pour se soustraire à l’autre.
Notre place n’est pas sur les parvis des mairies à afficher une indignation de façade.
Notre place est auprès des citoyens, dans leurs combats et au cœur de leurs préoccupations que nous devons être présents. Non pour cautionner les violences, mais pour porter leurs exigences de justice, de dignité et d’égalité.
Parce que la République ne se résume pas à ses bâtiments ni à ses symboles : elle vit dans la voix de son peuple, dans sa capacité à se mobiliser et dans l’exigence de réponses à ses aspirations.
Être aux côtés de celles et ceux qui luttent, c’est aussi faire vivre la République. C’est cela aussi, une République qui vit et qui s’exprime.