20/08/2026
Le mal-être psychique, un mal de notre société
Le maire de Chaumont, Antoine Desfretiers, traverse actuellement un drame personnel que je ne commenterai pas. Ce qui relève de sa vie privée lui appartient, et il ne nous appartient ni d'en connaître les circonstances ni d'en tirer des conclusions.
Mais cette situation nous rappelle une réalité qui, elle, nous concerne tous : la santé mentale.
Lorsque nous parlons de santé mentale, nous pensons souvent aux maladies psychiatriques graves. Pourtant, il existe une réalité beaucoup plus quotidienne : le mal-être psychique. Celui qui ne se voit pas forcément, celui que l'on cache derrière un sourire, un travail, une vie de famille ou une activité débordante.
Anxiété, épuisement, solitude, perte de confiance, sentiment d'échec, perte de sens ou peur de l'avenir peuvent toucher chacun d'entre nous.
Et notre société n'est pas étrangère à cette progression du mal-être.
Nous vivons dans une société de la performance, où il faudrait réussir professionnellement, être un bon parent, avoir une vie sociale épanouie et, surtout, donner l'impression que tout va bien. Les réseaux sociaux renforcent cette pression en nous confrontant constamment à une image idéalisée de la vie des autres.
À cela s'ajoutent les difficultés économiques, la précarité, les conditions de travail parfois difficiles, l'isolement, les crises successives, les inquiétudes environnementales et l'impression d'un avenir de plus en plus incertain.
Nous sommes également de plus en plus connectés, mais pas nécessairement de plus en plus proches. On peut avoir des centaines de contacts et ne trouver personne à qui dire réellement : « Je ne vais pas bien. »
Pourtant, le mal-être n'est pas une faiblesse. Et demander de l'aide n'est pas un échec.
La santé mentale est aussi une question collective. Elle passe par l'accès aux soins, mais également par la lutte contre la précarité et l'isolement, par de meilleures conditions de travail, par l'existence de lieux où l'on peut se rencontrer, échanger et simplement être ensemble.
Elle passe aussi par notre capacité à écouter.
À ne pas juger trop vite.
À ne pas minimiser la souffrance de l'autre.
À comprendre qu'une personne qui semble aller parfaitement bien peut traverser quelque chose de très difficile.
Alors peut-être devons-nous réapprendre à poser une question simple : « Comment vas-tu vraiment ? »
Et surtout, être prêts à écouter la réponse.
Parce que derrière chaque fonction, chaque métier, chaque responsabilité et chaque apparence, il y a avant tout un être humain.
Et nous pouvons tous, un jour, avoir besoin que quelqu'un soit simplement là.
Prendre soin de la santé mentale, ce n'est donc pas seulement soigner ceux qui vont mal. C'est aussi construire une société dans laquelle chacun puisse trouver du lien, de l'écoute, de la dignité et une place.