24/07/2025
La coupe a repris sur le site d’Encenat ! Préparons-nous à nous mobiliser !
Stupéfaction aujourd’hui en constatant que la coupe a repris à Encenat, sur les parcelles que nous avions essayé de « sauver » par une tentative – vaine, donc – de négociation avec le cabinet Béchon et Sylvamo.
Stupéfaction et dégoût de voir que non seulement la coupe a repris, mais que cette coupe, censée être « d’amélioration », est du même acabit que les précédentes, voire pire : un véritable saccage.
Accompagnés par un technicien du PNR Millevaches, nous avons discuté calmement avec le conducteur de l’abatteuse – salarié d’un sous-traitant de Sylvamo –, et nous avons appris qu’il avait pour consigne de couper « tous les châtaigniers et les bouleaux », sans aucun volume de bois indiqué, en somme sans feuille de route. Cette coupe s’apparente à des coupes rases disséminées au milieu d’arbres encore debout qui ont désormais un avenir plus qu’incertain.
Par ailleurs, il y a une dizaine de jours, nous avons eu le résultat d’un inventaire sur les chauves-souris sur place, étude qui atteste de la présence d’une quinzaine d’espèces (toutes les espèces de chauve-souris sont protégées), dont quatre espèces concernées par la directive habitats faune flore (c’est-à-dire, en résumé, qu’il est interdit de détruire leur habitat).
Malgré notre tentative de concertation avec Sylvamo et le cabinet Béchon, malgré leurs nobles certifications, malgré nos alertes sur la présence probable d’espèces protégées, ces derniers n’en ont manifestement fait aucun cas.
Mais continuons notre récit de cet après-midi hautement instructif…
Alors que nous venions tout juste de quitter (en bons termes) le conducteur de l’abatteuse, nous avons eu la visite fortuite d’une voiture de gendarmes venus là « pas par hasard ». Les deux fonctionnaires nous demandant ce que nous faisions ici, nous leur avons expliqué que la coupe en cours n’était a priori pas légale, au vu de la présence avérée d’espèces protégées (dont il est interdit de détruire l’habitat, faut-il le répéter). En somme, on aurait pu considérer qu’ils tombaient à pic. Mais ces deux fonctionnaires, venus pour « empêcher les éventuels troubles à l’ordre public », ne nous en diront pas plus sur cette mystérieuse coïncidence de leur présence simultanée à la nôtre.
Bien qu’ayant sous les yeux un chantier forestier, au sujet duquel le technicien du PNR leur fait part de la présence avérée d’espèces protégées (ce qui devrait, de fait, faire stopper la coupe), ces fonctionnaires ont une autre mission (troubles à l’ordre public, on vous dit), et décident de ne pas nous laisser partir sans avoir contrôlé nos identités.
Qu’en déduire ? Manifestement, des chantiers forestiers privés bénéficient d’une protection gendarmesque publique, même si lesdits chantiers sont effectués en dépit des lois.
Sylvamo et son sous-traitant, ainsi que le cabinet Béchon, auxquels nous venons d’adresser un mail, sont désormais prévenus de ce qu’il en est.
Nous exigeons que cette coupe s’arrête immédiatement.
Si demain matin le chantier devait malgré tout reprendre, nous vous le ferions savoir et appellerions à un rendez-vous sur place, à 14 heures, pour rendre public le saccage en cours, et pour montrer que nous sommes déterminés à ne pas laisser ce saccage se poursuivre.