01/09/2026
🇰🇭🇫🇷 1er septembre 1966 — Il y a 60 ans, le discours de Phnom Penh du général de Gaulle
Il y a 60 ans, le 1er septembre 1966, le général Charles de Gaulle prononçait à Phnom Penh un discours devenu historique.
Devant le prince Norodom Sihanouk et une immense foule cambodgienne, le président français saluait l’amitié entre les deux peuples et réaffirmait son soutien à la politique de neutralité et d’indépendance du Cambodge, dans une Indochine alors déchirée par la guerre du Vietnam.
Verbatim :
Le Général De Gaulle déclarait
« L’amitié, la confiance ! Oui ! Entre le Cambodge et la France, quelle que soit la diversité des origines et des latitudes, que d’affinités, en effet ! »
Puis il posait une question qui résonne encore aujourd’hui :
« Pourquoi faut-il qu’à ses frontières la guerre provoque un déchaînement de massacres et de ruines qui menace son propre avenir ? »
Et surtout, il affirmait avec force :
« La France considère que les combats qui ravagent l’Indochine n’apportent, par eux-mêmes et eux non plus, aucune issue. »
Pour le général de Gaulle, il n’y avait pas de solution militaire durable au conflit. Il appelait à un règlement politique fondé sur la neutralité des peuples d’Indochine et sur leur capacité à décider eux-mêmes de leur avenir :
« Tout comme celui de 1954, l’accord aurait pour objet d’établir et de garantir la neutralité des peuples de l’Indochine et leur droit de disposer d’eux-mêmes. »
60 ans après, pourquoi se souvenir de ce discours ?
Parce que le 1er septembre 1966 constitue un moment singulier de l’histoire des relations entre la France et le Cambodge.
À Phnom Penh, de Gaulle reconnaît la volonté du Cambodge de rester maître de son destin et affirme publiquement que la France entend soutenir cette neutralité.
Cependant, l’Histoire allait malheureusement prendre une autre direction. Quelques années plus t**d, le Cambodge allait connaître la guerre, les bombardements, la guerre civile, puis le régime des Khmers rouges et le génocide.
Pour Fragmentis Vitae, cette mémoire nous rappelle combien l’histoire d’un pays peut basculer en quelques années, et combien les paroles prononcées avant les catastrophes peuvent prendre, avec le recul, une résonance particulière.
Se souvenir du discours de Phnom Penh, ce n’est donc pas seulement se souvenir de Charles de Gaulle.
C’est aussi se souvenir d’un Cambodge qui revendiquait son indépendance, sa neutralité et sa souveraineté — et d’une période où l’avenir du pays était encore ouvert.
📽️ À écouter et à regarder : le discours du général de Gaulle à Phnom Penh, 1er septembre 1966, dans les archives de l’INA.
🔗 https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00116/discours-de-phnom-penh.html
Fragmentis Vitae — transmettre la mémoire pour comprendre l’Histoire.
#1966