03/04/2026
Discours de soutien à Bally Bagayoko
Monsieur le Maire, chers collègues,
Je prends la parole aujourd'hui avec une émotion particulière. Les attaques subies par Bally Bagayoko ne sont pas seulement une offense à un homme : elles nous rappellent que malgré tous les combats menés, il existe encore dans l'inconscient collectif une hiérarchie qui vise à nous conditionner à un rapport de domination, pour rabaisser, dénigrer et humilier ces nouveaux élus issus de la diversité.
Malgré tout l’arsenal médiatique, malgré cette nouvelle presse xénophobe déployée pour se rassurer et garder une forme de contrôle, la réalité est tout autre : c’est la peur. Les élites ont peur que cette France plurielle se réveille, avec de nouvelles générations de femmes et d’hommes engagés.
Par le passé, en tant qu’écologistes, on nous a également affublés de mots destinés à diviser et à effrayer : « islamo-gauchistes », « wokistes », ou cette vieille rengaine sur les écolos « verts dehors et rouges dedans ». N’ayons pas peur des mots en ces temps incertains : c'est une répétition de l'histoire. Ceux que l’on désignait autrefois comme « judéo-bolcheviques » sont aujourd’hui la nouvelle « menace » wokiste ou islamo-gauchiste… Les termes changent, mais l'intention reste la même : délégitimer ceux qui portent une vision inclusive de la République.
On nous pointe du doigt parce que nous refusons le repli sur soi. Ce mépris ne date pas d'hier, il a toujours été décomplexé. Je me souviens de Brice Hortefeux disant à un militant d’origine maghrébine au sein de son parti : « Quand il y en a un, ça va... ». Ce n'est pas Zemmour qui a inventé la théorie du « Grand Remplacement » ; elle était déjà là, latente, dans cet imaginaire qui refuse d'admettre qu'un Français puisse s'appeler Marouane ou Hapsatou.
Dans cet inconscient collectif, la diversité aurait sa place sur un terrain de sport, mais surtout pas aux postes clés, dans les institutions, et encore moins dans les formations d’excellence. Elle aurait sa place dans les rangs des exécutants, mais pas dans l’hémicycle, ni dans les états-majors de la police ou de l'armée.
En tant qu'élu, je me sens directement touché. S’attaquer à un élu pour sa couleur de peau ou ses origines, c’est comme si on s’attaquait à nos enfants. C’est s’attaquer aux derniers remparts de la République ; c’est s’attaquer à la stabilité de nos quartiers.
Et je le dis à tous les enfants de Bonneuil qui possèdent cette richesse, cette double culture, cette double lecture du récit national : c'est votre force. Ces Bolloré, ces nouveaux fascistes 5.0 spécialistes de la fake news, vous craignent…
Eh bien, qu'ils se rassurent : nous sommes là. Nous sommes là pour durer, pour agir et pour prouver que notre jeunesse — celle qui grandit à Bonneuil dans son multiculturalisme — n'est pas un quota, elle est une chance. Elle n'est pas un « remplacement », elle est la France de demain. Et elle sera cette norme qui ne bloquera plus jamais ni des carrières, ni des vies.
Marouane KADI
Conseiller Municipal
Les écolos de Bonneuil