02/01/2026
⭐️ L’histoire des communs remonte aux origines de l’humanité : ils désignent une gestion collective de ressources communes.
Un point de bascule important a lieu en Angleterre au XVIIe siècle, où les communs ont disparu au profit d’une gestion captatrice de la propriété.
Au Moyen Âge, en effet, les terres, qu’on appelait les communaux, pouvaient être ouvertes aux récoltes de tous : n’importe qui pouvait aller ramasser du bois de chauffage et des champignons, les paysans pouvaient y laisser paître leurs moutons, etc. Le mouvement des enclosures, qui consistait pour les propriétaires fonciers à fermer l’accès aux terres, va peu à peu provoquer la fin de ces communs et jeter dans la misère une grande partie de la population rurale. […]
La notion de communs resurgit en 1968, à l’occasion de la publication du sociobiologiste Garett Hardin, dans un article intitulé « La tragédie des communs ». Considérant à partir d’un schéma abstrait (notamment à partir d’une théorie des jeux) des pâturages communs où des bergers cherchent à nourrir individuellement le plus grand nombre d’animaux, réduisant ainsi considérablement la quantité d’herbes disponible, il concluait que le libre usage des communs conduit à la ruine de tous.
Le mérite d’Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie (2009), est d’avoir montré dans ses recherches que cette conception des communs reposait sur une vision abstraite ayant peu à voir avec les communs réels. Les communs sont liés à des communautés, et donc à des valeurs et à des règles collectives, grâce auxquelles les individus communiquent et négocient dans une perspective qui ne se réduit pas à leurs intérêts immédiats. [...]
À Aubais, la « communauté des habitants » pratiquait les communs dès le Moyen-Âge, époque à laquelle des terres, le moulin à huile ou encore le four à pain étaient gérés collectivement. Elle organisait également des travaux d’intérêt général, par exemple pour se protéger de certains périls comme la peste, contre laquelle de hauts murs en pierres sèches avaient été construits autour du village, lors de ce qu’on pourrait aujourd’hui appeler des « chantiers participatifs ».
Sources : La Coop des communs, François Lavergne.
Avec Les Survoltés, Collectif d'Intérêt Local, Mairie d'Aubais, Calade, centres socioculturels en Pays de Sommières (Page), La Coop des communs, Conservatoire d'espaces naturels d'Occitanie — et le soutien du Conseil départemental du Gard et de l'Union Européenne, par l'intermédiaire de La Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et du PETR Vidourle Camargue.
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