04/05/2025
À l'origine, l'univers n’est pas une collection de choses, mais un champ de potentialités.
Le Bouddha enseignait l'impermanence : mujo. Que tout ce qui apparaît, disparaît. Que rien n'existe de manière séparée, figée, définitive. C’est aussi ce que nous dit la physique quantique : avant l'observation, rien n'est encore "chose" — seulement une vague de possibles.
La fonction d’onde, dans l'équation de Schrödinger, est comme notre esprit dans la méditation : elle contient tous les états, toutes les formes, sans en privilégier une. Elle n'est pas attachée. Et ce n’est qu’au moment de l’observation — de la saisie — que le réel semble se figer en "quelque chose". Mais cette chose, sitôt apparue, est déjà en transformation. Déjà impermanente. Vide de substance propre.
Assis en zazen, nous ne sommes pas là pour fixer quoi que ce soit. Pas là pour observer un "objet" séparé de nous. Nous sommes la pleine potentialité du moment. Nous sommes le champ. Et ce champ — que la science appelle quantique, et que le Bouddha appelle śūnyatā, Ku, vacuité — ne se réduit pas à ce que nous croyons voir ou penser. Il est l'infini contenu dans l’instant.
Le réel n’est pas figé, mais vibration, un flux vivant, une danse de formes éphémères. Toute tentative de le fixer est comme chercher à saisir l’eau à pleines mains.
Dans le silence de zazen, nous cessons d’observer pour simplement être.
Alors, il n'y a plus de "nous" séparés du cosmos.
Plus d’observateur, plus d’observé.
Seulement le flux.
Seulement ce qui est.