29/10/2026
STOP !!!!! Projet de Tech Valley et secteur des Milles : les associations demandent une approche globale et un moratoire !
Neuf associations de l’ouest aixois ont écrit à Jean-François Dubost, président de l’Association des entreprises du Pôle d’activités d’Aix-en-Provence (PAAP), après la réunion du 8 septembre. Elles refusent la façon dont les projets Tech Valley et Plan d’Aillane sont actuellement mis en œuvre et demandent un moratoire, le temps d’une véritable concertation.
Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et la maire d’Aix-en-Provence ont reçu une copie de ce courrier. Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur Aix-Marseille-Provence Métropole Aix ma ville
Des projets qui s’additionnent sans vision commune !
Tech Valley se présente comme un pôle d’excellence pour l’aéronautique, le spatial, la défense et la cybersécurité. Le projet annonce 15 à 17 hectares, plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés de bureaux et de locaux d’activité, et 2 000 à 2 500 emplois à terme.
Il vient s’ajouter à d’autres opérations dans le même secteur :
– la ZAC du Plan d’Aillane, dont le seul lot 1 prévoit 20 000 m² de surface de plancher ;
– les onze parcelles qu’Edeis commercialise sur l’aérodrome, pour près de 30 000 m² ;
– le projet Energy Valley ;
– d’autres opérations en proxilité dont les 70 000 M2 de construction tertiaire de la Constance !
Ces programmes ont des maîtres d’ouvrage et des calendriers différents. Mais ils pèsent tous sur le même bassin de vie, où les routes sont déjà saturées. Nous demandons un document unique qui recense toutes les opérations, leurs surfaces, le nombre de personnes qu’elles accueilleront et leurs effets cumulés.
Nos exigences :
– Des transports avant les implantations. Le Pôle d’activités compte déjà environ 1 600 entreprises et 35 000 salariés. Le projet de BHNS ne répond pas aux besoins de desserte. Le pôle d’échanges du Plan d’Aillane avait été conçu en 2014 pour organiser les déplacements du secteur ; il a perdu ce rôle au profit de programmes pensés pour la voiture. Nous demandons que les nouvelles installations n’ouvrent qu’une fois une desserte réellement en service. Nous soutenons aussi l’étude de voies réservées aux transports collectifs sur la RD9.
La réponse ne peut pas passer par davantage de capacités routières. De nouvelles routes ne résoudraient rien et, faute de terrains disponibles, elles sont de toute façon impossibles à construire dans le secteur. Il faut une stratégie cohérente pour les alternatives à la voiture, construite à partir des besoins réels des usagers et reliée aux différents bassins d’emploi et de vie.
Sans attendre, et sans croire que cela suffira à tout résoudre, il faut faire une priorité à court terme des itinéraires vélo sécurisés entre le PAAP et les communes voisines, attendus depuis des décennies. Ne serait-ce que pour tenir l’objectif du Plan de mobilité métropolitain : faire passer la part du vélo dans les déplacements d’environ 1 % à 7 % d’ici 2030.
– Le logement des futurs salariés. Face aux milliers d’emplois annoncés, une seule solution a été évoquée : transformer un ancien casernement pour accueillir une centaine de jeunes travailleurs. Sans stratégie d’habitat, les trajets quotidiens vont encore s’allonger.
– La maîtrise des nuisances de l’aérodrome. Le document d’urbanisme du secteur n’y autorise que des activités « n’engendrant pas de nuisances supplémentaires ». Or l’aérodrome s’ouvre à l’aviation d’affaires, aux hélicoptères, aux drones et aux activités de défense. Le nouvel arrêté, lui, ne concerne que les tours de piste et autorise désormais les vols jusqu’à 20 h. Les riverains de Luynes, Éguilles, Ventabren, Puyricard, Célony, Cabriès ou Bouc-Bel-Air sont concernés.
– Une évaluation environnementale d’ensemble. Les terres maraîchères du Plan d’Aillane, le risque d’inondation et le corridor de l’Arc, le site de compensation de Saint-Pons, la bretelle A8–A51 : leurs effets cumulés doivent être évalués avant toute nouvelle étape. Cela vaut aussi pour le dépôt du permis d’aménager, annoncé pour la fin de 2026.
Une concertation urgente est nécessaire tant que les choix restent ouverts !
La commercialisation a déjà commencé. Les porteurs du projet cherchent aussi à le faire classer « projet d’intérêt national majeur » sur 22 hectares, pour accélérer les procédures. Rappelons qu’en 2023, l’avis défavorable de la Ville d’Aix sur les projets d’Edeis n’avait pas été pris en compte.
Nous demandons une concertation ouverte aux habitants, aux comités d’intérêt de quartier, aux collectivités et aux acteurs économiques, avec un suivi des engagements pris.
Nous ne contestons ni le dynamisme économique du territoire ni les emplois annoncés. Mais nous refusons que le village historique des Milles, ses 11 000 habitants, ses enfants, ses crèches et ses écoles subissent toujours plus de pollutions, de nuisances et d’embouteillages, alors que leur vécu et leurs besoins sont rarement pris en compte. Une première demande de moratoire, formulée en mai 2026, est restée sans réponse.
« Nous ne refusons pas le développement économique. Nous refusons qu’il se fasse projet par projet, sans transports, sans logements et sans maîtrise des nuisances, en laissant aux habitants le soin d’en supporter les conséquences. »
Les signataires :
Didier Bonfort – Cercle Mirabeau
Olivier Domenach – Adava Pays d'Aix
Antoine Le Masson – CIQ Millois
Pascal Clement – Atelier Devenir
François Cabet – CD2A - Collectif Danger Aix Avenir
Stephane Salord Christine Ferrario– Arc Fleuve Vivant (AFV)
Jean-Luc Duchateau – FNAUT
Richard Hardouin – FNE Bouches du Rhône
Jean-Luc Debard – Alternatiba Collectif Climat Pays d'Aix-en-Provence
Contact : [email protected]