19/06/2026
Violences sexuelles sur mineurs : la prévention ne peut plus attendre
L’actualité nous rappelle régulièrement une réalité difficile à entendre : la pédocriminalité est bien plus présente que ce que l’on imagine. Année après année, nous découvrons l’ampleur du phénomène, mais les chiffres officiels restent très éloignés de la réalité. Derrière chaque statistique se cachent des victimes qui, bien souvent, ne trouvent les mots, le courage ou le bon moment pour parler que des années après les faits.
C’est pour cette raison que j’ai créé en 2021 l’association Pas De Secret. À mes yeux, la prévention est l’un des premiers leviers de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. Les agresseurs s’appuient souvent sur le secret, la peur et la honte pour empêcher les victimes de révéler ce qu’elles subissent.
Je suis convaincue que si, enfant, on m’avait donné la possibilité de parler, si l’on m’avait expliqué clairement que certaines situations ne sont pas normales, j’aurais pu m’exprimer plus tôt. C’est de cette conviction qu’est née la création d’outils ludiques permettant d’aborder, dès le plus jeune âge, des sujets essentiels : l’intimité, le respect du corps, les émotions, les limites, le consentement et le droit de dire non.
Donner des mots aux enfants, c’est leur donner des moyens de se protéger et de demander de l’aide.
À mon sens, cette prévention devrait être mise en place à l’école de manière systématique, dès le plus jeune âge, comme cela a été fait ces dernières années pour la lutte contre le harcèlement scolaire. D’autant plus que les auteurs de violences se trouvent souvent dans l’entourage proche de l’enfant. Savoir que ces sujets sont abordés à l’école pourrait également contribuer à briser l’impunité dont certains pensent bénéficier.