12/04/2026
Ils sont partis bien trop tôt
Aujourd’hui, alors que nos repères se perdent et que nos horizons se dérobent, leur science et leur sagesse nous manquent terriblement. Comme si notre village était voué à perdre ses enseignants trop tôt.
Vous vous rappelez sans doute :
— la finesse et la sagesse de Mr Smatel Mohamed,
— la rectitude et l’humour Mr Aomar Tadjer,
— le sérieux de Mr Zadoud Brahim,
— la curiosité intellectuelle de Mr Tekfi Hamza.
Tous furent des enseignants de haut vol, qui se dévouèrent sans relâche à leur noble métier par passion et jamais par intérêt. Ils travaillaient souvent dans des conditions difficiles : classes jumelées de quarante ou cinquante élèves, salles glaciales, administrations sclérosées, manque chronique de moyens de transports. Ils ont tous laissé leurs empreintes dans les villages les plus reculés des Ouacifs, Yatafene, At Menguellet, jusqu’aux plaines verdoyantes de la Mitidja.
Nous rendons aussi un grand hommage aux universitaires : Mr Djaffar Tlili, enseignant, et l’un des principaux fondateurs de l’Institut des Sciences économiques de l’Université de Tizi-Ouzou.
Zentar Rabah, éminent enseignant-chercheur à l’École Nationale Supérieure des Travaux Publics. Rabah était un expert hors pair en resistance des matériaux , ses travaux de recherches étaient souvent cités dans un grand nombre de publications scientifiques.
Nous n’oublions pas le combat de leur illustre aîné, conseiller et guide, Mr Hocine Toum qui avait enseigné et laissé son empreinte dans le sud marocain et les nombreux villages de Kabylie. On lui doit particulièrement la scolarisation des filles du village.
Aujourd’hui, nous leur rendons tous un hommage humble et leur exprimons notre immense gratitude.
Paix et respect.
Nous nous consolons en pensant à cette parole du maître persan, cet autre medecin philosophe, Ibn Sina :
« La vie ne se mesure pas à sa longueur, mais à sa largeur. »
Car nos enseignants ont eu des vies bien larges par leur dévouement et leur sacrifice à transmettre et à partager savoir et sagesse qui ont fait fleurir bien des âmes. Car pour Platon c’est
Bien l’éducation qui permet à l’être humain de “faire fleurir” son âme.
Et de là-haut où ils sont, leurs étoiles scintillent, nous éclairent et parfois, peut-être, nous narguent.
Auteur anonyme qui nous a offert ce texte en hommage à nos élites