02/05/2025
Terminons la semaine avec un dernier RECAP des interventions des panelistes du 1er Forum des Femmes Scientifiques du Cameroun 🇨🇲
Allons-y avec Dr. Mafini Dosso, PhD en économie de l’innovation, cofondatrice de OIITID (oiitid.org) qui est co-organisatrice du
𝐐𝟏: 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐝é𝐟𝐢𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫é𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐧𝐭𝐫𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐥𝐨𝐫𝐬𝐪𝐮'𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐢é𝐭é 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 (𝐏𝐈) ?
𝐑: Certains obstacles sont de nature structurelle.
1) Le faible nombre de Femmes dans les STEM.
En effet, Les Go Sciencent existe parce qu'il n'y a pas assez de femmes dans les STEM. S’il n'y a pas assez de femmes dans les STEM, cela implique que peu de femmes vont inventer et entreprendre. Dans les domaines tels que la biotechnologie, la pharmacie ou encore la chimie, domaines où la proportion de femmes scientifiques est relativement plus importante, le nombre de brevets demandés est plus important. Cependant, les femmes apparaissent plus rarement en tête sur les listes d’inventeurs.
2) Des écarts encore plus grands sur le continent
L’écart est encore plus important dans nos pays, à l’image du Cameroun, où le nombre de demandes de protection des inventions techniques et technologiques est encore plus bas que celui observé dans plusieurs autres régions mondiales. Sur le continent, les femmes scientifiques sont de plus en plus visibles, mais peu d’entre elles s’engagent dans les démarches de protection de leurs inventions par la demande de brevets.
D’autres tendances importantes concernent les diplômés en STEM. Certains pays, comme le Sénégal, présentent une baisse de près de 18 points de pourcentage des diplômés en STEM (en moins de 10 ans).
En résumé, il faudrait travailler à la fois sur le nombre total de STEM, et également amplifier la culture des STEM et de la propriété intellectuelle chez les femmes scientifiques du Cameroun, et plus généralement du continent. L’association « Les Go Sciencent » s’inscrit dans cette voie.
3) S’informer et comprendre la PI (propriété intellectuelle)
La deuxième préoccupation renvoie au niveau de la compréhension de l’information sur la PI et sa pertinence. Les scientifiques et entreprises ont accès à l'OAPI, mais cela ne veut pas dire qu’ils comprennent l'information. La sensibilisation à l’importance de la propriété intellectuelle et aux mécanismes sous-jacents demeure encore faible.
4) Se mettre en avant ou se valoriser n’est pas toujours chose facile
Beaucoup de femmes ont tendance à « se mettre au second plan », pour différentes raisons sociales, culturelles, ou liées à l’aversion à certains risques par exemple. Dans les domaines STEM, une des implications serait que les chefs de file sont souvent des hommes sur les demandes de brevets.
Avec l’OIITID, nous réalisons des ateliers de sensibilisation sur la PI. Durant l’une des campagnes, nous avons mis le nom de la marque d’une PME ivoirienne dans la base mondiale des marques enregistrées. Nous avons constaté que ce nom avait été utilisé plus de 5000 fois, cela signifie que l’internationalisation de cette entreprise peut être très difficile selon le secteur d’activité.
La culture sur la propriété intellectuelle est donc très faible, et les aspects de sa gestion pour générer des revenus sont encore très peu connus et compris !
𝐐𝟐: 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞𝐬 à 𝐝é𝐩𝐥𝐨𝐲𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐨𝐮𝐡𝐚𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐭é𝐠𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐢𝐧𝐧𝐨𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 ? 𝐲 𝐚-𝐭-𝐢𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐞𝐳 𝐬𝐮𝐠𝐠é𝐫𝐞𝐫 ?
𝐑: il y a plusieurs programmes spécifiques pour la propriété intellectuelle, en commençant par ceux de l'OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle), de l'OAPI, et ceux offerts par des associations comme Oiitid (coorganisatrice du FFSC 2025).
L'OMPI a plusieurs formations et programmes accessibles sur leur site web. Par exemple, le quiz rapide de test de connaissance générale sur la PI ou encore l’outil de diagnostic OMPI. Il y a aussi le Global IP Awards qui est une récompense annuelle des entreprises ayant des droits de propriété intellectuelle. L’Afrique francophone y est malheureusement peu représentée.
L'OAPI organise également des formations régulières et diplomantes, ainsi que des awards de la marque, parmi d’autres concours.
À l’OIITID, nous avons des ateliers sur la propriété intellectuelle dédiés aux femmes entrepreneures et scientifiques.
Autre opportunité: en termes de subventions, à titre d’exemple, le FID (France) offre des subventions qui vont de 50.000 jusqu'à plus d'1 million d'euros. Les demandes de fonds compétitifs peuvent être déposées toute l'année et le FID accepte les phases de prototypage.
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