17/04/2026
Le pape Léon XIV s'est adressé à Nous Tous,
Appel, et Rappel.
Je sais que ces moments ont marqué votre histoire nationale, telles des exhortations
exigeantes à l’esprit de service, à l’unité et à la justice. Nous pouvons donc nous interroger : où en
sommes-nous ? Comment la Parole qui nous a été annoncée a-t-elle porté ses fruits ? Et que reste-t-il à
faire ?
Il y a 1600 [mille six cents] ans, saint Augustin écrivait des mots d’une grande actualité : « Ceux
qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de
domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par
compassion pour protéger ».1 Dans cette perspective, servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit
lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple : de la majorité, des minorités, dans
leur harmonie réciproque.
Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres nations, votre pays traverse des épreuves compliquées.
Les tensions et les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l’extrême
nord ont causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés
d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires,
des espérances brisées. Face à des situations aussi dramatiques j’ai, au début de cette année, invité
l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour
et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements
; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confimnce,
l’empathie et l’espérance. La
personnel et institutionnel,
Le monde a soif de paix. […]
d’exilés ».2 Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à e paix authentique, e la faisant passer
avant tout intéêt partisan.
La paix, en effet, ne se décrète pas : ele s’accueille et se vit. Elle est un don de Dieu qui s
développe à trvers un travail patient et collectif. Elle est de la responsabilité de tous, en prmier lieu
celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais ausi les pays voisins. Le
commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique égaement aux relationsationales
! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur ielligence et leur capacité à contribuer à
l’élaborationtidurables aux eLe Pape François a souligné la nécessité de dépasser «
cette conception des politiques sociales comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les
pauvres, jamais pour les pauvres, et encore moins inscrite dans un projet qui rassemble les peuples ».3
Dans ce changement d’approche, la société civile doit être considérée comme une force vitale pour
la cohésion nationale. Le Cameroun est lui aussi prêt pour cette transition ! Associations, organisations de
femmes et de jeunes, syndicats, ONG [O Aine Gé] humanitaires, chefs traditionnels et religieux : tous
jouent un rôle irremplaçable dans la construction de la paix sociale. Ce sont eux les premiers à intervenir
lorsque des tensions surgissent ; ce sont eux qui accompagnent les personnes déplacées, soutiennent les
victimes, ouvrent des espaces de dialogue et encouragent la médiation locale. Leur proximité avec le
terrain permet de comprendre les causes profondes des conflits et d’entrevoir des réponses adaptées. La
société civile contribue en outre à former les consciences, à promouvoir la culture du dialogue et le
respect des différences. C’est donc en son sein que se prépare un avenir moins exposé à l’incertitude. Je
tiens à souligner avec gratitude le rôle des femmes. Malheureusement, elles sont souvent les premières
victimes des préjugés et des violences ; elles restent cependant des artisans infatigables de paix. Leur
engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social est sans égal et constitue un
frein à la corruption et aux abus de pouvoir. C’est aussi pour cette raison que leur voix doit être
pleinement reconnue dans les processus décisionnels.
Face à tant de dévouements dans la société, la transparence dans la gestion des ressources
publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance. Il est temps d’oser faire
un examen de conscience et un saut qualitatif courageux. Que les institutions justes et crédibles
deviennent des piliers de la stabilité. L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de
division, même là où l’insécurité semble régner. La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours
s’exercer dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention
particulière pour les plus vulnérables. Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et
respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts.