02/05/2026
Certaines contrées possèdent naturellement ce que d'autres dépensent des sommes vertigineuses pour acquérir. Étonnant que cela laisse le Camerounais de base si indifférent.
Il n'y a pas si longtemps, j'expliquais comment les courants marins et fluviaux édifient sous nos yeux ces îles — qui ne sont d'ailleurs pas les dernières, leur surface étant appelée à croître encore. Comme à l'accoutumée, les sceptiques étaient au rendez-vous.
Cet excellent cliché satellite nous éclaire mieux sur la dynamique de ces bancs de sable.
Comment cela se produit-il ?
Les eaux sont soumises à une multitude de forces qui les mettent en mouvement.
Le vent, d'abord, le plus trivial. Sur la côte, il souffle des terres vers la mer en début de journée, avant que l'ensoleillement n'atteigne son pic, puis s'inverse une fois le soleil suffisamment chaud — les terres se réchauffant plus vite que les eaux, qui elles conservent plus longtemps la chaleur accumulée.
La gravité propulse les eaux des fleuves, depuis les pluies des hauteurs jusqu'à leur lente descente vers l'océan.
La force de Coriolis, due à la rotation de la Terre, dévie les courants en surface. Trempez une b***e de tennis dans l'eau, faites-la pivoter sur elle-même : ses fibres dessineront des courbes inhabituelles — une intuition imparfaite, mais parlante.
Les marées et l'attraction lunaire. La Lune attire les eaux du point qui lui fait face : il s'y forme un bourrelet — la marée haute. Plus loin, aux points perpendiculaires, les eaux se retirent — c'est la marée basse. La rotation terrestre fait alterner ces deux états deux fois par jour.
D'autres forces s'ajoutent encore, mais tous ces mouvements charrient du sable dans des directions multiples.
Sur ce site précis, ce sont les eaux de la Sanaga, du Wouri (sans oublier la Dibamba, le Kwakwa…) et celles de l'océan qui s'affrontent. Le sable déposé devient de nouvelles terres, prolongeant peu à peu le territoire de la région — une dynamique quasiment proche de celle d'un delta.
PS : j'ai collecté quelques clichés satellites qui appuient mon propos, Rdv en commentaires.