23/02/2026
🎬 Elle pensait qu’il suffisait d’avoir une caméra.
Elle s’appelait Mireille.
Elle vivait à Douala.
Pas loin de Mboppi.
Le cinéma, pour elle, c’était plus qu’un rêve.
C’était une échappatoire.
Une manière de raconter ce qu’elle voyait, ce qu’elle ressentait, ce qu’elle n’arrivait pas à dire.
Elle regardait des interviews de réalisateurs.
Elle suivait des tournages sur les réseaux.
Elle voyait ces caméras imposantes, ces images nettes, ces couleurs parfaites.
Elle s’est convaincue d’une chose :
“Si j’ai une caméra professionnelle… je deviendrai réalisatrice.”
Alors elle a travaillé.
Durement.
Dans les marchés.
Dans les petits commerces.
Des journées entières debout.
À porter, vendre, ranger.
Elle économisait en silence.
Pendant que d’autres sortaient,
elle gardait chaque franc.
Le jour où elle a enfin acheté sa caméra,
elle a pleuré.
C’était son trophée.
Son symbole.
Son avenir.
Mais quelques mois plus t**d…
Elle s’est retrouvée seule.
Pas de formation.
Pas de scénario structuré.
Pas de direction d’acteurs.
Pas de montage maîtrisé.
Pas de réseau.
Pas d’équipe.
Elle avait l’outil.
Mais pas le cadre.
Les vidéos ne marchaient pas.
Les critiques faisaient mal.
Les opportunités ne venaient pas.
Peu à peu, la caméra est devenue un rappel douloureux.
Un objet silencieux posé dans un coin de la chambre.
Et un jour, la réalité l’a rattrapée.
Elle a dû la revendre.
Moins cher que ce qu’elle avait sacrifié pour l’acheter.
Ce n’est pas son talent qui l’a trahie.
Ce n’est pas son courage qui a manqué.
C’est l’absence d’accompagnement.
Combien de jeunes filles comme elle pensent encore
que l’équipement suffit ?
Combien investissent leurs économies
sans investir dans la formation ?
Combien abandonnent non pas par manque de passion,
mais par manque de structure ?
Le cinéma n’est pas un appareil.
C’est un apprentissage.
Un environnement.
Une communauté.
Avant d’acheter une caméra,
qui leur explique le secteur ?
Avant de filmer,
qui leur montre le chemin ?
Si nous continuons à laisser les rêves avancer seuls,
nous continuerons à voir des talents s’éteindre en silence.
La vraie question n’est pas :
“Quelle caméra utiliser ?”
La vraie question est :
Qui vous forme ?
Qui vous encadre ?
Qui construit avec vous ?
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