23/04/2026
[CÉLÉBRATION] JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE ET DU DROIT D'AUTEUR
À l'occasion de la Journée Mondiale du Livre et du Droit d'Auteur, nous vous proposons ce texte lu par Lorena Nolwen Lekeufack Kamaha, Miss Littérature Afrique 2025 et Ambassadrice de l'Association Un Livre Un Trésor. La lecture a eu lieu ce jour lors d’une conférence à l’Université Catholique Saint Jérôme de Douala.
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Si un soir de vacances, ma mère ne m’avait pas tendu un roman à la couverture bleue,
Si mon enseignant du CM2 ne m’avait pas donné en silence un livre mystérieux emballé dans du papier ciment, qui racontait l’histoire de nos héros nationaux,
Si je n’étais pas tombée sur un roman policier en cherchant je ne sais quoi dans un tiroir de la maison un après-midi,
Si je n’avais fouiné dans les étagères poussiéreuses de mes grands-parents,
Si en somme je n’avais jamais ouvert un livre de ma vie,
Et que je m’étais contentée de mes livres de lecture sobres et gris de l’école primaire,
Sans jamais montrer un brin d’intérêt pour ceux qu’on me proposait une fois mon uniforme rangé,
Que serais-je devenue ?
Je ne serais pas morte, c’est certain.
On a beau dire que la lecture est indispensable à nos vies,
Bon nombre de gens préfèrent se contenter de l’eau.
Je mènerais une vie des plus ordinaires.
Je n’aurais jamais connu le bonheur de voyager depuis ma chambre,
Sans passeport et sans papiers,
Ou le bonheur encore plus grand de voyager pour de vrai,
La littérature me payant tous les frais.
Si je n’avais jamais lu,
Alors j’appartiendrais pleinement à ma génération,
Celle qui a la tête baissée non pas pour lire, mais pour scroller.
Je débattrais avec l’entêtement de ceux et celles qui ont ChatGPT pour seul allié,
Je manquerais cruellement de l’imagination qui a nourri les plus grands esprits de notre humanité,
Et de l’espoir d’un monde meilleur qui fait battre les cœurs des plus opprimé·es.
Sans la lecture,
Il n’y aurait jamais eu l’écriture,
Puisque pour trouver le courage de prendre la plume,
Il faut avoir vu les merveilles qui en résulte.
Il n’y aurait pas eu de Miss Littérature non plus,
Pas de couronne et d’écharpe, pas de célébrité et de reconnaissance,
Et pas d’invitation privilégiée à des conférences comme celle-ci.
Heureusement pour moi, je peux parler de tout ceci au conditionnel,
Parce qu’un jour j’ai lu,
Une seule fois, sans intérêt et sans attente,
Et cela a suffi.
Parce qu’à la fin, il ne faut pas avoir lu un million de livres pour être transformé·e,
Non, bien souvent, il suffit d’un seul livre, une lecture de rien du tout,
Un bouquin pour faire passer le temps, pour tromper l’ennui ou pour se bercer la nuit.
Et puisqu’un seul livre suffit,
Alors il ne se fait pas encore trop t**d,
Vous pouvez commencer aujourd’hui.
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Nous vous souhaitons une excellente journée du livre et du droit d'auteur.