18/08/2026
🇻🇪 VENEZUELA : APRÈS LE SÉISME, LES BLESSURES INVISIBLES RESTENT PROFONDES
💔 Un séisme ne détruit pas uniquement des bâtiments. Il peut aussi laisser des blessures invisibles qui persistent longtemps après la catastrophe.
Près de deux mois après les deux séismes du 24 juin 2026 au Venezuela, les populations de La Guaira et de Caracas restent profondément marquées par les pertes humaines, les disparitions, les destructions et la peur persistante de nouvelles répliques.
Selon les informations rapportées par Médecins Sans Frontières (MSF), la catastrophe a fait plus de 6 300 morts et 1 400 disparus. Au-delà de l’urgence médicale et matérielle, une autre urgence se poursuit : celle de la santé mentale.
🧠 QUAND LA CATASTROPHE LAISSE DES TRACES PSYCHOLOGIQUES
Après avoir vécu une catastrophe de cette ampleur, il est fréquent que les survivants soient confrontés à des réactions psychologiques importantes :
⚠️ stress aigu ;
😨 peur persistante des répliques ;
🌙 troubles du sommeil ;
💭 souvenirs intrusifs et flashbacks ;
💔 tristesse profonde et difficultés liées au deuil ;
😔 sentiment de culpabilité après la perte d’un proche.
Pour certaines personnes, le traumatisme est tellement intense qu'elles ont l'impression de revivre constamment le moment du séisme.
Et certaines blessures psychologiques peuvent apparaître ou s'aggraver plusieurs semaines ou plusieurs mois après l'événement.
🏥 UNE RÉPONSE HUMANITAIRE QUI VA AU-DELÀ DES SOINS MÉDICAUX
Face à ces besoins, les équipes de MSF interviennent dans plusieurs domaines : soins médicaux, accès à l'eau, assainissement, cliniques mobiles et surtout soutien psychologique aux populations affectées.
À La Guaira et Caracas, des espaces d'écoute et de prise en charge psychologique ont notamment été mis en place.
Les équipes proposent :
🫂 des premiers secours psychologiques pour les personnes en situation de détresse immédiate ;
🧠 des séances de psychoéducation permettant aux adultes et aux enfants de mieux comprendre leurs réactions émotionnelles ;
👨👩👧 des consultations individuelles et familiales pour accompagner les personnes confrontées au traumatisme et au deuil ;
🏥 ainsi qu'une orientation vers des soins spécialisés lorsque la souffrance psychologique compromet durablement la vie quotidienne.
🕯️ LES FAMILLES FACE À L'IDENTIFICATION DES VICTIMES
L'une des réalités les plus difficiles de cette catastrophe concerne les familles toujours à la recherche de leurs proches.
À la morgue de Los Silos, à La Guaira, les familles confrontées à l'identification des victimes doivent parfois reconnaître un proche uniquement à partir d'un détail : un tatouage, un vêtement ou un objet personnel.
Pour ces familles, cette étape constitue une nouvelle épreuve psychologique qui s'ajoute à l'attente, à l'incertitude et au deuil.
👩🏾⚕️ LES SECOURISTES AUSSI ONT BESOIN DE SOUTIEN
Dans une catastrophe majeure, les victimes ne sont pas les seules à être exposées au traumatisme.
Les secouristes, professionnels de santé, personnels médico-légaux, étudiants, responsables administratifs et autres intervenants peuvent eux aussi être confrontés à une charge émotionnelle considérable.
Ils travaillent au contact permanent de la mort, des familles endeuillées et des scènes traumatisantes.
👉 Prendre soin de ceux qui prennent soin des autres fait donc partie intégrante de la réponse humanitaire.
📊 DES MILLIERS DE PERSONNES DÉJÀ ACCOMPAGNÉES
Selon MSF, l'organisation a déjà apporté :
🔹 310 personnes prises en charge lors de consultations psychologiques individuelles et familiales ;
🔹 4 245 personnes accompagnées à travers des sessions de groupe et de soutien communautaire ;
🔹 707 personnes ayant bénéficié de premiers secours psychologiques d'urgence.
Ces chiffres montrent l'ampleur des besoins en santé mentale après une catastrophe de grande ampleur.
🌍 LA SANTÉ MENTALE N'EST PAS UN LUXE
Cette situation rappelle une réalité fondamentale de la gestion des catastrophes et des urgences sanitaires :
👉 une réponse humanitaire complète ne peut pas se limiter aux blessures physiques, aux médicaments, à l'eau ou à l'alimentation.
Elle doit également prendre en compte la souffrance psychologique, le deuil, le traumatisme et la continuité des soins en santé mentale.
Les catastrophes peuvent également interrompre les traitements des personnes qui souffraient déjà de troubles psychiques avant l'événement, alors même que les professionnels capables d'assurer leur suivi peuvent eux-mêmes être victimes ou mobilisés dans la réponse d'urgence.
💡 Investir dans la santé mentale avant, pendant et après les catastrophes est donc un élément essentiel de la résilience des populations et des systèmes de santé.
❤️ Et malgré l'ampleur du drame, une autre réalité demeure : la solidarité.
Des familles endeuillées continuent de partager leur nourriture avec les secouristes et les soignants. Des survivants s'entraident alors qu'ils sont eux-mêmes confrontés à des pertes immenses.
Cette solidarité constitue elle aussi une forme de résilience.
🌍 À The African Health Journal, nous retenons une leçon essentielle : après une catastrophe, reconstruire ne signifie pas seulement rebâtir des maisons et des infrastructures. Il faut également aider les personnes à reconstruire leur vie, leur sécurité intérieure et leur avenir.
🧠 La santé mentale n'est pas un luxe. En situation de catastrophe, elle est une composante essentielle de la réponse sanitaire.
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