10/09/2024
Ce matin, après un week-end riche en émotions, je me suis à nouveau interrogé sur les raisons profondes de mon engagement politique et social en milieu rural. Et plus je repense à tout cela, plus je suis convaincu d'être sur la bonne voie. Ce choix, loin d’être anodin, renforce chaque jour ma détermination à œuvrer davantage pour ces populations qui, malgré les difficultés, conservent une dignité et une résilience impressionnantes.
Le milieu rural est souvent la partie de notre société la plus oubliée, celle qui souffre le plus d’un manque cruel d’infrastructures et de moyens pour générer des revenus durables. D’un côté, les routes, les sentiers, sont presque inexistants, rendant l'accès aux villages long et difficile. De l'autre, les conditions de vie sont rudes, les travaux pénibles, rendant le quotidien fade et répétitif pour nos parents, mais malgré cela, ils ne perdent jamais leur sens de l'hospitalité.
Je me souviens encore de nos premières campagnes de vaccination dans des villages reculés à 30 ou 40 kilomètres de Ferké. Il nous fallait parcourir ces distances pendant trois à quatre heures sur des routes impraticables, mais dès notre arrivée, la fatigue était instantanément effacée par l'accueil chaleureux des villageois. Les danses, les sourires, et cette joie simple mais profonde qui illuminait leurs visages, nous remplissaient d’énergie. Ils nous offraient souvent tout ce qu'ils pouvaient : poulets, gibier, céréales… Je me rappelle aussi de ces moments bouleversants, comme lorsque, lors d'un don de kits scolaires, j’ai vu des pères de famille pleurer parce qu'ils n’avaient pas les moyens d'acheter des fournitures pour leurs enfants. Ces scènes m'ont profondément marqué et m'ont donné la force de continuer.
C’est dans ces moments que je me demande souvent où trouver les ressources nécessaires, physiques et financières, pour poursuivre cette mission. Mais je ne perds pas espoir, car je crois en la solidarité des personnes qui m’entourent. Ce goût pour le développement rural, je l’ai appris auprès de Paulin YEWE, un ancien du PNUD. Inspiré par son exemple, et avec l'appui d'amis partageant les mêmes valeurs, nous avons fondé l’ONG OXYGENE VIE AFRICA. Depuis 2012, cette ONG se consacre à plusieurs projets en milieu rural : reboisement, promotion de la lecture, soutien aux enfants défavorisés. Nous avons déjà reboisé 50 hectares dans la région du Tchologo et aidé des dizaines d'écoles.
Poursuivre cet engagement en milieu rural est, certes, un défi, mais c’est surtout un acte de générosité et de reconnaissance envers nos parents. Si nous, jeunes de la ville, ne faisons rien, qui le fera ? Nos villages manquent de beaucoup de choses, mais nous avons la capacité de faire la différence. Que Dieu nous guide et nous donne la force d’aider nos frères et sœurs en milieu rural.